L’auteur est un suédois de 52 ans, il a commencé sa carrière comme journaliste.
Il monte ensuite une entreprise en communication.
Elle a un grand succès et passe de deux employés à 200 en très peu de temps. Jonas Jonasson se sent, alors, vite dépassé par, et enfermé dans ce succès.
A 47 ans, il se décide enfin à devenir ce qu’il s’est toujours senti intrinsèquement être, c’est-à-dire écrivain.
A 18 ans déjà, il s’imaginait que sa vie tournerait autour de l’écriture ce qu’elle fit tant qu’il fut journaliste.
Ce roman est son premier. D’un titre un peu farfelu, en suédois: «Centenaire qui passa par la fenêtre et disparut» tout aussi long qu’en français, Jonasson se sent obligé de donner à ce centenaire évadé de maison de retraite, un destin hors du commun, puisqu’après tout, ce titre, dit il, non sans malice, éveilla , de suite, sa propre curiosité.
Vous raconter l’histoire, serait,quelque part, trahir ce livre.
Pas de conséquence à vous révéler que le vieux à 100 ans ,qu’il est actuellement en maison de retraite et que, sans hésitation, le jour de ses 100 ans: il décide de faire le mur…ou plutôt la fenêtre ...
S’en suit alors une sorte de road movie rempli de rebondissements ,de personnages rocambolesques, atypiques, attendrissants ou parfois beaucoup moins…
Et nous voilà baladés sur 500 pages, entre le passé d’un homme, expert en explosifs, à la vie mouvementée, et son présent, non moins abracadabrant, et, mais oui, également son avenir, celui d’un homme qui a des projets, des envies, des idées ...
Vous révéler cet homme, ou ses acolytes et complices de route qui vont l’accompagner tout au long d’un fait divers aux allures de triller, vous ôterait ce plaisir délicieux de lire sans savoir où l’on va, sans a priori assombrissant la découverte, vierge encore d’une histoire que l’on oubliera jamais.
Que vous dire d’autre ? Il y a: des meurtres, des quiproquo, la police, une enquête, un procureur. Il y a des hommes et des femmes qui se croisent à un moment où leur vie a besoin de basculer.
Et, il y a surtout une belle imagination liant les histoires entre elles et les rendant crédibles, le tout avec un humour merveilleux qui vous surprend à sourire toutes dents dehors à certains passages.
Humour suédois ? L’auteur l’ignorait avant de venir en France, se demandant si nous allions appréhender cet humour particulier. Qu'il n'ait aucun doute, on se
l’approprie et s’y vautre avec délice, autant que l'on est en état de grâce tant l'optimisme prend le pas sur le "politiquement correct" de notre morale judéo chrétienne.
Ce livre, en période de crise, devient une sorte d'odyssée où un: tout est possible ,et où rien ne semble pouvoir arrêter la juste indignation du commun des mortels
refusant l’ordre établi.
On se surprend, alors, à croire en la véracité d’histoires loufoques dont la probabilité d’exister est quasi égale à un zéro pointé ...
Je vous avais écrit une tirade, il y a quelque temps, sur la façon dont on «entre en lecture»
. L’aventure qui nous lie, nous lecteurs, à un roman peut revêtir
mille aspects, selon mille paramètres qui occupent nos vies à cet instant T.
Le premier étant un parallèle : temps /poids. 500 pages, à moins d’y consacrer tout son temps, ne se lisent pas d’un seul trait.
Et si, rien n’étant impossible, on est fort tenté de dévorer goulument l’opuscule, on se retrouve, alors, , rapidement et douloureusement partager entre l’envie d’aller encore un peu plus loin tant l’histoire captive et curiosité oblige ...et l’éventuelle frustration de ne plus pouvoir alors se repaitre sans retenue de cet univers singulier dans lequel on pressent le plaisir infini qu’on aura à le quitter, pour mieux y revenir.
Sa fluidité tant dans la forme, le rythme et le fond font, qu’hélas, on y entre et en ressort, par la force du mot «Fin» à regret, et bien trop vite .
J’ai, je l’avoue, maintenant, une hâte, lire le prochain qui pourrait s’intituler, selon l’auteur:
«l'analphabète qui savait compter»
J’aimerais que cette nouvelle année
Vous apporte
Tout ce que vous souhaitez
Et bien plus encore
Le temps courant toujours aussi vite
Je suis encore absente du lieu
J’essaie de faire mon possible
Pour maintenir un minimum de vie
Je lis avec grand plaisir
Vos commentaires
Il me vont droit au coeur
Je vais essayer de trouver du temps
Pour venir vous voir
Car vous me manquez
...
Je ne peux pas dire
qui je serai demain.
Chaque jour est neuf
et chaque jour je renais.
Paul Auster