il était une fois

paris-19-septembre-2007-143.JPG



En attendant, ma conversation rituelle avec sir Tennant, dans le train de 17h34, s’étoffait au fil des jours.

Il me faut avouer qu’il était bien plus bavard que moi. Sa seule vue me paralysait. Mon cœur battait la chamade et quand d’aventure il me posait une question j’arrivais tout juste à balbutier quelques mots souvent inaudibles, auxquels il me répondait d’un sourire indulgent et sans doute un rien amusé.

Les jours passant, j’appris qu’il travaillait à la city, j’avoue que si je buvais littéralement ses paroles, parfois leur teneur m’échappait. Il me parla d’affaires, de transactions. Tout cela était bien loin de mon monde encore enfantin. Je me jurai d’apprendre et de lui offrir à l’avenir une attentive écoute.

Ses mots me berçait et parfois faisant mine de m’y intéresser je me permettais de le dévisager sans pudeur. Dieu qu’il était beau. Son teint un peu mat faisait ressortir les fines aigues marines de ses yeux. Il se tenait bien droit, dans cette attitude, savant mélange de fierté et digne suffisance propre aux sujets britanniques.

À mes yeux, il était prince, noble d’allure faute de l’être de sang.

Ces rendez vous informels se renouvelaient chaque jour.

J’adorais quand il me racontait Paris, ce Paris qui le temps de ses récits n’appartenait qu’à nous, lui qui redonnait vie à ses souvenirs, moi qui me laissait dériver, les faisant miens, le temps d’une histoire.

J’en apprenais beaucoup sur cette ville qu’il qualifiait de plus belle entre toutes. Qu’ils étaient loin mes souvenirs de Samaritaine, bien loin, là bas, dans mon enfance !

Je découvrais un nouveau Paris, un Paris étincelant dans le regard d’un homme me racontant quelques jours de sa vie.

Là, dans ce train des faubourgs londoniens, j’ai fait, mes plus belles promenades parisiennes.

Le cliquetis lancinants des rails berçait ses récits et je m’envolai vers un ailleurs qui, pourtant, habillait, il y a encore peu, mon quotidien.

Il connaissait si bien, décrivait si joliment ce Paris frivole et en fête qui m’étais étranger vu mon âge et mon éducation.

Au fil des jours, ses talents de conteur me promenèrent sur tous les faubourgs.

Parfois, je fermais un peu les yeux m’imaginais belle coquette déambulant à son bras dans un Paris ensoleillé. Les passants nous  admiraient. J’avais une ce ces robes à la mode, un chapeau londonien, des gants noirs, des souliers vernis, mélange de petite fille sage et de femme distinguée.

Chaque soir en rentrant au couvent, j’avais hâte d’être enfin couchée, hâte de partir dans les rêves les plus fous. J’ai rêvé de longues  ballades au bord de seine, de soirées dans d’élégants restaurants, de baise mains délicats et parfois mon enthousiasme me conduisait vers un baiser fougueux, un de ces baisers romantiques au bord de l’eau.

Je me réveillais heureuse, prête à voler toute la journée vers le  train de 17h34.


Lundi 29 octobre 2007 1 29 /10 /Oct /2007 15:03
- Par isabelle - Publié dans : il était une fois - Communauté : Rêvons si tu le veux bien ...
mouillez vous !!! - les 3 sont encore tout humides ...
courson-249-copie-1.JPG


Mon anglais commençait à s’étoffer. Je m’étais liée d’amitié au cours avec notre professeur qui n’était guère plus âgée que nous.

Elle se dénommait miss Kathleen Macleod.

C’était une petite brune  à la peau très blanche, un teint de porcelaine  servait d’écrin à un regard gris perle. Ses yeux étaient vifs comme l’éclair.

Je crois que nous sommes devenues proches dès son premier cours

J’ai immédiatement aimé sa vivacité, l’énergie pleine de belles promesses qu’elle donnait à sa vie.

Sans doute ai-je reconnu cet attachement quasi viscéral aux sentiments, aux ressentis, à l’affect, nous l’avions en commun, cela ne faisait nul doute.

J’avais parlé aux sœurs de cette amitié naissante.

Je conviai, donc, miss Macleod au couvent afin de la leur présenter.

Le courant passa assez facilement avec mère Thérèse, pourtant méfiante.

