La défense, le bus, beau reflet du melting pot d’une société qui se cherche.
A l’arrivée du bus un jeune beurre (n’en déplaise à certains) offre aimablement à une vieille femme de descendre sa valise qui semble bien lourde. La dame le regarde un rien incrédule jusqu’à qu’un large sourire éclaire enfin son visage devant ce petit service si simplement gentil.
Un petit café sur la quai du RER, la serveuse est pale, elle reste là toute la journée dans l’éclairage blafard d’un quai souterrain. Elle sert des cafés ou autres friandises à des gens pressés qui avalent la boisson ou nourriture comme des automates debout en attendant de bouger vers un ailleurs.
La serveuse offre pourtant un sourire vrai à chacun, la plupart du temps dans le vide.
Le train arrive, je suis debout. Je vois sans vraiment les regarder les personnes moroses qui composent la population d’un wagon, un jour de juillet au temps lui aussi tristement morose.
Soudain, mon attention, au delà des bruits du train circulant sur les rails, est captée par de petits sons aigus, presque incongrument gais au vue de tous ces visages tristes, fermés, inexpressifs.
Quatre petites filles anglaises rient, parlent, gesticulent. Elles ont déjà toutes petites ce port de tête, cette préciosité du geste si typiquement britannique.
L’une d’elles se cure le nez et tend cependant une main gracile vers le kleenex que lui donne sa mère.
Une autre tire son tee shirt et dit « she said… » (« Elle a dit… ») Et part avec ses amies d’un grand rire cristallin et un rien moqueur.
A cet instant, rien ne différencie ces petites filles anglaises des nôtres, si ce n’est cette petite mine de dégout très chic et maitrisée que seule l’anglaise sait si bien adopter ; le nez est légèrement pincé ; les yeux un rien plissé et la commissure des lèvres remontent insensiblement en formant ce sourire si particulier.
Amusant de constater que cet art de la petite mine froissée est déjà si bien maitrisé par les plus jeunes sujets britanniques.
Chatelet, je les quitte. Au fil des mots sur mon cahier (vous savez celui qui ne me quitte jamais), j’arrive à Antony qui le temps d’un court voyage fut mon ailleurs.
Je vais courir vers le réparateur de pneu, depuis vendredi, première crevaison je roule avec une galette, j’ai crevé de nouveau hier soir parce qu’un bonheur n’arrive jamais seul et je vais apprendre que je traine un joli clou dans un troisième, juste parce que deux bonheurs n’arrivent jamais seul.
Pourtant, je continue mon voyage de bus en bus vers le fin fond de nulle part et sur mon visage se lit un sourire béat, le sourire de l’amour, le sourire de la vie, tout simplement …….
mouillez vous !!! - les 13 sont encore tout humides ...









