états d'âme

Ce soir, j’ai envie d’écrire sur un sujet cher à mon coeur.. Ma vie, la vie est parsemée de ce que j’aime appeller des petits bonheurs.

 Ce sont des moments qui parfois ne revêtent de l’importance que pour soi même. Leur existence n’obéit à aucune règle, ils sont fantasques. Ils ont tantôt le charme d’un éventuel  retour aux souvenirs passés, tantôt l’imprévu de l’instantanéité. Ils sont indéfinissables provoqués par un rien ou au contraire par ce qui compte le plus. Ils sont impalpables pour celui qui ne regarde pas, ne hume pas, n’entend pas, ne ressent pas. Ils sont le reflet de l’Amour que l’on éprouve pour tout ce qui nous entoure. Ils sont l’expression d’un ressenti. Ils sont de toutes les couleurs, de toutes les formes. Ils sont l’essence même de la vie. Ils nous bouleversent l’espace du temps présent, juste assez pour n’être bientôt  que de beaux souvenirs. J’ai en mémoire des dizaines de ces moments qui furent durant parfois quelques secondes des petits bonheurs.

En voici quelques uns que j’espère pouvoir vous transmettre par les mots. Faites semblant de fermer les yeux, lisez les, vivez les …

Un rayon de soleil qui donne à un arbre une livrée automnale sublimée, un halot de lumière aux couleurs chatoyantes, je suis assise, par un après midi froid d’hiver, sur le ban d’une clinique et plus rien n’existe soudain que cet arbre transcendé juste assez de temps pour attirer le regard. Je suis enfermée et  le soleil m’offre la liberté. Je rentre, il faut que je partage ce sentiment d'absolu si paradoxal.

Il fait beau sur les bords de Seine, Paris reçoit ses visiteurs. Paris les charme ou les offusque, sur les quais les amoureux se promènent, les amis bavardent, les sans abri rappellent la misère d’un pays « riche ». Soudain, un bruit monte, le bruit du vent qui s’offre aux feuilles d’un arbre, des milliers de petites particules vertes semblent parcourues  par un souffle magique qui prête vie  à ce petit végétal  surplombant banalement la Seine. Alors, toute mon attention dispersée se concentre sur ce souffle imprévisible, ce souffle de vie. Puis il  repart avec la même soudaineté me laissant à la rêverie.

Je suis assise à une table avec, je n’ai pas envie d’écrire : une, mais L’amie, nous nous sommes parlées, nous nous sommes confiées et là n’obéissant plus à la pudeur de mon éducation, j’éprouve le besoin irrépressible de lui dire : « je t’aime ». Nul ne m’a offert jusqu’alors, une attention aussi compréhensive, aussi spontanée, authentique que cette femme. Je ne la prends ni pour ma mère, ni pour ma sœur, mais comme l’amie sincère avec qui les artifices sont vains et non avenus. Je l’aime, je le lui dis. Les mots deviennent  inutiles, les  regards humides, l’émotion intense, l’affection profonde.

Le printemps offre à Notre Dame sa lumière ensoleillée. Mon Amour et moi, nous promenons, main dans la main, déambulant sans but, nos pas nous mènent sur le parvis de la cathédrale. Nous sommes à ses pieds, proches de la façade. Je suis, soudain, seule, mon regard grimpe jusqu’au sommet et contemple ces pierres si magnifiquement assemblées. Je sens derrière moi, une présence, l’effleurement d’un corps contre le mien, des mains qui englobent mes seins et une envie merveilleuse de hurler mon bonheur. Sa main reprend la mienne et la promenade continue.

Nous sommes à Grenade. Les jardins de l’Alambra nous ont charmés, nous y avons trouvé la sérénité que la nature même agencée peut procurer. Nous entrons dans le palais. Notre attention est attirée vers des sons qui s’échappent d’une salle. Nous y pénétrons. Il y a là, cinq ou six chanteurs en jeans qui répètent des chants baroques  a capella pour un spectacle donné le soir. Ils chantent et s’arrêtent parfois pour rectifier une imperfection inaudible  pour nos oreilles enchantées. Nous restons là, plus d’une heure. Les promeneurs s’attroupent avec naturel autour d’une beauté étonnante en ce lieu et qui détient le charme délicieux de l’imprévu. J’ai quittée l’Alambra, la musique baroque n’a jamais quittée mon cœur.

