sujets brulants

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Visiblement dans une société capitaliste, on peut faire de l’argent sur tout, alors pourquoi pas sur le système carcéral ?
 Le système est simple.  L’État n’a pas à construire la structure qui est fournie par une compagnie privée qui, elle, moyennant environ 50 $ par jour et par détenu assure le « management » de la population pénitentiaire.
Bémol, il faut remplir les lits de ces quelques 100 établissements contenant environ 62 000 lits (sans doute plus de 300000 d'ici peu)
S’en suit, par exemple, un scandale qui démontre que des centaines d’enfants ont été incarcérés pour des délits extrêmement mineurs et pour des peines excessivement  longues, en clair sans raison. Moyennant 2,6 millions de dollars en provenance d’un centre privé de détention pour jeunes délinquants,  deux juges officiant dans le comté de Luzerne  ont été condamnés pour avoir en quelque sorte vendu entre 2002 et 2006 des centaines d’enfants et d’adolescents,  à une prison privée.
Cette histoire a détruit la vie de 1000 à 2000 jeunes. Alors qu’il était   clairement reconnu que ces juges appliquaient des peines bien trop sévères, allant même jusqu’à bafouer les droits constitutionnels des enfants,  Il a fallu des années pour qu’enfin la justice ouvre les yeux …
 
Certaines entreprises privées voient, dans ces prisons privées,  la poule aux œufs d’or. Voilà en effet de merveilleux ouvriers que l’on paie une misère,  aucun risque de grève, pas de congés,  pas d’assurance-chômage, aucun risque de retard ou d’absentéisme. Si l’ouvrier se plaint pour X ou Y raison, un petit séjour en cellule d’isolement lui remet les idées en place. Les domaines de compétence de ses ouvriers sont plus que variés. Ils produisent dans le beau pays de l’oncle Sam : 100 % de l’ensemble des casques militaires, gilets pare-balles, chemises et pantalons, tentes et gourdes ; 93 % des peintures et pinceaux de peintres ; 92 % de l’ensemble des services d’aménagement de cuisine ; 46 % de tous les équipements personnels, 36 % des ustensiles ménagers, 30 % des aides auditives micro et haut-parleurs, 21 % des meubles de bureau et pour finir cet inventaire à la Prévert (le pauvre doit se retourner dans sa tombe) ,pièces d’avion, matériel médical et cerise sur le gâteau : l’élevage de chiens guides pour aveugles.
De quoi faire rêver petites et grandes entreprises qui, du coup, ne voit plus très bien la nécessité  de délocaliser leur production.
Comme dirait M. Sylvestre dans les guignols : « même les petits niakoués» ne feraient pas mieux.
Voilà donc la fine fleur des entreprises privées américaines ouvrant des yeux pleins de dollars à la vue des bénéfices prometteurs engendrés par cette  main-d’œuvre « Safe and cheap ». L’affaire est simple il suffit de monter des ateliers au sein des prisons.
Les gains produits par cette nouvelle industrie se multiplient sans cesse et voilà les : IBM, Boeing, Motorola, Microsoft, Texas Instruments, Del, Compaq, Hewlett-Packard, Nortel, 3com, Intel, Macy’s, Revon, Pierre Cardin, AT&T, Wireless, Colgate Palmolive, Starbucks, et bien d’autres qui se bousculent à la porte afin de bénéficier de cette nasse sans fin au vu des durcissements des lois américaines.

 
Quelques sociétés se partagent le gâteau de ces établissements carcéraux privés. Certaines se sont transformées en véritables empires.
L’une d’elles est leader sur le secteur, Correction Corporation of Amérique (CCA) , détient la moitié du marché et fait partie des cinq entreprises les mieux cotées en bourse à  New York.
Il semble de notoriété publique d’après ce que j’ai pu lire çà et là ( et croyez moi, tout se recoupe) que ces prisons privées ont des façons  très particulières de manager et de gérer leur population. Exemple : la prison ultramoderne de Lawrenceville, en Virginie, emploie cinq gardiens le jour et 2 la nuit pour 750 détenus.
Il semblerait également que «le temps de bonne conduite» ne soit pas toujours déduit de manière équitable des peines et que par contre une infraction au règlement ajoute facilement 30 jours d’incarcération (étude des prisons Nouveau-Mexique).
Le niveau de l’insécurité est lui aussi excessivement élevé dans ces établissements privés.

