cahier de voyage Rodrigues

J. + 23 Bangkok le 1 avril 2011

 

Aujourd’hui, j’ai envie de nature !

Bangkok est une ville qui d’entrée de jeu, vous le savez, m’a beaucoup plue. Pourtant, elle a malgré tout un défaut majeur, c’est une ville bruyante et assez polluée. On comprend aisément les masques que portent certaines personnes dans la rue afin de se protéger un minimum.

Je prends un taxi afin de me rendre  au parc du roi Rama IX. Le taxi comprend très mal, il finit par téléphoner à quelqu’un qu'il me passe. La personne semble avoir compris, pourtant, le chauffeur me conduit dans le parc Dusui. Je lui dis que ce n’est pas là où je veux aller, qu’à cela ne tienne, il retéléphone, me repasse la personne, elle semble à nouveau avoir compris et nous voilà repartis à l’autre bout de la ville.

 

Finalement, nous rentrons dans le parc.

Ce parc est excessivement étendu, dans cette habituelle démesure d’une ville qui semble avoir assez de place et de surface pour s’étendre à loisir.

Il fait une chaleur moite, le soleil est au zénith. Au bout de quelques pas déjà, je suis trempée de la tête aux pieds, de mon front coule d’abondantes gouttes de sueur. Cependant, pas question de renoncer, je pars à un rythme certes lent, à la découverte du lieu.

Il y a très peu de monde dans le parc. Beaucoup de jardiniers s’affairent soient à arroser les arbres et les plantes, soit à ramasser à la main les herbes tondues.

 

En déambulant, je croise un groupe de jeunes adolescentes. L’une d’elles m'interpelle en me demandant de bien vouloir être photographiée au milieu de leur groupe, ce que j’accepte volontiers. Et me voilà donc, grande de plus d’une tête que toutes ces jeunes filles, entourée par des petits rires à peine étouffés et photographiée par plusieurs d’entre elles.

Je leur demande de prendre une photo à mon tour. Elles sont absolument ravies. Et alors que je leur dis revoir et merci, en les saluant, elles font ce geste, ensemble, que font tous les Thaïlandais alors qu’il disent bonjour et au revoir, c’est-à-dire, qu'elles joignent leurs mains à hauteur de mi visage, en penchant le torse légèrement en avant. Depuis que je suis en Thaïlande, je pratique sans cesse ce geste, que je trouve excessivement élégant et surtout extrêmement respectueux. Les voir toutes ensemble me saluer de cette manière était si adorable que je leur ai demandé de recommencer afin de garder ce joli souvenir et de le partager avec vous.

 

Le parc est traversé par une petite rivière que de jolis petits ponts enjambent ça et là.

Je traverse un jardin japonais, puis anglais… Il est étonnant de voir que dans un pays où les fleurs sont très présentes, les différents parcs que j’ai visités soient globalement assez dépouillés, jouant plus sur l’immensité de sa surface que sur un aménagement plus fleuri, plus construit.

Le jardin est un art . Ce jardin est certes joli, mais je mentirais en prétendant qu’il a du charme.

Encore une fois se trouve en son milieu un énorme lac sur lequel on peut se promener en pédalo en forme de cygnes.

On entend en permanence le bruit des oiseaux  parfois, on n’en croise un ou deux, mais le lac en est totalement dépourvu, peut-être  est –ce cette absence de vie qui fait que l’endroit est un rien « désertique ».

 

Je rencontre un petit garçon sur un pont, il a acheté un sac de graines qu’il donne aux pigeons ou aux poissons. Ce n’est pas la première fois que je rencontre des enfants ou des adultes qui nourrissent les poissons. Ceux-ci d’ailleurs semblent très habitués et se ruent littéralement sur les graines dès qu’elles atteignent la surface de l’eau.  C’est alors un véritable chahu, les poissons, gueules grande ouvertes, sautent afin d’engloutir la nourriture. Le petit garçon est admiré par quelques enfants qui semblent fascinés par le spectacle (je suis l’une d’eux, bien sûr… ).

