102.6 kg ce matin, je descends doucement et sans trop de difficulté, je me sens de mieux en mieux dans mon corps.
Je ne suis toujours pas une sportive assidue et accomplie aux yeux de l’éternel, mais mon dos retrouve une certaine liberté et me permet de marcher
assez longtemps sans souffrir.
Je m’essouffle un peu moins à l’effort.
Et j’accepte à nouveau que l’on me prenne en photo, je me confronte à la réalité de mon image et dans l’immédiat ce que je vois,
maintenant de manière objective, ne me plait toujours pas.
J’ai envie de continuer à perdre, pour me plaire à nouveau sans plus me perdre de vue.
Ce que j’avais, intuitivement, rejeté en bloc lors d’une entrevue houleuse chez le psy de la clinique à maigrir s’avère vrai, mon
« rétablissement » se fera dans la réconciliation, non dans le combat.
Et ceci n’est pas valable que pour cette obésité que je regarde s’éloigner un peu plus chaque jour, mais aussi pour tous les autres secteurs de ma
vie.
J’ai besoin d’aller vers l’harmonie, la joie, le bien être et petit à petit, alors que j’avance certaines choses se font jour à
mon esprit.
Toujours cette même impression que mon parcours initiatique sur le chemin de la dépression me mène vers de nouvelles mises à jour, de nouvelles
« vérités » qui se font jour sur parfois si peu de choses.
Je suis restée avec ce jusque boutisme forcené qui est mien dans cette dépression, lui laissant une place au quotidien sans m’en rendre compte
puisque mon but est depuis 4 ans de m’en soigner, or je ne serai jamais « guérie », je ne serai jamais plus celle que j’ai été et je n’en conçois d’ailleurs aucun regret.
Un nouveau moi est né ce jour là et ma vie a pris une orientation totalement opposée, je ne vis plus pour, par, au travers des autres, selon les
désirs de la société, mon entreprise, ma famille, la pression sociale, mais en total adéquation avec moi-même.
J’ai cette chance, ce luxe même de pouvoir disposer de temps, d’être à l’abri sur le plan matériel et pourtant j’en suis arrivée aujourd’hui à dire
que je tourne en rond dans ma vie et c’est avec bonheur que je fais ce constat car j’ai l’impression de jouer les belles au bois dormant et de me réveiller d’une parenthèse appelons là
thérapeutique et nécessaire, et là encore pas de regret, de remords. J’ai pris ce temps pour me soigner, me réapproprier mon image.
Il est temps aujourd’hui que commence une nouvelle vie. J’ai plein d’idées en tête, il va juste falloir les mettre en pratique, leur donner vie,
mettre un cadre à tout cela, et aujourd’hui alors que le printemps revient, alors que la nature explose tout autour de moi, j’ai envie de renaitre, de m’ouvrir à plus de légèreté, dans le lâcher
prise et autant que possible l’harmonie.