Cette vidéo en anglais montre à quel point la situation est hors contrôle.
âmes sensibles s’abstenir, les images sont extrêmement violentes, je n’ai pas été jusqu’au bout, bien trop dur , mais ô combien édifiant !!!!

 

 

 

Il est à noter que les États-Unis incarcèrent et jugent les enfants comme des adultes dans certains états comme New York par exemple et qu’ils sont en première ligne dans ces établissements où la violence règne en maître.
Selon, Human Rights et Amnesty, il y a plus de 2000 enfants incarcérés à vie aux états unis. Certains d’entre eux le sont pour des crimes moins graves que le meurtre.
Exemple: un enfant de 15 ans est condamné à vie pour avoir volé une camionnette afin de commettre un vol, alors qu’il attendait dehors, un de ses complices a tué deux personnes. Bien qu’il ne soit en aucun cas un meurtrier, sa seule présence sur les lieux le condamnent à vie.
Dix états ne fixent aucun âge minimum pour condamner des enfants à perpet sans remise de peine possible. Six enfants sont actuellement détenus qui n’avaient pas encore 13 ans lors des faits qui leur sont reprochés.
Ces enfants sont emprisonnées dans des prisons d’adultes, au milieu de prédateurs sexuels, de gangs violents, dans des conditions effrayantes.

Autre record américain, les états unis restent un des seuls pays au monde à condamner des personnes retardées mentales à la peine capitale , selon Human Rights, il y aurait plus de dix pour cent de déficients mentaux sur les 3000 personnes qui «pourrissent» actuellement dans les couloirs de la mort.

Human Rights Watch

Tout cela fait froid dans le dos.
Peut on espérer que les droits humains l’emportent  sur les profits générés ?

A vrai dire, ce n’est pas gagné ...

 

Un Obama n’y suffira pas sans doute pas , hélas ....

Samedi 17 juillet 2010 6 17 /07 /Juil /2010 11:46
- Par isabelle - Publié dans : sujets brulants - Communauté : VOTRE ACTUALITE A LA UNE !
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http://www.cyberpresse.ca/images/bizphotos/435x290/200810/24/19116.jpg

 

 

Au Etats unis, Il semble acquis que 97  pour cent des 125 000 prisonniers fédéraux soient non violents, on estime que plus de la moitié des 623 000 détenus des prisons municipales ou des comtés sont innocents. Beaucoup sont en attente de jugement. Deux tiers du million de prisonniers d’État ont commis des délits non-violents. 16 % des plus de 2 millions de détenus souffrent de maladies mentales.
Oui vous avez bien lu, 2 millions de détenus et plus, ce qui place les États-Unis à la première place mondiale et historique du taux d’incarcération les plus élévés.
Bien triste record pour ce qui est, paraît-il, la plus grande démocratie de notre belle planète !!!!
Les prisons américaines représentent actuellement le troisième plus gros employeur du pays.
Le taux d’incarcération américain est 6 à 10 fois plus élevé qu’en Europe et bat à plate couture des pays comme la Chine (1,5 millions), la Russie (890 000 détenus), l’Iran et autres belles démocraties reconnues partout au monde ….
En 1998 déjà, Loïc Wacquant, sociologue français exerçant aux États-Unis, écrivait :
« la construction de prisons est, de fait, devenue le principal programme de logement social du pays. »
Un exemple frappant : Le « budget » alloué à un prisonnier en 1993 et cinq fois supérieur à la somme versée à une mère seule de trois enfants.
Et oui, encore une fois ça fait rêver… !!!
Incarcérer les plus pauvres de cette société capitaliste et libérale par excellence permet de déduire des chiffres du chômage toute une population, en l’isolant, en la mettant totalement hors circuit.
 
