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13 octobre 2008 1 13 /10 /octobre /2008 00:00




Il y a deux jours , j’ai écrit ce texte plus ou moins à chaud au sortir de mon séjour en clinique .

 

Je suis en colère : on me demande d’être mon propre ennemi

Je sors de 5 jours de clinique spécialisée  afin de traiter mon surpoids. Le but du jeu étant dans l’immédiat de faire un point santé afin de gérer le problème dans son intégralité.

J’ai beaucoup écrit durant ces 5 jours, j’ai beaucoup ressenti, réfléchi voire ruminé, cheminé.

J’ai constaté des disfonctionnements lors de mon séjour qui m’ont amené à faire une critique que j’ai voulu constructive à partir de mon vécu.

Il se trouve que la nutritionniste a écouté mon ressenti, le psy lui en a « jugé » autrement.

Il a beaucoup argumenté lors du RDV pour arriver à dire : «  vous vous trompez d’ennemi, la clinique n’est pas votre ennemi…  », Je m’insurge alors et lui fait savoir que ce mot est  totalement disproportionné et que mes propos ne le justifient nullement. L’entretien prend alors le chemin d’un dialogue de sourds. Il reste dans sa logique : « la clinique vous offre des outils afin de perdre du poids ». J’acquiesce sans réserve. Précisant toutefois que  j’ai assisté à 2 réunions hallucinantes où le niveau des intervenants était navrant de médiocrité, en passant sur la blouse maculée de taches. ; Et qu’alors  j’ai eu la nette impression que le professionnalisme des diététiciennes était peu flagrant. Sur ce, je ne leur en veux pas puisqu’elles étaient élèves et semble t’il débutantes mais l’ennui est qu’elles ne furent absolument pas encadrées. De ce fait, j’ai douté un peu. Il me répond que je pinaille, que je ne m’attache pas à l’essentiel et que je cherche de mauvais prétextes. J’argumente alors en précisant que je ne remets pas en cause mon problème de surpoids mais que simplement je m’estime en droit de faire le tri quant aux  moyens employés afin qu’ils m’apportent ce qui m’est nécessaire. Or, j’ai lu sur les brochures de la clinique que ces soit disant cours de diététique ont un caractère obligatoire.  Pour info, j’y ai appris en vrac : que la congélation arrête la date de péremption d’un produit frais, ou que si un aliment contient, pour 100 grammes,  30% de sucre, il reste environ 80 % du reste (ça doit être des maths modernes), où on me dit le matin que je peux boire de l’eau gazeuse à profusion et le soir on me prétend le contraire. J’ai entendu bien pire et me suis crue dans la cour d’une maternelle.  Je m’interroge donc car je ne souhaite pas participer à ces interventions contrariant ainsi le contrat tacite qui me lie lors de mon séjour à un « cahier des charges thérapeutique. Il me répond alors qu’il n’a aucune connaissance de ce qui se passe dans la clinique et que cela ne le concerne pas.

Incroyable ! Je rentre dans un établissement qui se vante de traiter l’obésité de manière globale et de ce fait multi disciplinaire et j’apprends qu’un des acteurs principaux de ce plan thérapeutique joue cavalier seul sans communication avec le reste de l’équipe et sans plan cohérant pluri disciplinaire.

« Si vous ne voulez pas vous plier à …, que faites vous ici ? Vous oubliez l’essentiel :

Votre surpoids est votre ENNEMI ».  Du tac au tac et un rien éberluée voire sonnée, j’ai répondu « non, absolument pas ».

Il répond : « Alors, il n’y a plus rien à dire », alors qu’effectivement je tentais  encore vainement de faire valoir mon point de vue avec une impatience non feinte. Je répondis : « en effet, tout est dit ».

Je suis allée à ce RDV calme  bien qu’angoissée et pleine d’interrogation s, je suis ressortie en colère et choquée par les propos tenus par quelqu’un qui est censé avoir un minimum de maitrise sur les mots. J’attendais de ce moment un apaisement de mes inquiétudes, l’aide, l’accompagnement psy tant vanté sur les brochures.

 

ENNEMI : définition du Littré :

Celui, celle qui hait quelqu'un, et cherche toutes les occasions de lui nuire. Un ennemi déclaré. Ennemi mortel, irréconciliable.

