Petite pensée
Au coucher
Pour égayer
Ton lever
Petite caresse
Pleine d’adresse
Pour avec allégresse
Oublier nos faiblesses
Petit câlin
Plein d’entrain
Où soudain déteint
Mon béguin
Petit baiser
En nuitée
Pour ton cœur bercer
en chasser l’aridité
Petit souvenir
Plein de rires
Construisant un empire
Le temps d’un soupire
Sans vanité
Pour balayer
Tout le laid
Petit détour
Plein d’atours
Pour un tour
De l’amour
Petit regard
Plein d’égard
Pour qu’il s’égare
Tout hagard
plein d’amour
Pour bercer tes jours
Le temps d’un doux séjour
Petit bleu d’âme
Sans drame
Car si sa flamme, il ne déclame
Son cœur à jamais ce pâme
Plein de cœur
Pour ôter tes peurs
En douceur
Plein de merveilles
Alors que je veille
Sur ton sommeil
Pleine d’envie
Désir d’être jolie
Par toi embellie
Petite promenade
Pleine de sérénades
Le temps d’une escapade
S’offrir une roucoulade
Plein d’emblèmes
Point d’ad vitem
Lorsque l’on aime.
Septembre 2006
Presque trois ans que ce cauchemar est entré dans ma vie, trois ans que je me bats contre un ennemi invisible. Ce que je ne comprends pas, que je n’identifie pas, me terrifie. Mon château de cartes est parti au vent. Toutes les valeurs auxquelles je croyais se sont envolées. Ce qui semblait, me semblait d’importance dans, à ma vie s’est enfui, et il va bien me falloir admettre que tout cela a de grandes chances de ne pas revenir. Pourtant, bien que je le sache pertinemment, je continue à verser des larmes sur un passé révolu. Je prends des vessies pour des lanternes.
Aujourd’hui, je me sens grosse, moche et malgré tout vide. Me suis-je gavée de sucreries pour remplir ? Pour remplir ce vide laissé par ma vie d’avant ? Là, maintenant, j’ai la terrible sensation de ne pas savoir comment reconstruire, de ne pas avoir assez de force pour seulement faire face. Je regarde avec le plus d’honnêteté possible mon passé, ceux avec qui je l’ai partagé, mais me suis-je vraiment observée? L’ai-je fait sans complaisance ? Ce soir, je l’ignore. Les doutes, à nouveau, m’envahissent. Où est la solution ? Ni dans le tabac, ni dans le sucre, je le sais. Je peux guérir les symptômes, perdre mes kilos, le mode d’emploi est simple. Mais, est-ce utile si je dois les reprendre aussitôt ? Si je veux avancer, reprendre ma vie, continuer à la reconstruire sur de nouvelles bases, ce sont les causes qu’il me faut trouver. Trouver enfin pourquoi je vais vers l’excès, l’excès d’émotions, de paroles, de tabac, de sucre...
Depuis quelques jours, je me sens à nouveau, nerveuse, maladroite, je m’oblige à faire les choses, je n’ai pas d’envie, pas de désir, rien ne semble pouvoir me combler. Je n’ai même plus envie d’écrire, Dieu sait pourtant à quel point c’est mon plus merveilleux refuge. J’ai avancé mon rdv avec le psychiatre, car si mon horizon n’est pas noir, je le pressens cette fois bien trop sombre. J’ai besoin d’aide, pas question de me laisser emporter par la mélancolie, elle est le seul véritable ennemi dangereux. Je ne peux pas l’oublier, c’est inscrit dans ma chair. Je la crains trop pour la laisser m’envahir. Ma seule chance est de trouver enfin la raison de ce mal être, qui revient en force sans signe avant coureur. Je suis en froid avec ce corps trop rond, cette enveloppe qui envahit l’espace. Il semble que les gens y voient (quand ils sont indulgents), le confort, la jovialité, la force. Et à l’intérieur, tout est distroy. Je suis la première à m’affirmer capable de tout porter, de m’afficher indestructible, accrochée à des idées que je qualifie de fondamentales, dont les articles fleurissent sur ce blog. Je suis cette femme, mais derrière se cache celle qui un 24 octobre a tenté de détruire sa vie, parce que cela semblait le seule issue. Bien sur, j’ai appris, changé, mais cette impatience si ancrée à ma manière d’être vient troubler mon paysage, je sens de la colère, un sentiment d’injustice, une impression de sur place …
Tourner les pages, est ce si simple ? Connaissez-vous le mode d’emploi ? Moi pas
Ce soir, vers 23 h, le calme revient doucement. Je remercie mes proches de m’avoir aidée à franchir ce passage délicat. J’ai toujours peur de leur imposer ma souffrance, ils ont eux aussi la leur.
Inutile de les compter, elles se soldent par un échec retentissant. Ce n’est pas tout de perdre encore faut il ne pas reprendre.
Je me suis pesée ce matin : no comment !
Bref, on efface tout et on recommence. Ce qui est dingue, c’est que je déteste regarder ce corps distendu mais ma motivation est peu convaincue. Pourtant, il serait bon dans ma démarche thérapeutique d’inclure mon aspect physique qui bien sur influe sur ma réalité psy.
Bon, aller, haut les cœurs, je n’ai d’autre choix que de perdre ces kilos disgracieux. Ils me gênent ce devrait être facile … nous sommes le 16 avril, semaine 0, je commence en gardant la même méthode, je vais voir mon toubib aujourd’hui, si je ne supporte pas l’absence total de sucre, il sera toujours temps de trouver autre chose, le choix est vaste. Depuis que j’ai arrêté de fumer, j’aime le sucre, cochonnerie de cigarettes, on ne s’en débarrasse pas si facilement. Tiens, voilà encore, une motivation possible, vaincre le tabac encore une fois.
