Quand, j’étais petite, mon grand père nous les faisait lire, ces histoires dont la bible foisonne.
Aujourd’hui, j’ai eu la chance d’en vivre une, alors en toute simplicité, je vous la livre.
En cet après midi d’hiver, dans une salle d’attente d’un médecin ORL patientent une famille : le père, la mère et leurs deux filles, puis une autre, une mère et ses quatre enfants et une femme seule.
La petite fille de la première famille entre dans le cabinet du médecin. Elle a une sonde dans le nez. La porte se referme sur un chirurgien pressé, une maman et son enfant.
Quelques minutes passent et soudain au travers de la porte parviennent des cris de douleur, la petite fille pleure et crie « maman ».
Le papa de la petite fille ferme les yeux en les serrant très fort, sa grande sœur caresse les cheveux de son papa en posant son visage sur son épaule. Les autres enfants cessent soudain de parler, de papillonner dans la salle et regardent cette porte fermée sur une petite fille qui crie. La plus jeune enfant de la deuxième famille va spontanément coller son oreille contre cette porte qui soudain se manifeste. Sa maman la gronde.
Le papa de la fillette rouvre les yeux, sa grande sœur a un regard brillant qui fuit vers l’infini et les enfants recommencent à jouer. La femme seule a entendu et regardé.
Quelques minutes plus tard, la petite fille sort, souriante, sans sonde et repart avec sa famille sur un « au revoir » plein de chaleur.
La femme entre dans le cabinet du chirurgien et lui raconte ce moment de silence où tout a cessé, où nous avons tous entendu la souffrance de cette enfant.
L’espace de quelque secondes, sans concertation aucune, chacun à notre manière, nous avons écouté cette souffrance et l’avons faite notre en soutenant la petite fille par cette compréhension.
Cet après midi, sans l’avoir cherché, j’ai vécu un moment d’humanité, spontané, instinctif.
Alors, oui, moi, j’y crois, tout est encore possible en ce monde tant que les uns peuvent encore entendre les autres.
Cette histoire me prouve que l’enfant humain a en lui intrinsèquement cette merveilleuse écoute qu’adultes nous appelons compassion.
Il suffit seulement de savoir la cultiver et elle grandira avec l’enfant et le monde tournera.
Pourquoi faut il alors que nous en doutions ?
Pourquoi, alors que tout parait si naturellement simple, notre planète ne tourne pas rond ?
L’homme ne naît pas « mauvais », il le devient, reste à savoir qui en porte la responsabilité ? J’ai mes réponses, vous avez sans doute les vôtres.
Mais, faites qu'il nous plaise de continuer chacun et tous ensemble à nous poser encore et toujours les bonnes questions, alors tout ira déjà beaucoup mieux.
Jeudi 25 janvier 2007
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19:26
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Par isabelle
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Publié dans : humanisme
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