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Jeudi 17 mai 2007
Risque de raz de marée sur Rodrigues, une grande vague venant de l’antarctique a déjà emporté 3 pêcheurs et deux gardes cotes, samedi. Les plongées sont bien sur interdites.
Me voilà partie après une bonne nuit de sommeil, enfin, pour une ballade sur l’île en pick up.
Je pars vers la capitale : port Mathurin. Ville au charme désuet des villages que nous connaissions dans le temps. Le commerce est principalement tenu par les chinois. Ce sont des échoppes aux façades bigarrées, aux couleurs vives ; à l’intérieur se trouve de tout, de l'objet hyper kitch qui date de mathusalem aux produits Tech dernier cri. La ville n’a guère changé depuis mon premier passage, il y a 7ans, peut être une banque en plus, un magasin de téléphones portables qui fonctionne ici depuis environ 5 ans.
Je me souviens de son arrivée, ce fut un grand évènement, tout le monde attendait téléphones fin prêt l’heure où enfin …
Je repars vers les bords de l’eau et me laisse porter par les routes
jusqu‘à arriver vers des sentiers en terre ou sable battu. J’ai alors l’impression de naviguer sur une terre presque vierge où peu de gens
s’aventure.
Les personnes que je croise me sourient, font un signe de la main, accompagné d’un bonjour. Cette façon simple de regarder l’autre, de lui prêter attention, c’est déjà un grand
voyage !
Dans la montagne, je croise les enfants en uniforme qui sortent de l’école. Les petites boutiques alentour sont prises d’assaut par les écoliers pour acheter un petit bonbon.
La marchande les sert avec un grand sourire essayant de contenir cette petite foule gourmande.
Alors que je me retrouve sur un chemin près de la mer, en descendant prendre une photo, les enfants intrigués approchent et posent en riant pour être pris tous ensemble, une petite fille aux chouchous roses, prend des poses, s’amuse regrette que je parte déjà …
Je longe des petites cabanes de pêcheurs, dans le lagon sont posées les pirogues de pêches, les ourites (pieuvres) sont étalées au soleil entre 2 morceaux de bois.
Je repère que le soleil commence à descendre et essaie de le suivre quand je suis arrêtée par la police, c’est l’ascension, aujourd’hui, l’église est pleine à craquer, nous sommes arrêtés le temps que les ouailles se dispersent.
Il est temps de prendre le chemin du retour, la nuit tombe vite, ici, et les routes ne sont pas très bien indiquées. Comme prévu, je n'ai pas de portable, je me sens libre.
Le soleil est tombé et de pales rayons continuent à éclairer la mer, le lagon prend une teinte argentée d’ où les ombres des bateaux se détachent. La lumière est magique. Le moment a un goût délicieux d’éternité, simplissime don de la nature, la vraie celle que personne n’a pervertie, détruite, pillée : nous sommes à Rodrigues, perle quasi intacte des Mascareignes.
à
la sortie de l'école