Je repars sur le chemin de la diététique, je vous décrirai fidèlement, les étapes de ce nouveau voyage, semaine après semaine.
Après dix ans d’un travail que j’ai certes adoré mais qui demandait un investissement affectif important (enfin c’est moi qui l’ai pratiqué comme ça) et des responsabilités humaines, Rungis, les fruits et les légumes sont arrivés dans ma vie comme une bouffée d’air pur. J’ai mené de front, les deux activités durant quelques années, ayant une vie au rythme stupide et dément. Là encore avec le recul, c’était de la pure folie. Puis, j’ai pris une disponibilité à l’hôpital et enfin donné ma démission afin de travailler à plein temps à Rungis. Au début, n’ayant que des responsabilités de vente, j’ai vite était séduite par la familiarité, la convivialité apparente du lieu. Tout cela donnait une fraicheur à ma vie, allégeait les heures de travail et alourdissait un peu mon compte en banque. S’il m’arrivait de commettre des erreurs, elles étaient censées être salutaires et me servir de leçon. Le temps passant, j’ai racheté les parts de mes parents avec mon frère, puis celles de nos associés d’alors. Plus de hiérarchie, mais à nouveau cette pression liée aux responsabilités, il fallait mener de front la vente de denrées hautement périssables en satisfaisant l’expéditeur, producteur etc.… qui nous confiait la marchandise et le client qui était cens é avoir le plus beau pour le moins cher et être de ce fait fidèle. Le nerf de la guerre à Rungis est la concurrence féroce. Pas de routine, chaque jour s’écrivait au fil des heures, rien n’était prévisible.
Puis, pendant 12 ans, on tutoie les mêmes gens, j’ai espéré l’honnêteté du nouveau qui s’avérait bien souvent pire que le précédent. J’ai appris que le client est en droit de tout exiger et si c’est l’un des rares métiers où l’on peut le traiter de con, il faut savoir que cette familiarité est trompeuse et que pour un mot de trop, on est rayé de la liste pour des mois, voire des années. Certains clients m’ont « mise au pain sec » durant des mois parce qu’un camion était arrivé en retard à la suite d’une panne. Certains autres étaient toujours là quand la marchandise était chère et ne supportait pas d’en payer le prix et disparaissaient comme par enchantement lorsque que le marché était inondé. Mais, voilà le client était roi. Nous avions la chance de pouvoir partir en vacances souvent, ce qui permettait de revenir ressourcé et de repartir pour un tour.
Au début, tout cela est un jeu, on fait des heures, on supporte les humeurs de ces messieurs, on écoute même l’air faussement intéressé leurs blagues à 2 balles, les matchs de foot, les frasques avec la maitresse, le divorce (le classique : « moi pas comprendre, elle n’a jamais manqué de rien, tiens rien que la cuisine, dis un prix ? »), on apprend à faire le dos rond, on biaise, on s’amuse même. On va jusqu’à réclamer à « monseigneur » le client qui n’a pas payé depuis 2, 3,4 mois, son du en mettant des tonnes de jolies fleurettes dans la voix. On apprend à être quasi racketté par l’état, allant jusqu’à payer pour venir sur notre lieu de travail, à donner des sommes folles pour une concession limitée dans le temps, à s’acquitter de loyers faramineux, être le pourvoyeur de taxes para fiscales pour un état qui se moque royalement des couts d’installation d’une nouveauté informatique. Etre enfin dans le ligne de mire du fisc pour avoir encaissé de manière très officiel des factures de plus de 750 euros en liquide, , montant qui reste inchangé depuis des dizaines d’années. Mais, L’état nous fait des prix, reconnaissant que cette loi est parfaitement obsolète et en nous promettant de la changer si nous payons bien sagement la « dime » encore une fois.
Et puis un jour, 12 ans après, on se rend compte que son vocabulaire s’est alourdi de vulgarités sans même s’en rendre compte, qu’il n’a guère l’occasion de s’enrichir de belles choses. On prend conscience que le client exige de plus en plus en ne renvoyant jamais l’ascenseur. Au fil du temps, le marché s’est appauvri, mais nous restions pour le public le sale intermédiaire qui s’enrichit. Que faire lorsqu’un métier prend l’eau de toutes parts, qu’il semble être amené à disparaitre ?
Au bout de 22 ans, à un rythme infernal, à cumuler la fatigue, travailler 6 jours sur 7, me lever chaque matin au cœur de la nuit, je me suis rendue compte, que seule, j’étais incapable de trouver la solution et je me suis écroulée. Sans doute, parce que ce en quoi j’avais investi argent, énergie, conviction ne m’apportait plus aucune satisfaction et donc plus l’envie de me battre pour elle ou pour prouver que …
En cherchant une photo d’infirmière pour mon dernier article, j’ai comme d’habitude fait le tour de Google images, j’ai tapé infirmière : première page 20 réponses, 8 à connotation sexuelle, grrrrr !
Plus de 40 pages, je caricature, certes un peu mais voilà le résultat :
La grande gagnante sulfureuse est (roulement de tambour…) :
Plus loin dans le classement et le temps vient ensuite la très classique :
Reste, la fameuse sainte qui cependant perd du terrain :
Ne pas oublier la charmante piqueuse :
Quand à moi j’aime assez :
Et si aujourd’hui, je suis plutôt :
Je ne désespère pas d’être bientôt (lol) :
puisqu'après tout mieux vaut en rire qu'en pleurer ...
Je ne peux pas dire
qui je serai demain.
Chaque jour est neuf
et chaque jour je renais.
Paul Auster