
Au plus fort de ma déprime, au plus profond de ma mélancolie, je me souviens à jamais de cette chape de noirceur dans laquelle je me suis chaque jour un peu plus enfermée.
Elle est gravée en grandes lettres noires, sombres dans ma mémoire. C'est elle qui m'a conduite au bord du gouffre, c'est elle qui m'a fermée tout horizon, c'est elle qui a failli m'ôter un dernier souffle de vie.
Et même si tout ce qui brille n'est pas d'or, j'ai pour vivre un besoin impérieux de lumière, de couleurs.
Le soleil est, en cette période hivernale, notre plus grand manque. Certes, il fait anormalement doux, mais les journées sont courtes, la lumière morne, faible, sans ce lustre qui réchauffe nos corps, nos coeurs et nos âmes.
Aujourd'hui, j'ai longuement cheminé, trois ans et demi sont passés. Les médicaments me servent encore de béquilles, mais je marche, j'avance. Mes pas sont incertains, parfois je dérape, parfois je tombe, mais plus le temps passe et mieux j'apprends à me relever. plus je savoure la chance merveilleuse que j'ai d'y être aidée par ce qu'il n'est pas vain d'appeler mes proches, mes amis.
Il ne suffit pas de remettre bêtement ses deux pieds sur terre, il convient surtout de le faire avec intelligence, discernement, à un rythme lent, dans la sérénité autant que faire se peut.
Il convient de valider chaque étape, de l'ancrer dans la réalité afin de continuer la route.
Je commence à comprendre que rien n'est acquis, que chacun écrit son propre mode d'emploi dans le présent, au jour le jour.
La projection dans l'avenir est une lumière forte, bien trop brillante pour mes yeux encore sensibles. Elle me renvoie toujours avec la même violence à mes doutes, ces doutes insidieux, perfides, manipulateurs. Et, pourtant, n'en suis je pas la seule et unique instigatrice ? Nul autre que moi ne les crée, ne les vit, ne les ressent voire pressent. Il n' appartient qu'à moi de les dompter puisque je commence à deviner que jamais, je ne les vaincrais.
Vous allez sourire, mais en bonne cartésienne que je suis, je pensais que la psychiatrie, science médicale, allait m'offrir LA vérité, les solutions, la marche à suivre.
Avec le recul, je me rends compte que toutes ces précieuses découvertes faites sur moi, sur ma vie, viennent de mon tréfonds, viennent de ma seule perception non pas de LA vérité, mais DES vérités, de MES vérités. J'ai décidé, en accord avec ma personnalité, que toutes ces vérités étaient bonnes à dire ou à écrire. Je ne m'astreins à aucune censure. Ce serait faire insulte à mon honnêteté et il est au dessus de mes moyens de mentir, encore moins de me mentir.
Mes vérités sont simples et si complexes: briser ce qui reste de vernis autour de moi, re-découvrir cette jeune fille que j'ai laissé un jour sur le chemin, il y a très longtemps, l'écouter, l'aider à grandir, à s'épanouir au fil du temps, dans le respect qui lui est du. Moi, l'impatiente patentée, me voilà dans l'obligation de composer, d'attendre. Je peux piaffer tout mon saoul, je n'avancerai pas plus vite.
J'ai trouvé en moi, grâce à des perceptions extérieures,des techniques de relaxation, le yoga, une voie lumineuse, colorée, rassurante, une voie et une voix de paix intérieure, une manière de me réapproprier ce corps délaissé.
Cette lumière est douce, elle est vivante, tonique malgré son calme. Je ne bouge plus, je me meus (mais non, heuu, pas meuh ! bin on est pas obligé de prendre toutes les vérités au sérieux, pfffff, faut bien s"amuser un peu, non ?) , je ne brasse plus l'air, je le respire. Je sors d'un cours de Yoga, je vous livre la vérité de cet instant, ce merveilleux voyage en moi et vous l'offre juste pour aller vers vous.
Que votre journée soit lumineuse !
Heu, promis, monter une communauté hippy ne fait pas partie de mes projets futurs, mdr !
encore Monet , merci Monsieur de si bien toucher mes yeux, mon coeur, vous aussi, vous êtes un magicien. j'en connais un autre, mais chut, c'est un secret ! mon plus doux sourire, rien que pour lui... ...lui seul sait à quel point il est doux, tendre et un brin coquin, oops! Chuuuuuuuuuuuutttttttttt.........
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Une déprimée au régime n'est pas pour autant sotte.

dites le moi ....