ressenti

rothenburg-2007-080.JPG

 

Il est presque 19 heures et le soleil se couche sur une journée pluvieuse de fin d’hiver.

J’écris, j’écris à nouveau, après des jours où, désœuvrée, les mots semblaient m’avoir quittée. Je tape bien moins vite que mon cerveau ne les dicte. Je tape alors que, contre toute attente, les oiseaux me font l’aubade.

Quelle est belle la symphonie de cette nature qui contre vents et marées avance sans cesse.

Rien n’est immuable, rien n’est figé. La nature chante ce soir, à la tombée d’un jour triste et maussade.

Quelqu’un m’écrit que le soleil se cache dans mon cœur et en écoutant cette musique sacrée entre toute, je le sens se réchauffer.

Depuis quelques jours, j’ai perdu le cap, j’ai perdu un peu de ma foi, j’ai perdu mon soleil.

Etrange journée commençant par le doute, je n’étais plus sure de rien, de mon amour, de ma route, de mon devoir, de mes obligations, de mes envies, de mes besoins.

Désagréable dérapage où je m’enfonce dans le désœuvrement, le vide, l’inutilité.

Je hais ces passages qui depuis presque 4 ans, me font vivre des retours en arrière, des angoisses, une anxiété qui remet tout en cause

J’ai appris depuis ma déprime que rien n’est jamais sur ou acquis dans la vie, mais je sais aussi que l’on ne peut survivre à un doute perpétuel.

Aujourd’hui, tout au long de la journée, la vie s’est amusée à me remettre sur le chemin.

Rien ne s’est fait dans la facilité et pourtant, j’ai vécu des évidences.

J’aime et je suis aimée et j’ai en cela une merveilleuse fortune.

Je  vis par  chance ou malchance hors de ce temps, hors de cette compétition sauvage qui agite le monde tout autour de moi.

Je vis dans un monde où les hommes tuent et torturent au nom de Dieu, où l’homme n’est libre que s’il se tait, où il ne fait pas bon être pauvre, black, homo, femme ou que sais je.

Je vis dans un monde où les présidents traitent leurs administrés de connard, où d’autres les tuent sans autre forme de procès.

Je vis dans un monde qui se meurt, qui agonise de par  cet homme englué dans des guerres de pouvoir et qui se croit bien plus invincible que la nature elle-même qui en a enfanté il y a bien longtemps.

Que faut il faire pour survivre se voiler la face et faire semblant ? Faire la révolution ? Hurler ses convictions qui semblent relever du bon sens ? Oublier comme dans la chanson ? Oublier le temps, le temps perdu des malentendus ?

Je n’invente rien, ce que j’écris des milliers d’autres l’ont écrit, ce que je pense des millions d’autres le pensent et pourtant je ne l’entends pas, les journaux n’en font pas gorge chaude, la télévision ne nous en abreuve pas.

J’ai peur de ce monde fou où tout semble vain. Et pourtant, j’y vis, j’y vis chaque seconde de ma vie, une vie que je veux intense vraie, honnête, authentique.

Je fuis en mon intérieur ce chaos extérieur, je cherche à atteindre une reposante sérénité, une égoïste sérénité.

 


Mercredi 27 février 2008 3 27 /02 /Fév /2008 01:32
- Par isabelle - Publié dans : ressenti - Communauté : Rêvons si tu le veux bien ...
mouillez vous !!! - les 4 sont encore tout humides ...
paris-19-septembre-2007-135.JPG


Bon, me voilà victime du succès.

Je suis très heureuse de tous vos commentaires merveilleux, continuez à me les poster, à me dire ce que vous pensez de mon p’tit univers, cela ravit mon cœur.

Je me rends compte que répondre à tous en bonne maitresse de maison (ma maman m’a bien élevée) prend beaucoup de temps.

Je préfère, si vous le voulez bien, le consacrer à vous rendre visite plus souvent.

Je répondrai de manière moi systématique à vos commentaires mais les lirai toujours avec le même vif plaisir ……

Vendredi 21 septembre 2007 5 21 /09 /Sep /2007 12:45
- Par isabelle - Publié dans : ressenti
mouillez vous !!! - les 30 sont encore tout humides ...
450094TRISTESSE-1-.jpg

Vous décrire en prose ou en vers ma tristesse ne la changera pas. Elle est imprévisible et sans doute encore plus rebelle que moi.

Aujourd’hui, je m’y enferme, non pas pour m’y complaire, mais parce qu’il me faut la regarder en face, la jauger, la connaitre, l’apprendre, la mesurer, la soupeser, non pas m’y abandonner comme je l’ai fait hier, mais faute de la supporter, essayer de tenter  la maitrise puisque le mépris est impossible.

Cette maladie, je ne la souhaite à personne. Si j’avais un pire ennemi, je ne saurais la lui infliger.

Depuis  trois ans, elle me possède, se nourrit de mes pensées, induit le doute, provoque la nausée d’une âme fatiguée.