 

En substance, on me dit que je dois non pas m’appréhender, mais me combattre, faire la guerre, mener une bataille contre mon propre corps, je dois haïr une partie de moi-même puisque pour l’heure ce surpoids est que je le veuille ou non intimement est intimement lié à ma chair.

Je suis dépressive, traitée depuis 5 ans, le surpoids fait souffrir mon corps, pas plus que ça mon âme parce qu’elle  a bien assez de chats à fouetter, quel bénéfice pourrait elle tirer à lui imposer une guerre  intestine contre mon corps ?

J’ai une vie sociale normale, j’ai une vie sensuelle délicieuse, je ne suis pas atteinte par le regard des autres car j’ai bien d’autres atouts pour les séduire que mes courbes par trop arrondies.

Mon surpoids est à terme un risque pour ma santé, celle de mon corps.

 

Toute ma vie, j’ai imposé à mon corps de rudes combats, j’ai fait la guerre, Mr le psy, à coup de 30 kilos dans la vue, puis 20 par là, etc.…. j’ai gagné à chaque fois, la bataille, j’ai martyrisé mon corps, je l’ai frustré, abimé, maltraité, affamé, épuisé, par des moyens divers et variés, toujours encadrée par un imminent spécialiste médecin.

Et au bout du compte, mon corps a riposté, m’a porté l’estocade à chaque fois plus rudement, pour 20 perdus, j’en reprenais 25 puis 30, et enfin 40 lors de la dernière lutte.

Alors, aujourd’hui, Mr le psy, je veux choisir les moyens, les moyens de respecter à nouveau mon enveloppe, de l’appréhender avec bienveillance voire même une certaine tendresse.

J’ai un esprit critique, oui, je ne suis pas un mouton de panurge venu ici pour obéir et participer à des activités qui mettent en cause mon intelligence, oui, je suis agacée quand on me demande si une banane est un fruit ?, tout simplement parce que cela insulte mon intelligence, oui, je ne supporte pas que l’on m’infantilise en diminuant si fort le niveau du discours que je me retrouve dans une cours de récréation en maternelle.

Le gros est malade, il souffre, mais il n’est ni décérébré, ni un enfant.

Oui, Mr. le psy, je pense même que l’infantiliser en le prenant pour un imbécile ne le mènera jamais vers une autonomie alimentaire ou affective.

 

Mon but ultime dans la vie, Mr le psy est de trouver la PAIX, la SERENITE, trouver enfin une réconciliation  avec moi-même, une harmonie, un EQUILIBRE.

Ce que je suis venue chercher dans cette clinique, c’est un accompagnement  vers  L’EQUILIBRE ALIMENTAIRE, apprendre que l’excès par manque ou par trop plein est une hérésie, est un danger pour mon être, apprendre à respecter mon corps, apprendre à l’aimer, à le nourrir, je viens me recentrer, réapprendre l’essentiel : le respect de moi de ma psyché certes mais aussi de mon enveloppe charnelle.

Mon corps n’est pas mon ENNEMI, il est au contraire mon ami le plus intime et je viens apprendre ici comment en prendre enfin et vraiment soin.

 

 

 

 

 

 

Affin d’étayer mes propos :

 

SERVICE DE PSYCHIATRIE ET DE PSYCHOLOGIE MEDICALE CHU ANGERS 2003

A ce tableau plutôt sombre, encore convient-il d’ajouter les situations de désarroi et de détresse psychologiques induites par les très fréquents échecs de tentatives itératives d’amaigrissement. Si celles-ci sont réputées à juste titre retentir sur l’humeur dans un sens dépressif et anxieux, il est moins connu qu’elles sont tout autant susceptibles d’entraîner de novo des troubles surajoutés du comportement alimentaire, à type d’échappements compulsifs, parfois pseudo-boulimiques, survenant sur fond de restriction prolongée, pénible et frustrante. L’effet yo-yo , les variations en accordéon du statut pondéral et au final l’incapacité désespérante à contrôler la conduite alimentaire viennent alors négativer encore, assombrir et dévaluer un peu plus l’image et l’estime que le sujet a de lui-même : «  Non seulement je suis gros, obèse, une masse de chair haïssable, un monstre ou un tas informe, mais encore je suis incapable de perdre du poids, je n’ai aucune volonté et donc, je ne vaux rien… ».