 

Je sors du parc exténuée par la longue marche sous le soleil. La chaleur semble avoir raison de mon corps. Je me précipite sur un soda litght afin de récupérer une hydratation correcte. Ouf !!!!! Personne ne s’étonnera de savoir que j’étais à peu près la seule folle à marcher en plein cagnard dans le parc. Toutes les autres personnes que j’ai croisées venaient s’y reposer dans les endroits ombragés.

 

Je reprends un taxi afin de rejoindre le centre de Bangkok.

Je décide alors de me promener dans les rues, sans but, juste pour  à nouveau « sentir » cette grande ville si pleine de vie. Ici, les avenues sont relativement grandes. Certaines d’entre elles sont recouvertes par d’énormes constructions bétonnées accueillant soit des autoroutes, soit le fameux sky train. Parfois, la circulation s’arrête et l’on voit passer un train  qui jure carrément avec ce sky train neuf et rutilant autant que son homonyme est sale et hors d’âge, comme s’il y avait deux poids, deux mesures…

La circulation dans Bangkok est très dense. Il y a souvent des embouteillages, ce que détestent les taxis. Ils sont pourtant très fluctuants et ne durent jamais très longtemps.

Alors que je déambule sur les trottoirs, je m’amuse à me perdre dans les petites ruelles qui longent ces  grandes avenues. Je tombe alors sur des boîtes de massage qui, là pour le coup, ne m’apparaissent pas très catho, oops non très bouddhistes qui vantent les mérites des massages à des prix défiants toute concurrence !

Je tombe ensuite sur le petit marché très local, où là encore, je ne vois aucun touriste. Je me promène dans les allées. Mon appareil photo est sur moi, Mais je n’ose pas prendre  les vendeuses en clichés, tout  me demandant, toutefois, si ça ne les aurait pas amusées …. A chaque étal, je suis accueillie par un magnifique sourire. Et soudain, je remarque des grandes bassines remplies d’eau recouvertes d’un filet.

L’Étal attirant mon regard, je me penche un peu plus pour voir ce qui se cache dans ses bassines. Quel n’est pas mon étonnement d’y voir des grenouilles vivantes entassées les unes sur les autres, ou des petits serpents, ou des tortues, ou des poissons-chats pas du tout du tout contents d’être enfermés là. Je fais d’ailleurs un bond en arrière quand ils tentent de sauter par-dessus le filet. J’ignore quel sera le sort des bestioles alors qu’elles seront achetées et, à vrai dire, je ne suis pas sûre de vouloir le savoir.

 

Je continue à déambuler dans la chaleur, croisant au passage, les petits triporteurs, les restaurants improvisés, les marchands de rue. Je suis littéralement assaillie d’odeurs très fortes, très intenses où se mélangent barbecue, poisson séché, friture, pain, fruits, épices sur fond de vapeurs d’essence.

Je me rends compte au bout d’un moment que tout cet étalage de nourriture et les odeurs qui en découlent finissent, par cette chaleur torride, par devenir difficile à supporter.

Je quitte Bangkok toujours par le sky train, je rejoins l’hôtel pour ma dernière nuit et y resterai jusqu’à mon départ.

 

Ces quelques jours à Bangkok, qui était imprévus, ont été délicieux. J’ai rencontré une Thaïlande moins déformée par le tourisme, peut-être, que les îles de Koh Tao et Koh Samui. La Thaïlande est un pays de tradition touristique. Le tourisme est un des points forts de son économie.

J’ai croisé tout au long de ce voyage, beaucoup de visages amis, souriants, accueillants qui ne me réclamaient rien d’autre en échange qu’un sourire.

Une thaïlandaise m’a dit que les Thaïlandais avaient toujours le sourire parce qu’au-dedans d’eux même, ils se sentaient en paix.