 
La guerre contre la drogue, et la merveilleuse loi des « trois délits » ont généré une population carcérale hors du commun dont les chiffres n’ont cessé de bondir depuis 10 à 20 ans.
Quelques chiffres là encore pour illustrer le propos :
Imposition de peines de prison importante pour détention de drogue y compris en quantité dérisoire,
Exemple : cinq ans de prison ferme sans compression de peine pour détention de 5 g de crack, 10 ans pour moins de 60 g de cocaïne cristallisée ou crack. Au Texas on risque deux ans d’emprisonnement ferme pour détention d’environ 100 g de marijuana. A New York une loi anti-drogue est promulguée en 1973 et impose une peine obligatoire allant de 15 ans à perpétuité pour possession de 100 g de toute drogue illicite.
Quant aux fameux trois délits : le seul fait d’être responsable de trois délits quel qu’ils soient peut conduire à une peine d’emprisonnement à vie.
Exemple là encore : un prisonnier ayant volé une voiture et 2 vélos a été condamné à 3  fois 25 ans.

 

Vous trouverez d'autres exemples éloquents sur le site d’Amnesty
(voir les articles liés)

Amnesty international


Tout cela laisse sans voix tant cela parait aberrant.

 

Samedi 17 juillet 2010 6 17 /07 /Juil /2010 01:00
- Par isabelle - Publié dans : sujets brulants - Communauté : VOTRE ACTUALITE A LA UNE !
mouillez vous !!! - les 2 sont encore tout humides ...

http://robindeslois.org/wp-content/uploads/2010/05/prison-valley.jpg

 

 

 

 

 

Sans doute l’avez-vous remarqué, j’écris très souvent par impulsion …
Mais après tout à quoi bon l’ouvrir si l’on a rien à dire ? !

Cette phrase va, j’en suis sûr, faire mourir de rire tous mes proches…

 

Bref comme d’habitude je m’égare…
 
Ce matin alors que je me levais à une heure,  pour moi , très matinale, je suis tombée par hasard sur l’émission Théma , diffusée sur Arte , dont le thème était la prison.
Rassurez-vous je ne me suis pas fait mal mais il me faut admettre que j’étais bien chamboulée à la fin de l’émission. Il me fallait donc absolument partir sur la toile et me faire un avis sur ce sujet malheureusement de plus en plus d’actualité.
Et ce soir, alors que je n’ai pas encore déblayé tout à fait le terrain, je m’apprête à mettre en page le premier article sur ce sujet brûlant.
 
L’émission commence par un reportage  d’un genre assez peu commun.

En effet ,il s’agit d’un web documentaire réalisé par:


  David Dufresne et Philippe Brault.

 

Il est traité comme un road movie et nous fait voyager à travers un comté qui pourrait bien être  l’antichambre de l’enfer.
Ce  documentaire a fait le buzz sur la toile et je vous recommande vivement d’aller le découvrir, non seulement pour le côté convivial et attractif du site, mais avant tout et surtout pour un contenu que  je qualifierais d’affolant et alarmant, traité de telle sorte qu'on ne peut pas rester indifférent.

 

Le titre est évocateur :
 
« Prison valley» L’industrie de la prison
 
À lui seul l’énoncé fait peur, les chiffres parlent :
Un comté, Fremont county : deux villes : Canon City et Florence
36 000 habitants, 13 prisons, 7731 détenus.
 
Voici une petite phrase, dite par le maire d’une de ces villes qui en dit long sur cette industrie qu’il faut bien qualifier de florissante :
« Il est important de savoir, que quand une récession nous touche, comme celle qui vient de toucher l’Amérique,  le Colorado et le comté de Fremont, quand on a une industrie telle que celle des prisons, ces emplois ne risquent pas d’être perdus. On ne va pas rendre leur liberté aux prisonniers pendant une récession.»
 
L’endroit sans ces prisons n’est rien, un désert aride qu’on qualifierait volontiers d’antichambre de l’enfer…
Quelques motels miteux et hors d’âge se remplissent le week-end grâce à des  familles qui font des heures et des heures de route pour rejoindre cette région isolée et loin de tout, juste pour voir leur «prisonnier».
 