Le week end du 15 août arrive. Je quitte Paris déserté pour voguer vers  Brest. J’arrive sur la cale du port du petit village du Finistère nord où je plonge : Argenton en Landunvez. Il y a un monde fou. C’est aujourd’hui la fête de la mer : moules frites, musique et bière. Je me fraie un passage vers les vestiaires, enfile ma combinaison. Nous embarquons sur le zodiac, je prends place au milieu, debout contre la console, face au vent. Les bruits de la fête s’estompent, le vent siffle à mes oreilles, mes yeux sont grands ouverts, la mer offre un horizon sans fin. Chaque secousse du bateau est un frémissement de l’océan,qui est  recouvert des reflets du soleil, luisant de mille feux, semblant  à cet instant calme et apprivoisé. Autour de moi, sur le bateau, il y a des hommes avec qui je plonge régulièrement qui sont là en vacances. J’ai soudain besoin de leur dire que nous partageons, là, à cet instant, un petit bonheur. Nous plongeons. Cette plongée me procure cette fantastique plénitude et sérénité que j’ai pris, je le reconnais, l’habitude d’aller chercher. Nous rentrons, parlons de nos sensations, de ce vécu commun. En ouvrant la porte du vestiaire, je vois mon sac ouvert, il a été visité, mon téléphone portable volé, l’argent du week  end envolé ! peu importe !

Voilà, je vous ai dévoilé quelques moments d’éternité qui ne se vivent qu’au présent.

Puissent ils vous donner, si vous ne l’avez déjà, l’envie de regarder, entendre, sentir, ressentir en toute simplicité !

Puissiez vous avoir cette fraîcheur d’esprit de les recevoir comme des moments d’exception !

Ils m’ont donné sans aucune contre partie du bleu à l’âme, de la chaleur au  cœur, des frissons au  corps. J’aimerai pouvoir écrire un jour avec sagesse que leur addition  EST  ma vie et j’espère garder à jamais  mon âme d’enfant qui me permet de les voir, les vivre, les reconnaître, les dire ... 

S’il y a des étoiles dans mes yeux, puissent elles briller à jamais !

Un ciel sans étoile est un ciel sans vie !

Lundi 29 janvier 2007 1 29 /01 /Jan /2007 02:11
- Par isabelle - Publié dans : états d'âme
mouillez vous !!! - les 0 sont encore tout humides ...

 Quel être humain n’a pas besoin de reconnaissance ?

Celle de son clan, de son ami, de son amour, de son employeur, de ses collègues, de son appartenance politique, raciale, religieuse ou économique, de ses amis, ses proches, des personnes croisées ça ou là, de la caissière du supermarché, de la vendeuse d’un magasin et que sais je encore ?

La reconnaissance dans notre société est avant tout professionnelle, ne pas travailler est être en marge, je l’ai souvent ressenti depuis 2 ans et plus. Le travail semble donc nous fournir un statut, une sorte de légitimité délivrée par le système.

Tout le monde le sait, l’atypique est inconnu, l’inconnu fait peur, le sentiment d’exclusion naît.

Ma mère fut fille mère dans les années 60, le père de l’enfant, mon géniteur a nié sans hésitation et avec une constance affirmée sa paternité, laissant entendre lieu si commun que la preuve ne pouvait être établie et que les femmes sont souvent volages. Ma mère en fut bouleversée, atteinte profondément mais l’homme a fui et rien n’y fit. Je réalise maintenant que le premier homme de ma vie, celui là même avec qui je partage un  patrimoine génétique m’a niée, a refusé catégoriquement une reconnaissance, a occulté de sa vie mon existence. Alors que j’avais plus de vingt ans, il réitéra son indifférence alors que ma mère lui parlait  au téléphone.

 Le hasard a fait, que l’homme étant public et médiatisé, j’ai pu très vite l’identifier, avoir un aperçu de sa physionomie, de ses traits de caractère.

Je me suis souvent posée la question : irais je le voir, m’affirmer comme sa fille ? Après mure réflexion et ce à différents stades de ma vie, la réponse fut non.

Alors que j’avais 5 ans, ma mère m’a dit : « tu sais, le monsieur d’à coté, tu l’appelleras maintenant Papa. », ce jour là entraient  dans ma vie un inconnu : un père et en prime 2 sœurs. Loin de moi l’idée d’y trouver ombrage, ce père qui me fit si cruellement défaut m’était enfin offert.

Il fut merveilleux et il ne fallut que peu de temps pour que deux familles n’en forment plus qu’une, tant dans les faits, que dans les esprits ou les cœurs. Tout cela se fit, du moins avec mes yeux d’enfant, dans la plus grande simplicité. 

 J’ai eu un père enfin, et l’on ne peut en avoir qu’un, celui qui est là chaque jour.

 Celui qui m’a reconnue et envers  qui je suis reconnaissante.   

 Ma mère jusqu’à sa mort a souffert de cette mise en doute de son intégrité et m’a demandé sur son lit de mort de légitimer cette paternité. Je lui ai simplement dit que jamais au grand jamais, je n’avais douté de sa véracité.

J’ai pu hier, connaître des détails sur cette relation datant de plus de 46 ans, et que ma mère abordait toujours avec douleur.