Cette paix, j’ai eu un véritable plaisir à la croiser et à la partager chaque jour, dans ce merveilleux pays. J’espère de tout cœur, la ramener avec moi, au fond de moi.

Puisse-t-elle être aussi contagieuse qu’un superbe sourire…

 

 

 

 

Lundi 4 avril 2011 1 04 /04 /Avr /2011 21:04
- Par isabelle Cassou - Publié dans : cahier de voyage Rodrigues - Communauté : Embellissons nous la vie
mouillez vous !!! - les 1 sont encore tout humides ...

J. +22 Bangkok le 31 Mars 2011

 

Ayutaya

 

Aujourd’hui, je vais rompre avec ma tradition de voyageuse indépendante et solitaire. En effet, je pars pour la journée, avec un guide, pour la très ancienne ville d’ Ayutaya. Il s’avère que le guide est le chauffeur de taxi, qu’il me faudra payer toutes les entrées des temples et que, bien que je puisse visiter à mon gré les différents monuments, je ne sois pas tout à fait libre.

Ça m’apprendra à déroger de mes règles, mais peu importe, il faut parfois essayer certaines choses pour comprendre qu’elles ne sont pas nécessairement faites pour vous.

 

Nous partons le matin de bonne heure. Ayutaya  est à  environ 1 heure de voiture de Bangkok. Le voyage se fait sur une autoroute à quatre voies dans chaque sens. Le paysage est relativement monotone et je me surprends à piquer du nez une fois ou deux.

 Je vais visiter un certain nombre de temples qui sont ici très très anciens, certains datant du XIVe siècle. Les temples et les statues de bouddha sont plus ou moins bien conservés et l’on peut prendre conscience à travers ses immenses ruines de l’étendue de la ville de l’époque. Ayutaya fut la capitale reconnue du Siam pendant plus de 400 ans.

Ici, nous sommes loin de l’agitation de Bangkok, les ruines des différentes  temples et Dieu sait qu’ils sont nombreux, se fondent dans un paysage de plaine, formant en quelque sorte un immense jardin à perte de vue, où au milieu des  pelouses tondues au cordon, auraient poussé ces constructions parfois monumentales faites de petites  briques rouges. Un fleuve délimite un des temples, y circulent des convois de péniches accrochées les unes aux autres, glissant sans bruit.

Sur l’autre rive, on aperçoit quelques maisons plus ou moins récentes, traditionnelles, en teck.

Dans un des temples, une magnifique tête de bouddha semble sortir des racines d’un arbre.

Il fait une chaleur écrasante aujourd’hui, le soleil se montre enfin, et déambuler dans ces lieux qui furent royaux et sacrés donne par leur immensité et Les nombreuses ruines qui les composent, la mesure de leur magnificence.

Un joli oiseau au plumage bleu se laisse approcher. Alors que dans les arbres, on entend des chants mélodieux sans pouvoir jamais définir quel est le bel oiseau qui nous en gratifie.

 

Nous nous arrêtons dans un restaurant qui longe le temple. La patronne est une sorte de businesswoman du restaurant thaïlandais, commerçante dans l’âme, avec un sourire qui est un véritable ravissement. Elle se plaint des difficultés actuelles, il y a moins de touristes que d’habitude. Cela est sans doute dû en partie au temps. Nous partageons nos plats avec le chauffeur soit du crabe merveilleusement bien préparé, très épicé sans pour autant que cela soit excessif, et du calamar au curry rouge.

Le repas est délicieux, la patronne est absolument charmante, la voir sauter sur le client avec tant de gentillesse est un véritable plaisir.

Nous discutons un moment et repartons vers d’autres temples.

 

J’ai pris de nombreuses photos des différents endroits que j’ai visités,  je les  publierai à mon retour.