Je la hais de savoir s’imposer encore et toujours avec cette intensité sans commune mesure.  J’ai compris depuis longtemps que seuls ceux qui l’ont connue, la reconnaissent aujourd’hui dans mes mots, mes maux, mon cœur, mon âme.

Je ne m’y complais pas, croyez-moi, si seulement elle pouvait enfin me quitter !

Mais rien n’est si simple et si je sais intuitivement que plus je lutte contre son existence, plus elle se renforce et me surprend  avec son lot toujours plus nourri de souffrance, de mal, de douleur, de noirceur, d’angoisse, d’anxiété.

Depuis trois ans, je tente de l’identifier, de lui donner un nom, un prétexte, une cause, un sujet, un verbe, un complément, de la décliner à tous les temps : nostalgie du passé, terreur du lendemain (…); je hais cette sensation de trop plein et  déteste celle du  vide.

Elle m’imprègne de ses paradoxes, entretient mes doutes. J’hurle en mon for intérieur de ressentir parfois cette  douleur physique que je subis  à chaque inspire, à chaque expire, étau sans pitié qui enserre un cœur pleurant.

La crier sur tous les toits ne me soulagera pas.

Et pourtant, ce soir, c’est à cette page virtuellement blanche que j’ai envie de la livrer, comme si  la laisser  s’échapper entre mes doigts frappants  le clavier à la recherche d’un soulagement, pouvait m’en absoudre.

De fait, que je vous livre ces mots ce soir ou que je les enferme dans le secret d’un disque bien plus dur que mon cœur  importe peu, il aura suffi de leur donner vie pour que la tristesse s’estompe, pour que les gris reviennent, pour que ma respiration soit plus fluide, moins douloureuse, pour que mes sanglots se calment, pour que mes yeux s’assèchent, pour que cette vie qui parfois pèse si lourd redevienne un rien plus légère.

Je me mens, un inconnu hier soir, me le disait, quelle tristesse que tous ces blogs où fleurissent

Les plus jolis mots sans un commentaire,

Comme des bateaux perdus en mer, 

Mots fiers qui indifférent

Cette terre où prolifère

Des cœurs de pierre et de fer

Alors merci à vous de me lire

Et de continuer d’écrire

Comment puis-je vous décrire

Le merveilleux ressentir

Au lire de vos dires ?

 

 

Je me rends compte ce soir que cette vie qui est si imparfaite, emplit mes veines et mes artères d’une sève dont je suis la détentrice jusqu’à mon  dernier souffle. Je n’en suis pas maitre au point de la détruire. Elle est le bien le plus précieux que je possède.

Tout cela est très confus et il me faut bien admettre que je n’ai pas le droit de commettre l’irréparable, pour moi certes, mais surtout, en tout cas ce soir, pour tous ceux qui m’entourent.

Cette peine, je n’ai aucun droit de la leur infliger, ce serait  affreusement cruel.

Je suis là, peut être pas pour les bonnes raisons, mais peu importe, ce soir, je suis là, je vis, je m’accroche, c’est la seule chose qui compte.

 

J’ai mis un casque sur mes oreilles et j’écoute Giora Fiedmann égrener les notes de « music of Joy ».

La musique fait taire la tristesse, emplit mon cerveau de son rythme endiablé, la clarinette (instrument yiddish en l’occurrence) produit des sons forts, intenses, au bord de la rupture mais formant bel et bien une somptueuse mélodie, il ne me viendrait pas à l’idée d’en douter … …

 

J’apprends …

 

Pas une seule fois, je n’ai cité le mot mélancolie, comme si le dire serait lui donner vie.

Je la hais … je la maudis …

Je la vaincrai, je me le suis promis.

La promesse d’une enfant malade faite à une adulte perdue.

 

Je trouve quelques mots de Khalil Gibran :

« La tristesse est un mur élévé entre deux jardins. »

 

 

Les mots trouvent un écho,

Ils se conjuguent à nouveau 

La vie, l’amour, le jardin de l’autre

Et le mien où j’aimerais qu’il se vautre.


medium-Tristesse500-1-.jpg
Samedi 16 juin 2007 6 16 /06 /Juin /2007 22:26
- Par isabelle - Publié dans : ressenti - Communauté : L'écriture dans tous ses états
mouillez vous !!! - les 4 sont encore tout humides ...

Chatouillis méningés

Arlequine.jpg  

 

Je ne peux pas dire

qui je serai demain.

Chaque jour est neuf

et chaque jour je renais.
Paul Auster

Un peu de Moi

En Musique ...

 

  rondnoel12.png

 

 

 

 

 

 

Profil

  • isabelle Cassou
  • dépressive utopiste: isabelle
  • Femme
  • antony
  • cinema poesie philosophie lire écrire
  • une depressive idéaliste qui veut croire en l'humain, qui n'acceptera jamais la communication à travers la violence, la guerre. j'ai la chance de vivre dans un pays où je suis libre de dire , d'écrire, le faire est un droit mais surtout un devoir

A partager

Contact - C.G.U. - Signaler un abus - Articles les plus commentés