Pour cet homme d’après ce que j’ai pu en voir, d’après sa suffisance lors de cette communication brève au téléphone, il y a 25 ans, je n’ai jamais éprouvé quoique ce soit, pas même du ressentiment.

Je lui en veux certes d’avoir « cassé » ma mère et d’avoir ainsi modifié tout ce qu’elle fut  le reste de sa vie.

Cette histoire me ramène à ma vie, à cette soif d’exister à travers les autres, à  ce besoin irrépressible d’être, à cette nécessité de communication, cette hantise du silence, de l’indifférence, à cette aversion prononcée pour le mensonge, à cette foi inconditionnelle en la confiance.

Je crois que ces données sont parties intégrantes de mon être depuis toujours et aujourd’hui, à l’instar de cette déprime, elles ressortent débarrassées de leur vernis, exacerbées par les doutes que génèrent la mélancolie. 

 J’ai ce besoin viscéral de reconnaissance gravé en moi et si j’apprends chaque jour à vivre enfin en harmonie avec moi-même, il m’est bien difficile d’oublier le regard de l’autre, moi qui aime tant le regarder.

J’ai seulement envie, j’aimerai dire enfin, de recevoir avec sérénité et en toute plénitude, ce que j’aime tant donner.

 PS: comme pour chaque photo qui n'est pas de moi , j'ai cherché dans google images. Au mot: reconnaissance, j'ai trouvé la reconnaissance guerrière, il m'a fallu beaucoup chercher pour trouver la reconnaissance humaine. Je tenais juste à le faire savoir à votre réflexion.

 

 

Mercredi 24 janvier 2007 3 24 /01 /Jan /2007 18:19
- Par isabelle - Publié dans : états d'âme
mouillez vous !!! - les 1 sont encore tout humides ...

J’ai enfin pu trouver le sommeil dans la nuit, vers 4 heures. Et ce matin, en me levant, mon seul but, ma seule recherche en cette journée à temps morne sera d’aller vers le calme, la sérénité.

C’est une amie qui a eu l’idée : les Nymphéas, l’Orangerie.

Une bonne heure, dans le vent, sous la pluie, une fouille et un parapluie au vestiaire plus tard : elles sont là.

Divines Nymphéas, exhibant leurs couleurs, offrant au regard tout leur mystère, toute leur magie. Je n’ai sur moi que mon téléphone pour les chiper un peu et vous les offrir.

Et soudain, une étrange impression voit le jour, en les regardant morcelées au travers de l’appareil apparaissent des tableaux dans le tableau. J’ai alors une sensation magique de découvrir une  œuvre mouvante, changeante, elle est sans limite. La toile est vivante. Elle accroche la lumière de mille manières. Elle se métamorphose en fonction de l’angle de vue. Elle représente l’infiniment petit et va vers l’infiniment grand.

 Le regard la caresse ou est ce elle qui caresse le regard ?

Exit, l’angoisse, les peurs, les pleurs, les lendemains hypothétiques, plus rien ne compte que ces taches de couleur à l’agencement parfait.

Les Nymphéas  ont envahi  mon ciel en quelques secondes, en ont  chassé tous les nuages. Je les ai retrouvées telles qu’à Giverny, flottant au milieu d’une nature florissante, luxuriante, se jouant des reflets, de la lumière, du soleil et de l’ombre, nageant dans un bassin d’intemporalité.

La paix de l’âme, voilà leur don, rendre sa paix à l’âme de celui qui les regarde au-delà du trait de pinceau.

Douces Nymphéas, sages Nymphéas, rien ne pourrait ôter à vos couleurs la merveilleuse sérénité qui vous habite.

J’aurais pu rester là,  assise, des heures, à rêver, à flâner, à voyager dans chaque forme mystérieuse qui donne à l’ensemble cet air de grand bouquet final où tout explose jusqu’à la fin des temps.

Nymphéas, je vous aime pour m’avoir rendue sans formalité ni formalisme le rayon de soleil qui manquait à mon cœur.

 

 

Dimanche 21 janvier 2007 7 21 /01 /Jan /2007 21:19
- Par isabelle - Publié dans : états d'âme
mouillez vous !!! - les 1 sont encore tout humides ...

Chatouillis méningés

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Je ne peux pas dire

qui je serai demain.

Chaque jour est neuf

et chaque jour je renais.
Paul Auster

Un peu de Moi

En Musique ...

 

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Profil

  • isabelle Cassou
  • dépressive utopiste: isabelle
  • Femme
  • antony
  • cinema poesie philosophie lire écrire
  • une depressive idéaliste qui veut croire en l'humain, qui n'acceptera jamais la communication à travers la violence, la guerre. j'ai la chance de vivre dans un pays où je suis libre de dire , d'écrire, le faire est un droit mais surtout un devoir

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