Petite anecdote sans aucune importance, je croise que dans un  des temples un acteur français dont je ne connais pas le nom, il jouait dans une série télé avec Jean Rochefort qui s’appelait « les bœuf carottes », un beau mec au joli regard bleu, c’est toujours amusant de faire des rencontres totalement improbables en des lieux plutôt perdus…

 

Je vous avais dit que certains touk touk avaient  des sponsors. J’avais tort de croire qu’ils leur étaient réservés. Sur ce, j’avais déjà connu ce genre de pratique en Égypte et je sais qu’elles se pratiquent un peu partout dans le monde par la plupart des chauffeurs.

Alors que je voyage la journée vers  Ayutaya, je me vois proposer successivement  la visite d’un grand bijoutier, un tour en bateau sur le fleuve à 1500 baths négociables, un tour en éléphant lui non négociable, et la visite de diverses boutiques ou marchés, le tout moyennant finances.

Je peux comprendre que certains tour-opérateurs cherche à se faire un peu d’argent sur le dos des touristes mais parfois, tout cela devient un peu trop excessif et l’on finit par se demander si l’on n’est pas devenu soudain une vache à lait.

Ce chauffeur de taxi était tout à fait charmant, mais son insistance à sans cesse proposer ce genre d’activité est un peu lourde.

J’en reviens donc à mes propos du début de ce billet, rien ne vaut la liberté…

 

Je garde un merveilleux souvenir de cette ville et regrette de ne pas avoir pu y passer assez de temps. C’est amusant mais quand je suis arrivée dans cette ville, je me suis dit que c’est un endroit où j’aimerai vivre …qui sait … l’hiver au soleil, l’été en France, l’idée n’est pas pour me déplaire …

Dimanche 3 avril 2011 7 03 /04 /Avr /2011 01:14
- Par isabelle Cassou - Publié dans : cahier de voyage Rodrigues - Communauté : Embellissons nous la vie
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J. + 21 Bangkok le 30 Mars 2011

Vimatek maison en teck blond,

zoo Dusit

China town watt rai mit

 

Je commence la journée par une visite très agréable. Vimanmek se trouve dans le grand parc Dusit dans la partie nord de Bangkok. Le point d’orgue de ce parc est cette immense maison  en teck blond qui fut construite du temps du roi Rama V.

Je n’ai, hélas,  aucune photo de cette maison car pour la visiter il faut impérativement laisser dans une consigne appareil photo et téléphone portable. J’ai vu quelques contrevenants, mais vu la taille de mon appareil photo, j’aurais eu du mal à le dissimuler…

Je vais donc essayer de vous la décrire le plus fidèlement possible afin que vous réussissiez à vous approprier  le lieu.

Le roi Rama V fut un des premiers rois thaïlandais à voyager. Il ramena de ses voyages certes des objets, mais aussi des idées novatrices qu’il mit en œuvre tout au long d’un règne de plus de 40 ans. Rama V est un roi très respecté en Thaïlande car il fut précurseur de grandes avancées sociales.

Le palais Vimanmek est une énorme maison en teck blond (la plus grande du monde). Elle est composée de plus de 70 pièces de taille globalement assez raisonnable. Il y a de longs couloirs de circulation tout autour de la maison et les pièces proprement dites se trouvent donc dans le milieu.

Ce qui donne une possibilité d’aération naturelle, et un éclairage naturel sans pour autant que le soleil pénètre dans les pièces centrales.

Le lieu est principalement meublé par des meubles venus d’un peu partout en Europe. Le mobilier est certes un peu pompeux comme il pouvait l’être en Europe fin XIXe, mais reste malgré tout relativement simple, sans réelle surcharge. La visite se fait guidée, là encore, pas de fantaisie vestimentaire autorisée, le sol  est en parquet, recouvert en son centre d’une moquette puisque la visite se fait pieds nus. La maison est merveilleusement entretenue, d’une propreté absolument remarquable.

Son architecture est superbe, composée deux ailes et d’une grande tourelle. L’entrée principale que l’on ne visite pas est une sorte de grande véranda en teck très ouverte, très ouvragée et absolument splendide. Les volumes sont larges et très aérés.