Des personnes se battent pour que les choses changent, pour que certaines tristes réalités ne soient pas à tout jamais des fatalités, Christie Donner, militante pour la réforme pénale parle et ça donne froid dans au dos :
«Nos prisons sont des lieux de bannissement : « loin des yeux loin du cœur », vieille habitude d’esclavage dans ce pays où l’on fait du profit sur les gens enchaînés. La justice pratique une incarcération de masse. Un rapport du ministère de la justice des États-Unis dit  qu’un afro américain, homme, né en 2001, aura une chance sur trois d’être incarcéré aux États-Unis, à un moment donné de sa vie, une chance sur six pour les latinos. Voilà ce qui est l’incarcération de masse. Dans les communautés afro américaines et latinos, chaque famille est concernée. Quelqu’un qui appartient à cette famille a été incarcéré ou l’est actuellement. C’est incroyable… »
 
La guerre contre la drogue,  le durcissement des peines qui ont doublées en 20 ans, les libérations conditionnelles quasi inexistantes expliquent ce constat dramatique et les chiffres alarmants cités plus haut.

J’y reviendrai dans un autre article ....
 
Erin Rosa est journaliste à Denver. Là encore, quelques chiffres impensables :
« Les États-Unis incarcèrent un citoyen sur 100. En pourcentage, c’est plus qu’en Chine. Un employé de ces prisons ne peut communiquer avec les journalistes sans risquer de perdre son emploi. La loi du silence règne.»

A creuser, là encore ...
 
On reprend la route en direction de Supermax, sorte de prison modèle.
En 1992 les travaux commencent et dureront environ deux ans. Les habitants du cru se sont cotisés afin d’acheter et d’offrir des terrains au bureau des prisons de Washington. La ville entière a soutenu ce projet qui fut par la suite surnommé l’Alcatraz des rocheuses.
Prison basée sur le principe de la privation sensorielle, la prison est en forme de triangle. Les prisonniers n’ont aucun accès à l’extérieur. Il leur est impossible d’apercevoir qu’autre chose que le ciel et des murs de 6 m de haut. Pas de points de repère, ils ne savent pas à où est le nord, où est le sud. Cela empêche toute possibilité d’évasion.
Allen Rexford, syndicaliste et gardien à Supermax explique le fonctionnement de la prison, arborant une arme à peine cachée sous sa chemise :
« Seul accès à l’extérieur,  une fenêtre de 10 cm sur 1 m, ils voit le ciel, ils ont de la lumière conformément aux normes de l’American Correctional  Association. Ils doivent avoir de la lumière naturelle. Les cellules sont pratiquement toutes sur le même modèle : une douche en acier, une couchette, un bureau et un tabouret en béton, une étagère également béton pour poser la télévision ; Un sas dans chaque cellule avec des grilles et une porte pleine extérieure qui s’ouvre afin que l’on puisse s’occuper du détenu à travers la grille.»
A Supermax, on trouve les prisonniers les plus dangereux d’Amérique qui sont confinés 23 heures  par jour.
Allen est fier de travailler dans cette prison qu’il baptise « fleuron », THE (la) prison, il cite le nom de personnages tristement célèbres enfermés ici.
Impossible pour les journalistes d’ approcher, les demandes officielles ont été refusées pour raisons de sécurité et aux alentours ils se trouvent toujours une voiture de police ou de fermier local pour les faire reculer.
 
Sorte de comble incroyable, ils  trouvent un prospectus les invitant à être « emprisonnés » dans un musée ouvert dans une ancienne prison pour femmes,  exhibant chambre à gaz et autres réjouissances, le tout au son d’ordres proférés par haut-parleur depuis la prison voisine, elle, encore en service.
 
