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J’ai appris ce matin que les bus parisiens peuvent contrairement aux idées reçues freiner normalement sans balancer les mamies ou les enfants au fond du bus à chaque arrêt.

J’entre dans le métro  à la Défense. Une jeune fille brune, au regard sombre est assise. Son compagnon de voyage est debout près d’elle. Elle a un visage un peu typé, grecque peut être, de très grands yeux, des traits  droits, coupés à la serpe, un long nez, des pommettes saillantes. Elle est habillée simplement, peut être un rien classique. Il a comme elle sans doute 18 ans, les cheveux longs, blonds, enfermés en  une queue de cheval un rien  bouclée.

Elle sort une calculatrice, vous savez de celles qui gardent tout en mémoire. Ils parlent, j’entends par bribe.  Elle pianote quelques chiffres et la donne  au garçon qui est au dessus de son épaule, tendant vers lui son grand regard noir, qui déjà commence à s’assombrir. Il tape lui aussi, regarde, lui dit « ce n’est rien, t’inquiètes pas ». Mais les yeux de la jeune fille restent interrogateurs, fébriles.

Elle est là confrontée à son erreur, à un examen, peu importe lequel. Son cou tendu, son visage levé vers lui comprennent que son résultat est faux. Le garçon tente en vain de la rassurer. Elle lui reprend des mains la calculatrice, ces yeux son tristes.

Chatelet, je les lâche des yeux, traverse le quai et monte  deux minutes plus tard dans le métro.

Je   les retrouve dans le fond du wagon prés de la porte. Elle a posé son front sur la vitre et je ne vois que sa nuque, ses muscles tendus. Je ne peux voir  son regard mais l’imagine triste et morose. Lui est ennuyé, peut être tout aussi triste qu’elle de lui avoir révélé son erreur. Il lui dit quelques  mots que je suppose rassurants.

Port royal, ils sortent. Il marche derrière elle, le corps un peu courbé, comme s’il portait une part de son chagrin. Elle a ce regard humide qui présage la peine. je les quitte au détour d’un couloir.

En face de moi s’assoie un garçon turc, je le sais car il a ces yeux  si fascinants que certains d’entres eux  ont, des yeux clairs, limpides habillant une peau mate.

Il joue à un jeu vidéo. Son téléphone vibre dans sa poche. Il le sort et bavarde avec son interlocuteur, rendez vous est pris à « bel air ». Un jeune homme brun  portant un casque sur les oreilles le regarde et sans un mot, d’un signe de la tête lui signale qu’il a laissé tomber un objet. L’enfant le ramasse remerciant le jeune  homme au  visage semble t’il volontairement patibulaire. Aucun mot n’est échangé, entre « durs », ça ne se fait pas ! pas même un sourire, ce ne serait pas éthique.

Antony, je descends, et prend « nos » bus qui eux freinent brutalement, nous faisant perdre l’équilibre. Deux garçons, hauts comme trois pommes, épais comme des haricots verts extra fins, bavardent  de leur future tenue vestimentaire, citant des marques prestigieuses.  Leur coiffure est une savante construction à la crête  « gélifiée ». Des filles montent et l’on retrouve deux ados hors de leur époque, juste deux ado regardant les filles.

Je descends, garde en moi ces petits morceaux de vie et vous les livre dans leur plus nue simplicité.

Regarder l’autre, c’est tout bête et si merveilleusement humain.

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J’inaugure ainsi une nouvelle rubrique que j'appellerai:
"Brèves de vie».

Vendredi 22 juin 2007 5 22 /06 /Juin /2007 00:55
- Par isabelle - Publié dans : brèves de vie - Communauté : L'écriture dans tous ses états
mouillez vous !!! - les 6 sont encore tout humides ...
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  • isabelle Cassou
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  • une depressive idéaliste qui veut croire en l'humain, qui n'acceptera jamais la communication à travers la violence, la guerre. j'ai la chance de vivre dans un pays où je suis libre de dire , d'écrire, le faire est un droit mais surtout un devoir

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