 

Mais ce que j’ai préféré dans cette maison, en dehors bien sûr d’une architecture relativement traditionnelle pleine harmonie donnant à l’endroit une délicieuse impression de calme, ce sont toutes les photos de famille accrochées au mur, datant de fin XIXe début XXe, commençant à fatiguer un peu. Ces photos se retrouvent partout dans la maison et on a réellement l’impression d’être invité dans cette famille qui nous montre, parfois sans pompe inutile, les jeux de ses enfants, les réunions des grands, bref sa vie de tous les jours, celle d’une famille royale cependant.

Rama V eu 77 enfants de 36 de ses 92 femmes. Il fut celui qui inspira le film « Anna et le roi » qui est toujours interdit de diffusion en Thaïlande et ne semble pas être un reflet acceptable de sa vie.

Vimanmek, avant d’être un palais royal, qui fut finalement assez peu habité, est une maison familiale où on a réellement l’impression de sentir la vie. C’est une demeure de roi, pourtant elle reste un endroit semblant accessible, chic sans être ostentatoire.

Je crois qu’on y reçoit encore des invités officiels, à l’occasion.

 

En sortant du parc, je retrouve un marchand de fruits à qui j’avais acheté un sachet d’ananas épluché et coupé en petits morceaux, je les ai trouvés si bon que je lui en achète un autre. Me reconnaissant, il prépare mon sachet d’ananas avec un sourire radieux et m’offre également une mangue découpée et refuse que je la lui paye.

 

 Jouant  quelque peu les fainéantes, je prends un touk touk  pour rejoindre le zoo Dusit qui se trouve à quelque encablure, il essaie de me rouler dans la farine en me disant que c’est une très longue course, je lui dis que non et que ça ne mérite pas plus de 100 bahts en étant déjà très généreuse. Il semble mal comprendre le mot : zoo. Je lui mime un animal, ce qui a pour effet de le rendre hilare, et le voilà qui part dans des imitations bruyantes d’animaux tout le long du chemin. Nous croisons une sorte de grande  manifestation contenant différents stands et semble-t-il en grande partie réservée aux militaires. Impossible de savoir ce que cela signifie…

 

Le zoo est immense. Toute la partie centrale est occupée par un grand lac artificiel. Les animaux se répartissent tout autour de ce lac. C’est un  zoo à l’ancienne où il est quasiment impossible de prendre des photos puisque les animaux sont en cage.

Je me balade et fais le tour complet du lieu tranquillement, sans hâte, là dégustant un café glacé sans sucre (spécialité locale très réussie), là m’offrant un fish spa très agréable (peut-être vous souvenez-vous de celui que j’avais pris à Koh Samui) et là une petite pause dans un aquarium.

 

Lors de ma promenade, je croise un couple étonnamment assorti. L’homme est âgé voire très âgé, il est avec une femme beaucoup plus jeune et une jeune enfant d’environ cinq ans. L’homme semble très fatigué, peut-être même exténué, vaguement agacé par l’insistance de la femme et l’enfant à vouloir prendre un petit train qui se déambule dans le zoo. La petite fille est pleine de vie, excité à l’idée de faire la promenade dans le petit train, sa mère réclame l’argent au vieux monsieur, le vieux monsieur tend l’argent et semble totalement dépassé par ce que l’enfant désire. Le vieux monsieur est le père de l’enfant. Il n’en a visiblement plus la patience et pourtant…

Cette composition familiale, depuis trois semaines en Thaïlande, je l’ai croisé très souvent. Je ne veux porter aucun jugement, je ne désire en tirer aucune conclusion, mais pourtant, à chaque fois, j’ai retrouvé chez le vieil homme cette même lassitude d’un père peut-être un peu trop agé.