À Canon City, à part quelques exceptions comme le groupe rock local, tout tourne autour des prisons.
Rick et Shelley Smitley ne font pas exception à la règle. Lui, veille sur les systèmes électroniques des prisons et elle tient la boutique d’uniformes en  tous genres sur lesquels ils brodent toutes sortes d’écussons. Ils parlent de leur boutique avec fierté et comptent parmi les quatre entreprises aux États-Unis fournissant ce genre d’uniformes. Ils en expédient partout sur le territoire américain.
Et là, pas de doute, ce premier pas vers l’industrie nous approche du cœur du sujet.
 
Le charmant shérif du comté, républicain, élu pour la deuxième fois, se fait un plaisir de promener les journalistes dans la région, leur montrant les grillages sillonnant les routes, le cimetière plus que précaire des prisonniers sans famille morts en prison, une prison féminine fermée quelques jours plus tôt principalement pour des raisons financières. Il est particulièrement fier de tous les bâtiments de sa ville construite en pierre du pays, taillée au fil du temps par les prisonniers. Il promène les journalistes sur une route surplombant une vallée et construite par les prisonniers.
La promenade se termine par une visite dans « SA » prison, il affirme, alors, haut et fort des vérités du style : « il faut toujours donner de la bonne nourriture aux prisonniers, sinon cela crée de la frustration, et risque de multiplier les incidents. ».
Sa prison est la prison locale, il s’y promène comme chez lui, au milieu des prisonniers que lui et son équipe ont arrêtés : 18 femmes et 145 hommes. Conducteurs en état d’ivresse, meurtriers, fumeurs de cannabis, braqueurs transitent tous par ici, tous enchaînés et entravés sans distinction de peine. Les grands criminels ont un uniforme vert, les délits moyens sont au rouge et enfin l’uniforme rayé est pour les petits délits.
Le quartier des femmes est une grande pièce où vivent 18 détenues femmes pour 16 lits, deux matelas sont à terre.
 
« Je n’aime pas voir tous ces gens en prison, c’est comme ça que l’Amérique a grandi, c’est un problème culturel » sont les paroles d’au revoir de cet étonnant shérif …
 
Dans une prison ancienne, vitrine du savoir-faire industriel des prisons américaines, sont fabriquées des milliers de plaques d’immatriculation et autres panneaux routiers, les prisonniers touchent le meilleur salaire versé dans les prisons américaines soient 50 $ par mois.
Une sénatrice  démocrate, Buffie Mac Fadyen, étonnant paradoxe de cette région, affirme au sujet du travail des prisonniers :
« Nous devrions pouvoir offrir un métier aux détenus pour leur sortie, nous créons des opportunités,  nous avons quelques-uns des prisonniers les moins payés dans le pays, mais je ne  gagnerai jamais une élection en voulant mieux payer les prisonniers. Nous ne devrions pas créer une industrie des prisonniers, ça ne devrait pas arriver. Nous avons aux États-Unis ce que j’appellerais une mentalité de fabrication, nous avons externalisé beaucoup de notre production. Les produits que nous trouvons sont pratiquement tous d’importation. Que nous reste-t-il aux États-Unis ? Alors on s’est  mis à exploiter le travail de nos prisonniers pour compenser notre manque de production. »

Le discours est incroyable et demande, là aussi, quelques approfondissements , je vous en dirai plus dans un autre article.
 
Brenda, une femme de prisonnier, a fait 10 heures  de route avec sa fille de trois ans, pour voir son mari incarcéré pour 10 ans et demi pour délit en col blanc. Elle a du mal à comprendre :
«Il n’a jamais eu d’ennuis, avant ça, je veux dire… Il n’a tué personne. Je pense que le système des prisons en Amérique … Ici je ne paye rien, juste l’essence et l’hôtel. Je refuse d’acheter de la nourriture, je ne mange pas dans les restaurants. Les gens d’ici sont plutôt vulgaires. Ils gagnent beaucoup d’argent, mais ils ne s’occupent de rien. Si la prison n’était pas ici, il n’y aurait rien ni personne. Parce que les gens n’ont rien d’autre à offrir. »
 
