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2 décembre 2008 2 02 /12 /décembre /2008 12:56

 

 

 

 

 

 

 

J’ai bien dormi, comme c’est agréable !

Je me réveille moins nerveuse, moins ronchon.

Je n’ai pas faim, enfin pas plus que ça.

Je vois le pneumologue, un monsieur charmant, avec qui je refais le monde un moment, et qui me confirme que l’arrêt de tabac rend mes poumons fort alertes.

Et voici mon premier soin, un massage d’une kiné qui « maltraite » mes charnières dorsales pour mon plus grand bien.

Elle m’explique quelques mouvements à faire en piscine.

Enfin, je revis : de l’EAU, enfin au bout de trois jours de quasi totale inactivité, je peux bouger.

 

En passant dans le hall, j’entends « bin, quel peps ! Incroyable ! ».

Je suis perdue, il semblerait qu’ici, bouger relève de l’exploit.

Je sais que c’est un peu vache d’écrire cela, car j’ai la chance que mon poids n’ait pas abîmé mon corps.

Mais zut, tout de même, il y a bien des obèses actifs, non ?

 

Je vois la nutritionniste et tente de lui expliquer mon ressenti sur ma journée de la veille, de manière plus constructive et indulgente ayant eu le temps de décanter.

Je n’ai pas des certitudes sur tout, loin s’en faut. Cependant je ne suis pas venue ici afin de chercher un quelconque « assistanat », mais un accompagnement simple, une prise de conscience, une mise en route.

Je ne me sens pas membre de la « famille des O »,  opprimée et malmenée par les autres.

La nutritionniste semble comprendre  et me dit :

-  vous savez environ 70% de la clientèle ici recherche un total assistanat. Une dame à qui j’ai recommandé d’éviter les graisses, je parle simple, je dis gras non pas lipides, m’a demandée à la fin de la consultation : « et les sardines à l’huile ? », alors oui, parfois c’est un peu lassant et ça laisse rêveur, non ? »

 

Le regard de « ceux qui jugent sur l’apparence » ne m’atteint pas.

Je pousse même le bouchon plus loin, ces personnes sont si étroites d’esprit que je les considère personna non gratta dans mon entourage, nous sommes faits pour ne pas nous entendre.

Quant à la séduction, elle n’est pas affaire de kilos en plus ou en moins, elle est affaire de charisme,  du pouvoir de déclancher : émotions, sourires, envies …

Dois-je m’inventer une souffrance qui n’est pas mienne ?

Qui dois je ainsi rassurer : les médecins, la société, moi ?

 

Je vais écrire une horreur, un terrible constat, en quatre jours, aucun ni aucune des obèses croisés ici ne m’a « émue ».

Si, une, elle venait de perdre 1.8 kg en une semaine et elle était délicieusement excitée d’avoir entamé sa perte de poids de 10 kg obligatoire avant une intervention :

«  Incroyable, c’est fou, je n’arrive pas à y croire, 1.8 kg, je ne vais pas dormir de la nuit tellement je suis heureuse !». Elle m’a émue par sa sincérité.

Sinon, rien, pas d’émotion, juste une immersion à l’insu de mon plein gré dans une « minorité » ou voulant passer pour telle,  où je ne me reconnais pas, où tout se fait dans la lenteur, la contrainte.

 

Je me rends au RDV avec le psy. Je lui parle de mes angoisses d’hier.

Il estime que je me braque sur des détails en oubliant l’essentiel, il n’a pas tort, puis il arrive à me dire :

-          vous vous trompez d’ennemi, la clinique n’est pas votre ennemi.

-          en effet, je suis d’accord et trouve le terme totalement disproportionné.

J’argumente, tente d’expliquer ce que je ressens, il n’écoute pas, me reproche de couper les cheveux en quatre, incroyable, un psy après quatre ans d’analyse me reproche de choisir mes mots, de leur accorder trop d’importance.

-          on vous offre des outils, prenez ceux que vous voulez, me dit il

Je suis d’accord, pourtant le règlement de la clinique stipule bien que certaines activités sont obligatoires, entre autre ces fameux cours de diététique ; je n’adhère pas : libre à moi !

Il me dit ne pas être au courrant des usages de la clinique et ne  pas s’y intéresser, étonnant, où est le cohésion de l’équipe pluri disciplinaire considérant l’obésité dans sa globalité ?

L’entretien vire au conflit inutile, je le fais savoir.

Alors, tombe la phrase choc :

-          votre ennemi est votre surpoids.

Je suis l’espace d’un instant sonnée par le mot, je réfléchis quelques secondes et répond :

-          non, certainement pas

A cet instant, c’est mon instinct, ma spontanéité qui dicte ma réponse. Cependant cette négation est forte sans ambiguïté, une vraie évidence.

     - dans ce cas, vous n’avez rien à faire ici, il n’y a plus rien à dire, me dit il

     - en effet, tout est dit.

Il est possible que j’aie alimenté ce  conflit. D’entrée de jeu, je n’ai pas aimé l’attitude de cet homme froid et austère, avare de sourire, d’humanité.  Je sors de cet entretien énervée, angoissée, très remontée, emplie d’incompréhension. J’ai eu l’impression de ne pas être écoutée.

Est ce le but du « jeu » ?

Je ne sais pas si je veux continuer dans ces conditions, trop de remue ménage, trop d’émotions négatives, d’exaspération.

Je repars à la piscine et décharge mon agressivité larvée, ma colère dans l’eau, cette eau que la baigneuse bénit tant.

Pendant une heure je bouge, je patauge, je m’étire, je me calme.

Une idée prend place :

Ce surpoids, ennemi ou pas doit disparaître, c’est le seul objectif d’une future hospitalisation de vingt quatre jours  en novembre.

 

J’ai paniqué à mort durant ces quatre jours, j’ai navigué à vue, sans trop comprendre, assimiler. Je n’ai pas été ou je n’ai pas su me rassurer.

Cette hospitalisation qui m’enferme dans un lieu clos, me ramène quatre ans en arrière lors de mes hospitalisations en psy.

Tout est encore si fragile, TROP fragile, je gère tant bien que mal, la dépression, le poids, le traitement, mon corps, mon âme, mon cœur.

 

Je sors le lendemain, j’achète le petit livre de diététique (tout se paie).

Je suis heureuse de sortir et très marquée par ces quatre jours intenses.

 

La suite, je l’ai déjà publiée, je  vais la remettre afin que mon récit reste cohérent.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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  • une depressive idéaliste qui veut croire en l'humain, qui n'acceptera jamais la communication à travers la violence, la guerre. j'ai la chance de vivre dans un pays où je suis libre de dire , d'écrire, le faire est un droit mais surtout un devoir
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