Tout à fait par hasard, au gré d’une visite sur
les blogs, j’ai découvert un mot : Emophane. Etant curieuse de nature, je suis allée chercher des informations. Sur le Premier site sur G….., traitant du sujet, je lis des choses folles.
On me dit en substance que si je suis :
altruiste, pratiquant l’auto dérision, créatif, à bon fond, curieux, empathique, enthousiaste, exigeant de moi, généreux, modeste, naïf, sensible, à fort caractère, possédant ouverture
d’esprit, probité, et faculté de me remettre en question, cette ensemble de traits fait de moi un être étiqueté EMOPHANE (mot inventé pour la
circonstance) voire même border line, donc un malade psy en puissance, qui au mieux vit mal, au pire se voit atteint de tendance suicidaire.
Mon propos n’est pas de mettre en cause le bien
fondé de l’existence de personnes en grave souffrance mais la définition donnée en l’occurrence à ce mal défie ma pensée, mon intelligence.
Je vous rassure, d’autres articles expliquent de
façon un rien moins schématique et moins contradictoire ces troubles de la personnalité limite qui existent et sont vécus dans la souffrance.
Cependant, il semblerait que vivre à notre époque
en possédant des traits de caractère tournés vers l’autre puisse être vécu comme une tare. Vous ne serez guère étonnés si, à part quelques rares exceptions, je me reconnais tout à fait dans cette
liste de mots. Je ne peux pas nier une déprime qui somme toute légitimerait ce genre d’allégations. Peut
être suis-je une émophane qui s’ignore ? Et si certes, parfois, l’émotion est un rien trop envahissante, elle reste cependant le seul chemin
intuitif de la découverte de l’autre, la porte ouverte vers le monde, se faisant avec MES SPECIFICITES HUMAINES.
J’ai envie de prendre le problème à l’envers,
vous me direz que je suis tordue, mais :
Qui
peut prétendre que cette liste de mots représente un danger quelconque ?
Qui
peut prétendre y trouver des valeurs négatives ?
La société aurait elle à pâtir des comportements
que ces mots induisent ?
Qu’en serait-il de l’inverse ?
Dernière interrogation, plus large, une minorité
serait nécessairement tarée ?
Vous voyez sans doute où je veux en venir. Je
m’interroge, voudrait-on NOUS FAIRE CROIRE que ces valeurs humanistes représenteraient un danger potentiel pour son « moi », mais surtout et
avant tout pour le monde du fait de leur rareté de plus en plus avérée ?
Moi, je suis fière de posséder ce que j’estime
être des qualités. Contre vents et marées, tel un Don Quichotte, me direz-vous, je défendrai les idées qu’elles font naitre en moi. Le doute sur le bien fondé de ma personnalité ne vient pas de
moi mais de l’image que tente de me répercuter l’autre. J’admets bon gré, mal gré, ne pas être, de par mon état d’esprit, dans la majorité. Mais rien ne m’empêche, dans ce pays du moins, de
convaincre l’autre, de lui montrer que mes valeurs sont bonnes, simples, cohérentes. Parfois, je baisse les bras et suis lasse d’ATTENDRE de l’autre
ce que, moi, je serai capable d’offrir. La seule manière de bien vivre cette personnalité est de, surtout, ne rien attendre de l’autre : paradoxal, me direz vous, oui, j’en conviens mais c’est la seule défense pour vivre bien ce que nous possédons à contrario de
la majorité.
Possédant les caractéristiques caractérielles de
ces mots, je ne me sens pas malade, mais en décalage certain avec une société où nombres de vertus sont oubliées, balayées au nom d’un
pouvoir, d’une cause suggérée etc.… (Voir tous mes autres articles sur ces valeurs que je défends.).
Qui peut prétendre que mes valeurs du fait
qu’elles ne soient plus présentes dans la majorité de la population, soient pour autant pathogènes ?
L’animal n’est qu’instinct, actes ; l’homme
est doté de sentiments, d’émotions, de ressenti, d’intelligence, de réflexion permettant d’affiner ses actes. La majorité pensante nous a menés là où
nous sommes, aujourd’hui.
Deux solutions :
Nous continuons « gentiment » à nous
regarder le nombril et à accepter notre sort en vociférant, parfois en frappant oubliant ainsi tout autre langage, installés et repus dans notre excès
de consommation habilement forcée qui nous muselle de par ces atours matériaux.
Ou nous redressons notre regard et le tournons
vers l’autre, en prenant le temps de l’écoute, de la communication constructive.
Si en nous n’étaient pas ancrés de manière aussi
stupide et indélébile les lobbies politiques, économiques, religieux, psy pourquoi pas, intello en tous genres qui prétendent connaitre la VERITE
UNIVERSELLE, nous serions capable de prendre conscience de notre PROPRE VERITE et de celle des autres sans y trouver ombrage mais en toute quiétude et
sérénité, sans le jugement d’idées préconçues et prédigérées.
En résumé, je ne suis pas certaine d’être malade,
par contre, j’ai de sérieux doute sur la santé mentale de ce monde, de cette humanité qui en moins de deux siècles a presque détruit un héritage de milliards d’années, une grosse boule bleue où il pourrait faire si bon vivre, non pas pour une minorité de privilégiés, mais pour tous.
Il est plus que temps d’y réfléchir, Messieurs
les « je pense pour les autres » ! Et il est plus que temps de nous affranchir de cette muselière enfermant nos pensées, nos réflexions.
Je crois en l’humain, beaucoup moins en une
communauté pervertie par la pensée du plus fort.
Mais, n’écoutez que d’une oreille distraite mes divagations, puisqu’après tout, je suis malade …