Dory Williams, clerc de la ville de Florence explique :
« En 1990 alors que le bureau fédéral des prisons est venu chercher un terrain ici, les gens de la région étaient plutôt inquiets de voir arriver une autre prison. C’est une industrie  « clean». Ce n’est pas la prison qui nous dérangeait, disons que ça assurait des emplois. Un des soucis soulevés par un membre de notre conseil municipal était que les familles des prisonniers pouvaient apporter des drogues, de l’alcool. Qu’elles pourraient submerger les services médicaux de l’assistance sociale. Le bureau nous a assuré que dès qu’ils construisent des prisons, les familles des prisonniers sont  suivies à la trace et que dans le cas où elles viendraient à vouloir aménager aux environs de la prison, le prisonnier serait immédiatement transféré dans un autre centre de détention. Donc nous n’avons jamais eu ce genre de problème. »
Le temps dans la ville de Canon City semble à  l’insouciance. La ville  est sure.

Là, à nouveau, on hallucine, tout est prévu  !!!
 
Christian Snelson, ancien gardien de prison, actuellement gérant d’un café local, raconte :
« J’ai travaillé sept ans à la prison et depuis que j’ai ouvert ce café, les gardiens avec qui je travaillais y viennent. Je ne voulais pas créer un  « café prison» Je voulais que ce soit un restaurant familial. Pour faire une rupture nette avec la prison. Quand on est gardien, on a l’habitude de jouer un rôle. Quand on a des enfants, on a tendance à leur parler comme à des prisonniers. En disant juste « oui » ou « non ». Plus  les enfants grandissent, plus vous devenez sévère, et on veut qu’ils obéissent au doigt et à l’œil. Quand on est gardien, on ne montre pas ses émotions. Ici je peux pleurer, je peux montrer mes émotions.»

Je ne sais pas ce que vous en pensez mais moi, franchement, ça me fait très peur.
 
Une psy, Caterina Spinasis Tudor, a pour clients des gardiens de prison :
« Ils commencent à se considérer comme un policier tout le temps, comme un guerrier. Dans la vie de tous les jours, ils  restent en service ils surveillent ils guettent le danger. Leur jugement sur les autres est modifié, ils pensent que tout  le monde ment, qu’on essaie de les manipuler. Ils n’ont plus confiance en personne. Les gardiens s’isolent,  ne parlent à personne. Il y a une certaine solitude et de la peur. »

Que rajouter ? Que penser ?
 
Cette ville est devenue le royaume de la peur où se côtoient sans vraiment plus se voir, la population, les familles des prisonniers, les cars qui transportent les détenus vers leur travail.
 
Cette région fonctionne sur une seule industrie : les prisons. Pas de crise dans le secteur !
Un Élu local du comté de Fremont Colorado constate :
«Quand une entreprise propose de verser des milliers de dollars à la construction de la prison, aux ouvriers du chantier pendant 18 mois voire deux années, dans une communauté, pour construire une prison de plusieurs  millions de dollars, ça ne se refuse pas… Les ouvriers vont consommer pendant qu’ils construiront ces prisons. »
 
Mais voilà que la machine s’enraye, une nouvelle prison toujours plus grande toujours plus modèle se construit au nord  du comté, elle s’avère un véritable gouffre financier, 163 millions de dollars,  charges pour l’État. L’ouverture doit être reportée.
Comble d’ironie, les cellules de cette nouvelle prison sont fabriquées dans des ateliers de soudure par des prisonniers voisins. Ils ont également construit des cellules pour d’autres prisons dont quelques privées.
Le client devient fournisseur, et le fournisseur propose une manœuvre à prix défiant toute concurrence.
La boucle est bouclée …

 

Je souhaite que ce premier article vous  donne l'envie d'aller sur le site et le blog de ce documentaire si particulier.

 

 

Prison valley, le blog

 

 

et

 

Prison valley, le site

 

 

petite formalité, sur le site, s'inscrire, rien de plus, ça n'engage à rien ....