 

En sortant du zoo, je me rends dans china Town, m’arrête à Wat Rai Mit, le temple est comme d’habitude très ouvert au public. Je m’arrête un instant sur une petite terrasse un peu cachée où les gens du quartier viennent prier quelques minutes alors que l’après-midi se termine.

On entend, juste en contrebas, des enfants qui jouent sans doute au ballon, le lieu est relativement exigu. Une femme entre deux âges vend des bâtons d’encens et des bougies. Je m’assois sur les marches et un petit chat vient me rendre visite. Il est peu sauvage, il ne demande que des caresses. Je reste là un long moment avec le chat sur mes genoux, à regarder, à écouter, à sentir ce lieu somme toute ordinaire, où tout un chacun vient se recueillir, hors de cette activité un peu frénétique de la grande ville. Je m’y sens bien, apaisée, détendue, communiant avec cette belle spiritualité toujours faite de simplicité et d’authenticité. Le chat s’éloigne un moment pour grimper sur un des bouddhas. La femme le sermonne sans grande conviction. J’en profite pour faire quelques pas sur l’arrière de la terrasse qui est en fait le logement des moines. La dame me présente un autre des chats du lieu, celui-là est un peu plus timide. Nous ne parlons pas la même langue, mais peu importe, les mots parfois ne sont pas une nécessité.

Je reviens sur mon petit escalier où le petit chat me retrouve, je le caresse encore un long moment, puis je repars vers la ville qui, toute proche,  ronronne au bruit des moteurs, des touk touk, des taxis, des bus, des trains…

 

Je pars à l’aventure dans china town, à pied, ne craignant pas de m’y perdre puisqu’à tout moment je peux héler un touk touk ou un taxi qui peuvent me ramener vers le centre-ville. Je me retrouve alors, dans un Bangkok encore différent. En m’enfonçant dans le quartier, plus de touristes, juste des gens d’ici qui, alors que le soleil se couche, se retrouvent dans la rue. Ce sont souvent des hommes qui bavardent, qui dégustent une brochette,  qui réparent un moteur de  scooter… Un Bangkok des petits métiers où fleurissent sur les  trottoirs des objets improbables.

Un charmant monsieur vend des sauterelles grillées et autres friandises et me les propose avec un merveilleux sourire. Je lui demande si je peux prendre une photo, il ne fait comprendre que oui puis me demande 20 baths, je le regarde un peu étonnée et il se met à rire d’un air de dire : « mais non, c’était pour rire ! ».

M’étant au bout d’un moment réellement perdue, je cherche un touk touk, trois d’entre eux me font comprendre qu’ils ne comprennent pas, je finis par trouver un taxi. J’ai déambulé un long moment dans un Bangkok très populaire, où, à aucun moment, je ne me suis sentie mal à l’aise ou en quelconque insécurité. Je ne suis pas sûr de pouvoir en dire autant dans certains quartiers parisiens.

Je n’ai, cependant, pas mis les pieds dans les quartiers très chauds de Bangkok. Je vous l’ai déjà dit, je supporte assez mal une prostitution liée au tourisme sexuel et ne tiens absolument pas à y être confrontée.

 

La journée fut longue, je reprends le sky train vers l’aéroport….puis l’hôtel.

 

 

Samedi 2 avril 2011 6 02 /04 /Avr /2011 08:19
- Par isabelle Cassou - Publié dans : cahier de voyage Rodrigues - Communauté : Embellissons nous la vie
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Chatouillis méningés

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Je ne peux pas dire

qui je serai demain.

Chaque jour est neuf

et chaque jour je renais.
Paul Auster

Un peu de Moi

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Profil

  • isabelle Cassou
  • dépressive utopiste: isabelle
  • Femme
  • antony
  • cinema poesie philosophie lire écrire
  • une depressive idéaliste qui veut croire en l'humain, qui n'acceptera jamais la communication à travers la violence, la guerre. j'ai la chance de vivre dans un pays où je suis libre de dire , d'écrire, le faire est un droit mais surtout un devoir

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