Comme vous avez du le comprendre cela fait presque 3 ans que je suis en thérapie. Aujourd’hui, alors que l’idée trottinait dans ma tête depuis quelques jours, j’ai retiré les clés de Rungis de mon trousseau de voiture. J’ai également enlevé de mon portable tous les numéros d’anciens clients ou fournisseurs que je n’arrivais pas à chasser jusque là. Je crois que symboliquement, je viens de tourner une page, même si dans les faits, elle semblait devoir l’être depuis longtemps.
Depuis que le psychiatre m’a conseillé d’enlever la photo de ma mère du mur de ma chambre, je rêve d’elle bien moins souvent. En ce moment, c’est l’hôpital qui peuple mes nuits. Je me retrouve dans la même salle, celle où j’ai exercé 10 ans. Alors que cette période était sortie de ma vie depuis longtemps, les souvenirs me reviennent à nouveau.
Mais, je réalise soudain que, cher lecteur, je ne vous ai rien dit de mon passé professionnel : deux métiers qui s’ils eurent en commun les rapports humains, avaient des buts et des procédés radicalement différents. J’ai été dix ans infirmière et douze ans en codirection avec mon frère d’une entreprise en agro alimentaire à Rungis, petite entreprise, à gros chiffre d’affaires.
Je vais vous résumer en deux articles les faits marquants de 22 ans de vie de fou, enfin de folle
Je partais avec l’idée de voir une grosse farce aux ficelles faciles, quelques franches rigolades et pas de questions à se poser. Que nenni, rien de tout cela, la farce est aigre douce et vire même assez vite à l’acide. Misogynie ? Toutes les critiques le crient haut et fort, uniquement parce que les vieux poncifs ont la vie dure et que dans l’histoire, ce sont les hommes qui tiennent les bourses, tandis que leurs bourses plus charnelles, elles, se remplissent. Sur ce, le rôle de la bourgeoise qui profite de la situation n’est guère reluisant. Ce film me laisse un gout amer dans la bouche parce que je n’ai pas envie que l’on me montre cette médiocrité, cette vulgarité de sentiments, cette mascarade économico-amoureuse. A se demander d’ailleurs si homme et femme sont faits pour vivre ensemble ? Une chose est sure, je le conseille à tous ou toutes les célibataires, quel plaisir devant tant de faillite conjugale de rentrer chez soi et de se plonger avec délice dans un grand lit moelleux où rien ne troublera son sommeil !!!!
Il n’y a pas l’ombre d’un bon sentiment dans ce film, il est désolant et bien qu’il soit le reflet de bien des couples, cette satyre décapante est navrante, elle démolit, démystifie, n’apporte rien. Est-ce le rôle d’une comédie ? Je ne sais, en tout cas, j’ai envie de dire, remboursez, ce n’est pas cela que j’attendais. Pour la première fois de ma vie, j’aurais pu sortir avant la fin tellement la bande annonce est trompeuse. Je n’étais pas dans l’état d’esprit convenant à ce film et j’en sors avec la migraine et une légère nausée (mais bon, c’est sans doute les anti-inflammatoires ! lol).
Il est cinq heures, Paris s’éveille
Tandis que je cherche le sommeil
Pas question de bailler aux corneilles
Mon inspiration d’un rien s’émerveille.
Il est cinq heures, les mots viennent
Il n’est de cesse qu’ils ne prennent
D’assaut mon cerveau par centaines
Ignorant le temps qui s’égrène.
Il est cinq heures, étrange faconde
Qui mon être soudain inonde
Les mots jouent et font la ronde
Mes pensées jouent les vagabondes
Il est cinq heures, ô mon imaginaire
Tu as pris ton envol haut dans les airs
Tu rejoins Watteau en l’île de Cythère
Tu navigues en eaux claires et légères.
Il est cinq heures, la fatigue enfin arrive
Il est temps de quitter cette douce dérive
Il est cinq heures, j’abandonne la rive
Je ferme les yeux et laisse Paris vivre.
Janvier 2006
Entre les deux mon cœur balance
Confusion et émotion
Entre les deux mon cœur balance
Dévotion et passion
Entre les deux mon cœur balance
Tristesse et joliesse
Entre les deux mon cœur balance
Détresse et ivresse
Entre les deux mon cœur balance
Noirceur et couleur
Entre les deux mon cœur balance
Pâleur et bonheur
Entre les deux mon cœur balance
Mensonge et vérité
Entre les deux mon cœur balance
Lumière et obscurité
Entre les deux mon cœur balance
Equité et liberté
Entre les deux mon cœur balance
Colère et sérénité
Entre les deux mon cœur balance
Labeur et peur
Entre les deux mon cœur balance
Froideur et chaleur
Entre les deux mon cœur balance
Responsabilité et incapacité
Entre les deux mon cœur balance
Culpabilité et arrêt
Entre les deux mon cœur balance
Glamour et amour
Entre les deux mon cœur balance
Un jour et toujours
Eté 2005
Je ne peux pas dire
qui je serai demain.
Chaque jour est neuf
et chaque jour je renais.
Paul Auster