 

 

 


Vendredi 16 juillet 2010 5 16 /07 /Juil /2010 23:14
- Par isabelle - Publié dans : sujets brulants - Communauté : VOTRE ACTUALITE A LA UNE !
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Chasse a la baleine - le vote final

Je viens de signer une pétition urgente sur Avaaz.org pour la protection des baleines. Lisez plus d'informations ci-dessous ou cliquez sur ce lien pour signer à votre tour:



https://secure.avaaz.org/fr/whales_last_push/98.php?CLICKTF

 

 

 

voici quelques détails provenant du site d'AVAAZ

Chers amis,

Dans une semaine, la Commission Baleinière Internationale procédera au vote final d'une proposition visant à légaliser la chasse commerciale à la baleine pour la première fois depuis une génération.

Ceux qui feront entendre clairement leur voix jusqu'aux dernières heures de négociation détermineront l'issue du vote: s'agira-t-il du lobby des chasseurs de baleines, ou des citoyens mobilisés dans le monde entier?

Plus de 650 000 d'entre nous ont signé la pétition pour la protection des baleines -- c'est le moment d'aller jusqu'à 1 million! Au Maroc où se tient la conférence sur les baleines, une équipe d'Avaaz est en train de mettre en place des affiches, un encart à la Une d'un grand journal et un compteur géant indiquant en temps réel le nombre de signataires de la pétition. Ainsi entre le moment où les délégués descendront de l'avion et l'heure du vote final, cette campagne massive leur rappellera à chaque instant que le monde n'acceptera pas la légalisation du massacre des baleines. Cliquez pour signer, puis faites passer le message à tous:

https://secure.avaaz.org/fr/whales_last_push/98.php?CLICKTF

Grâce à cette mobilisation mondiale, beaucoup de gouvernements ont promis de rejeter la proposition. A chaque fois que la pétition d'Avaaz pour les baleines a dépassé les 100 000 signatures supplémentaires, nous l'avons envoyée à la Commission Baleinière Internationale et aux gouvernements-clés -- et certains pays, comme la Nouvelle-Zélande, nous ont remercié d'avoir lancé cette pétition.

Mais le camp adverse n'a pas cessé de faire pression sur d'autres gouvernements, et certains pays d'Europe et d'Amérique Latine pourraient s'abstenir...voire voter en faveur de la proposition. Ce vote est plus que jamais incertain.

La pression citoyenne est notre meilleur espoir. Après tout, c'est une mobilisation générale à l'échelle mondiale qui a permis d'obtenir dans les années 80 l'interdiction de la chasse commerciale à la baleine que nous tentons aujourd'hui de maintenir. Alors que débutent aujourd'hui, jeudi 17, les premiers travaux de la Commission Baleinière Internationale au Maroc, et que le vote crucial aura lieu dans moins d'une semaine -- à nous de faire en sorte que les participants soient accueillis par l'appel des citoyens du monde entier:

https://secure.avaaz.org/fr/whales_last_push/98.php?CLICKTF

Après l'entrée en vigueur de l'interdiction mondiale sur la chasse commerciale, le nombre de baleines tuées chaque année a chuté de 38 000 par an à environ 2000 par an. C'est la preuve que l'humanité a le pouvoir d'agir dans le bon sens. Alors que nous sommes confrontés à de nouvelles crises liées à notre époque, à nous de prendre soin de ce progrès dont nous avons hérité -- pour cela mobilisons-nous ensemble pour continuer à protéger ces créatures majestueuses et intelligentes vivant à nos côtés sur cette planète fragile.

Avec espoir,

Ben, Ben M, Maria Paz, Benjamin, David, Graziela, Iain, Luis, Ricken, et toute l'équipe d'Avaaz

P.S.: Malgré le moratoire en vigueur, le Japon, la Norvège et l'Islande ont continué à chasser les baleines -- et à présent ces pays font pression pour obtenir un réglement de la Commission Baleinière Internationale le plus souple possible. Comptant sur une autorisation lui permettant de chasser encore plus de baleines qu'auparavant, le Japon s'apprêterait à acheter le plus gros bateau de chasse de toute sa flotte. Cliquez ici et signez la pétition pour le maintien de l'interdiction de la chasse commerciale à la baleine: https://secure.avaaz.org/fr/whales_last_push/98.php?CLICKTF