Kathleen affichait un mélange subtil de joie de vivre et de sérieux qui lui valut d’entrée de jeu la confiance des sœurs.

La mère m’autorisa, exceptionnellement à passer un dimanche après midi à Londres sous l’expresse réserve que miss Macleod m’y accompagne.

Rendez vous était pris pour le dimanche suivant.

J’étais très excitée. Jusqu’alors je n’avais presque rien vu de cette ville si vaste, si mystérieuse à mes yeux encore enfants.

J’allais enfin découvrir les merveilles que mon esprit fantasque avait imaginées. Je voulais tout voir, tout découvrir, me nourrir de cette ville. Je pourrais enfin vagabonder libre (ou presque) dans cet univers qui allait s’offrir à moi, un beau dimanche de septembre 1938.

Mercredi 24 octobre 2007 3 24 /10 /Oct /2007 17:59
- Par isabelle - Publié dans : il était une fois - Communauté : Rêvons si tu le veux bien ...
mouillez vous !!! - les 9 sont encore tout humides ...
courson-136.JPG

Le lendemain, ma fièvre, enfin celle de mon corps avait baissé. Je pus reprendre le chemin de Londres. Mes cours se passèrent à merveille et en fin d’après midi, je volais à chaque pas en direction du train de 17h34.

J’étais en avance, le train n’était pas entré en gare. J’attendais avec  impatience, il me faut l’avouer.

Je sentis soudain, un léger tapotement sur mon épaule qui me fit sursauter.

J’avais imaginé des milliers de scénarii dans ma tête de jeune fille touchée au cœur, mais celui là me ravis entre tous.

Il était là derrière moi, sans même me retourner, je le sentais grand, élancé, délicatement parfumé. Avant de lui faite face, je humais son odeur avec gourmandise, point trop s’en faut, j’aurais paru bien effrontée.

Je me tournai donc et plantai mes yeux clairs dans les siens. Je fus immédiatement inondée d’une grande vague de chaleur envahissant mon cœur, mon corps et  faisant rougir mes pommettes.

En cet instant, moi, jeune fille de dix huit ans,  je redonnai une définition au bonheur, à mon bonheur. Je savais  sans trop comprendre que j’allais apprendre  à conjuguer le verbe aimer.

 

Il baissa les yeux très vite, m’offrit un tonitruant « bonsoir », avec ce petit accent si charmant.

Il me parla de Paris, je lui parlai de Londres. Je ne me souviens plus de notre échange ce jour là, mais je me rappelle parfaitement être devenue sur le quai de cette gare, une de ces coquettes croisées dans la rue, juste parce qu’enfin, je me voyais dans le regard de l’autre.

Ce jour là, nous avons bavardé tels de vieux amis, durant tout le trajet et se fut un véritable crève cœur de l’entendre me dire  « bonne soirée  miss Delmotte».

Je rentai au couvent, pleine de rêves et d’espoir.

J’ai su de suite que je serai liée à cet homme par quelque chose de rare et bien que fort novice en la matière, je ne me trompai pas.

Je jouai toute la soirée avec les autres enfants en rêvant à mon prince charmant.  Eileen s’en rendit compte et se moqua : Églantine est amoureuse, Églantine est amoureuse ». je la grondai avec tendresse tandis qu’un sourire mystérieux ornait mon visage.



Lundi 22 octobre 2007 1 22 /10 /Oct /2007 08:27
- Par isabelle - Publié dans : il était une fois - Communauté : Rêvons si tu le veux bien ...
mouillez vous !!! - les 5 sont encore tout humides ...

Chatouillis méningés

Arlequine.jpg  

 

Je ne peux pas dire

qui je serai demain.

Chaque jour est neuf

et chaque jour je renais.
Paul Auster

Un peu de Moi

En Musique ...

 

  rondnoel12.png

 

 

 

 

 

 

Profil

  • isabelle Cassou
  • dépressive utopiste: isabelle
  • Femme
  • antony
  • cinema poesie philosophie lire écrire
  • une depressive idéaliste qui veut croire en l'humain, qui n'acceptera jamais la communication à travers la violence, la guerre. j'ai la chance de vivre dans un pays où je suis libre de dire , d'écrire, le faire est un droit mais surtout un devoir

A partager

Contact - C.G.U. - Signaler un abus - Articles les plus commentés