ange
empereur
dans les coraux
le juvénilemouillez vous !!! - les 1 sont encore tout humides ...
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empereur
dans les coraux
le juvénileVendredi 18 mai 2007
Je me lève de bonne heure. Enfin, ce qui m’a manqué depuis 3ans est là tout proche. Je n’ai pas de véritable appréhension, la plongée, j’en suis sure, c’est comme le vélo, ça ne s’oublie pas.
Le matériel retrouve ses habitudes sans souci y compris ma vieille combinaison déchirée aux genoux. Chaque année, je parle de la jeter, mais elle continue à faire son travail même si elle n’est guère présentable. Elle a une histoire.
On s’équipe, quelques minutes de bateau et nous voilà sur le
site : la passe saint François, le jeu consiste à descendre rapidement afin de ne pas se faire entraîner par le courant. il est trop fort aujourd'hui, la mer est déchainée. pas question de
sortir de la passe, nous ferons un aller dans le courant, un retour contre.
Les automatismes reviennent tels des évidences. En quelques secondes, tout revient, le contact avec l’eau, le détendeur, la flottaison, je pousse un grand soupir, toutes les sensations sont
intactes.
Je n’ai pas amené mon appareil photo, je regrette au bout de quelques minutes. Un ban de grosses carangues se laisse approcher peu sauvages.
Sur une petite roche corailleuse, j’aperçois un tout petit poisson pierre.
Et là, une tortue nous croise imperturbable, j’essaie de la suivre un peu…
Nous continuons et croisons un casier (pour pêcheurs) dont la corde est emberlificotée dans le corail, sont emprisonnés un perroquet assez abîmé et un ange empereur, Jacky (mon hôte et
responsable de club) ouvre le casier afin de les libérer, les pêcheurs ne pourront pas le récupérer de toute façon.
Nous continuons à avancer dans le courant, j’aperçois, des poissons cochet, et des papillons jaunes à 3 taches qui ont les lèvres violettes, quelques balistes dont un joli titan.
Les sensations reviennent spontanément, cette impression d’ailleurs, de voyage inédit, cette délicieuse flottaison dans l’eau, une fraîcheur, une envie d’aller vers les poissons sans les déranger. Ce qui est merveilleux, c’est que tout est imprévu. L’océan, ses habitants, nous acceptent, nous ne sommes pas chez nous, simplement de passage afin d’en prendre plein les mirettes. L’océan est le seul qui décide que nous puissions ou pas plonger. Les êtres vivants sont fantasques, ils viennent ou pas, se laissent approcher selon leur envie.
Nous croisons une autre tortue bien plus grosse, elle nage avec agilité en nous contournant, quelle grâce !
Il est temps de remonter doucement ballottés par le courant. A peine, sur le bateau, tout le monde parle, dit ce qu’il a essayé de faire comprendre par geste, en bas. « Tu as vu… ? », « Non et toi, tu regardais ailleurs … ? ». Nous revenons tous avec nos sensations, nos souvenirs. Si nous avons parcouru le même territoire, chacun va retenir ce qui lui est propre. La plongée est une activité qui ne se pratique jamais seul, mais partager son ressenti en bas est très difficile, cela relève presque de l’intime, un intime qui confine au sublime.
Deux beaux "cochet"
Je ne peux pas dire
qui je serai demain.
Chaque jour est neuf
et chaque jour je renais.
Paul Auster