SOURCES:

Les enjeux du vote de la semaine prochaine et l'opposition de la France au compromis de la CBI:
http://tinyurl.com/3xqbu3b

La Nouvelle-Zélande également opposée au compromis de la CBI, Romandie:
http://www.romandie.com/infos/news2/100423043520.uthcv1qw.asp

"Le Japon accusé de corrompre des Etats pour leur soutien à la chasse à la baleine", Le Monde
http://www.avaaz.org/lemonde_japon

L'autre camp, le président de la CBI défend sa proposition, Communiqué:
http://www.avaaz.org/communique_CBI

"La baleine à table et dans l'armoire à pharmacie", AFP - les pays "chasseurs de baleines" anticipent la levée de l'interdiction et développent les projets de produits dérivés des cétacés:
http://tinyurl.com/37zut8l

Vendredi 18 juin 2010 5 18 /06 /Juin /2010 10:08
- Par isabelle - Publié dans : sujets brulants - Communauté : ARCHITECTES D'INTERCOEURS
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http://hommelibre.blog.tdg.ch/media/01/02/1997770546.jpg



Adresse à celles qui portent volontairement la burqa

Après que les plus hautes autorités musulmanes ont déclaré que les vêtements qui couvrent la totalité du corps et du visage ne relèvent pas du commandement religieux mais de la tradition wahhabite (Arabie Saoudite) pour l'un, pachtoune (Afghanistan / Pakistan) pour l'autre, allez vous continuer à cacher l'intégralité de votre visage ?
Ainsi dissimulée au regard d'autrui, vous devez bien vous rendre compte que vous suscitez la défiance et la peur, des enfants comme des adultes.
Sommes nous à ce point méprisables et impurs à vos yeux pour que vous refusiez tout contact, toute relation, et jusqu'à la connivence d'un sourire ?
Dans une démocratie moderne où l'on tente d'instaurer transparence et égalité des sexes, vous nous signifiez brutalement que tout ceci n'est pas votre affaire, que les relations avec les autres ne vous concernent pas et que nos combats ne sont pas les vôtres.
Alors je m'interroge : pourquoi ne pas gagner les terres saoudiennes ou afghanes où nul ne vous demandera de montrer votre visage, où vos filles seront voilées à leur tour où votre époux pourra être polygame et vous répudier quand bon lui semble, ce qui fait tant souffrir nombre de femmes là-bas ?
En vérité, vous utilisez les libertés démocratiques pour les retourner contre la démocratie. Subversion, provocation ou ignorance, le scandale est moins l'offense de votre rejet que la gifle que vous adressez à toutes vos sœurs opprimées qui, elles, risquent la mort pour jouir enfin des libertés que vous méprisez.
C'est aujourd'hui votre choix, mais qui sait si demain vous ne serez pas heureuses de pouvoir en changer.
Elles ne le peuvent pas...
Pensez-y.

Elisabeth BADINTER
 

une fois n'est pas coutume, ce soir, je publie les mots d'une femme qui prend
parti de manière claire.
cet article est merveilleusement bien tourné et je ne peux, en tant que femme, que me ralier à "ces vérités".
Vendredi 26 février 2010 5 26 /02 /Fév /2010 22:55
- Par isabelle - Publié dans : sujets brulants - Communauté : ARCHITECTES D'INTERCOEURS
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Chatouillis méningés

 

 

porcelaine1900-copie-1  

 

Je ne peux pas dire

qui je serai demain.

Chaque jour est neuf

et chaque jour je renais.
Paul Auster

Un peu de Moi

En Musique ...

 

 

 

 

 

  femmeorange

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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  • isabelle Cassou
  • dépressive utopiste: isabelle
  • Femme
  • cinema poesie philosophie lire écrire
  • une depressive idéaliste qui veut croire en l'humain, qui n'acceptera jamais la communication à travers la violence, la guerre. j'ai la chance de vivre dans un pays où je suis libre de dire , d'écrire, le faire est un droit mais surtout un devoir

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