Attentifs depuis une à deux décennies à ces vécus intenses de haine et de mépris de soi, nutritionnistes et diététiciens interrogent de plus en plus leurs pratiques et en viennent à se demander, comme Michelle Le Barzic, si, en se conformant mécaniquement à des régimes standards (1200 calories/24h), les médecins à tout coup n’ont pas prescrit l’échec à l’obèse et s’il ne conviendrait pas, plutôt que de viser des objectifs pondéraux irréalistes ou non personnalisés, d’apprendre au patient à faire la paix avec lui-même, à assouplir le regard critique qu’il porte sur lui  et à retrouver confiance et estime. Dans un certain nombre de cas, spécialement quand l’obésité se présente comme une solution plus qu’un problème, l’abstention peut constituer une mesure de prudence.

 

 

 

*Professeur des Universités-Praticien Hospitalier, Chef du Service de Psychiatrie et de Psychologie Médicale – C.H.U. Angers

**Praticien Hospitalier, Service de Psychiatrie et de Psychologie Médicale – C.H.U. Angers

***Professeur des Universités-Praticien Hospitalier - C.H.U. Angers

****Professeur des Universités-Praticien Hospitalier – C.H.S. Bron

 

Psychologie.com

 

Après des années de dépression, j'ai retrouvé l'énergie pour combattre mes kilos. Je maigris doucement, prenant le temps de m'habituer à ce nouveau corps. Mais une phrase me hante : 95 % des régimes sont des échecs, seulement 5 % de réussite ! Pourquoi ? Je suis suivie par une nutritionniste et je suis une thérapie pour aborder l'image de mon corps et les raisons de mon obésité. Mais pourrais-je réussir là où tant d'autres échouent ?
Esperanza, 31 ans
La réponse de Gérard Apfeldorfer

Sur une période de 6 mois à un an, environ les trois-quarts des personnes faisant un régime perdent du poids. Mais si on considère une période de 3 à 5 ans, 80 à 90 % des personnes pèsent autant ou davantage après un régime amaigrissant !

L’horrible vérité est qu’il n’existe pas à ce jour de méthode amaigrissante simple (de nature diététique, médicamenteuse ou autre) qui serait efficace dans la durée et non dangereuse pour la santé.
Pis encore : on considère aussi que dans environ 30 % des cas, maigrir est mathématiquement impossible. Certaines personnes, pour des raisons génétiques, ou à la suite de régimes répétitifs, ont un métabolisme si économe qu’elles ne pourront jamais perdre leur graisse.

Vous avez bien mesuré la difficulté de la tâche, puisque vous avez entamé un travail psychothérapique, souvent bien utile : manger en excès est fréquemment un mécanisme de défense archaïque ; et mincir passe par une
réconciliation avec son corps et avec soi-même.
Mais il faut aussi se réconcilier avec tous les aliments qu’on aime, être capable d’en manger sans peur, dans la sérénité, des quantités correspondant à son appétit du moment. Un travail sur le comportement alimentaire est donc souvent nécessaire

À vous lire, je vois que vous avez compris qu’il n’y a pas à attendre de miracle, que des changements durables correspondent à un long chemin. Vous êtes donc sur la bonne voie. Persévérez !

Gérard Apfeldorfer est psychiatre et psychothérapeute
http://images.psychologies.com/transparent.gif





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commentaires

Rébecca 15/11/2008 11:57

Bon courage Isabelle ! simplement te dire que je pense à toi dans cette épreuve qui me semble vraiment très difficile. Bon week-end. Amitiés Rébecca

isabelle 18/11/2008 20:28


bin c'est juste de la discipline et beaucoup de bonne volnté, merci de ton soutien, il me fait du bien et me va droit au coeur


Quichottine :0010: 13/10/2008 10:07

C'est ce qui m'a semblé le plus terrible dans ce que tu racontes... Le peu de cohérence entre le discours presque publicitaire (je ne sais pas si c'est le bon terme) et la réalité de ce que tu vivais. Bizarre quand même de ne pas avoir de respect pour celui qui a besoin de parler...C'est donc sur le Net que tu vas chercher tes réponses...Et je suis heureuse de voir que tu en trouves.Passe une belle journée, Isabelle !

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