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4 décembre 2008 4 04 /12 /décembre /2008 23:31







Mon corps commence à me faire ressentir les effets du sport, je ne suis cependant pas courbaturée enfin pas plus que ça, à mon grand étonnement.

Je me rends compte que je suis là depuis déjà une semaine. Le temps passe vite. Dans la journée, les activités sont variées.  Je participe au maximum sachant que je ferai le tri semaine prochaine.

 

Petite anecdote à midi :

L’infirmière rentre de ma chambre et voyant le plateau repas sur la table et moi travaillant sur l’ordinateur, me dit

-          He bien, la vilaine, ELLE est sur l’ordinateur alors que le repas est servi.

Du tac au tac je lui réponds :

-          Pourquoi me parler vous de cette manière ? c’est bon je vais manger, il n’est pas nécessaire de m’infantiliser, suis une grande fille !

-          Heu mais non, c’était de l’humour !

-          Ha étrange, tout de même

-          bon je vois qu’on ne peut pas plaisanter avec vous, me répond t’elle

Et elle repart en faisant la gueule.

Je conçois volontiers que mon sens de l’humour en ait pris un coup depuis ma déprime, pourtant, j’ai 48 ans et me parler comme à une môme de 10 prise  en faute ne m’apparait pas comme hilarant.

Va falloir que je songe à recycler mon humour !

Après coup, ça me rappelle les « Bidochon assujettis à la sécurité sociale ». Vous vous souvenez ? Plein de gens dans le domaine de la santé  vous envoie du « il ou elle » au lieu du vous, comme une distance entre soigné et soignant, venue d’un autre temps.

 

Je participe à un groupe de paroles. Je ne pense pas que ce qui s’y est dit soit spécifiquement lié à l’obésité. Sur ce un échange d’idées et un partage  encadré est assez stimulant pour l’esprit.

Si en clinique psychiatrique, je pouvais dans le contexte vivre sans aucune vie sociale, ici, et vu mon rétablissement psy justement, c’est bien plus pesant.

Les soirées sont clairement  longues.

 

En milieu d’après midi, conférence sur l’activité physique, le jeune homme a un discours fluide, cohérent, une bonne maitrise du sujet et un « ascendant pédagogique » de bonne qualité sur le groupe (nous sommes très, voire trop nombreux).

Et voilà qu’au creux d’une phrase revient cette notion de combat. Bien sur, je m’insurge.

-          Ce n’est qu’un mot, me dit il

Oui, c’est un mot, un mot fort, un mot qui n’est absolument pas neutre, un mot totalement connoté.

Il le reprend de suite et le remplace par démarche, je lui en sais gré.

Cependant, j’éprouve encore cette même fougue à ne pas accepter cette notion de combat contre soi même. Peut être, suis-je trop pacifiste, trop anti militariste, peut être ai-je trop combattu ?

Mais le mot combat est rude et totalement à l’encontre de ma démarche. Encore une fois, ces propos n’engage que moi et si je les partage c’est afin de faire connaitre ma réflexion, mon vécu, non pas pour dicter des règles, mais afin d’en tirer une philosophie de réconciliation avec moi même.

Il y a actuellement, vu les avancées scientifiques, un consensus à peu prés général, sur le fait que les « régimes » dans le sens hyper restrictif où on les entendait  sont  stupides et laissent des traces irrémédiables sur le corps qui les gardent en mémoire.

 

Cependant, personne ici  ne semble vouloir aller plus loin et avoir une démarche philosophique un peu plus poussée, en introduisant la notion d’harmonie, de conciliation, entre l’obèse et son corps.

C’est fou, je n’explique pas enfin si je crois, mais cela me parait une telle évidence aujourd’hui après des années d’errance ; c’est dans un climat serein que l’on gère ces problèmes intimes, c’est, pardonnez à l’autodidacte que je suis, le ba-ba de la psychologie, gérer ses émotions ce n’est pas les combatte, c’est les comprendre, les étudier, y réfléchir puis agir.

Arrêtez moi si je me trompe, ne vais-je pas depuis 4 ans chez un psy pour régler tant que faire ce peut mes combats intérieurs ?  Pourquoi alors parce qu’il s’agit de mon corps devrais je être en guerre ?

Sans parler de cabale, n’est ce pas un jugement sur l’obèse, de la part de celui qui ne l’est pas ?

Ce jeune homme sans trop réfléchir, tout à l’heure, m’a répondu, je ne cite pas ses mots exactement, mais tacitement : vous êtes tous là car vous êtes en échec et il vous faut combattre.

C’est un jugement arbitraire. Cet « échec », s’il faut le nommer ainsi, est impossible à cacher et se révèle à la face du monde et de ce fait est stigmatisé. Certains autres sont bien moins visibles que nos gros ventres et ne sont pas sans cesse mentionnés aux intéressés comme étant des cibles à combattre. Il semble que certaines « tares », ou considérées comme telle par l’autre deviennent un poids pesant lourdement sur la collectivité, donc à éradiquer, combattre.

Mais qui s’interroge sur le nombre de plus en plus croissants de ces « tarés » ?  Qui les crée ? Et surtout qui peut s’arroger le droit de les définir ces « différentes tares » ? Au nom de quoi ?

Et si tout cela n’est pas le reflet d’une société, si tout cela n’est pas profondément philosophique, sociologique, s’il vous plait, expliquez moi, car décidemment je ne comprends rien.

 

Voilà mes réflexions de la journée, je n’ouvre ici que quelques pistes.

Sur ce nous nous sommes rejoints ce jeune homme et moi, puisqu’à la fin de son exposé, il nous a affirmé haut et fort que l’essentiel dans l’activité physique est d’y trouver du plaisir.

Heu !!!! Combat, plaisir ??? Oops je n’ai pas du faire assez de sport, j’arrive  encore à réfléchir !

 

Il est tard, j’ai divagué un peu sur vos blogs, je suis physiquement fatiguée et puis, enfin, voilà, les miens me manquent, tous ceux qui habitent ma vie, ceux que j’aime avec une profonde tendresse ….

Je vais aller dormir, le sommeil chassera la tristesse.

 



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commentaires

armide pistol 29/01/2010 22:37


La dépression serait provoquée par un vif sentiment de colère.
La colère n'étant pas socialement acceptable, nous la retournons contre nous même.
S'il faut ensuite combattre au lieu de comprendre nos sentiments et d'apprendre à les utiliser !


Mimisan 05/12/2008 19:21

accepter,s'accepter, se résigner... apparemment, nous sommes bien d'accord. Curieusement c'est plus facile de bouger pour changer l'état de fait quand on est réconcilié avec soi-même, on arrive mieux à agir sur soi-même au lieu de tout laisser tomber et d'empirer la situation.Pour d'autres choses que l'acceptation de son physique, c'est un peu différent. Par exemple je ne peux pas accepter l'alzheimer de mon mari mais je suis bien obligée de m'y résigner...

isabelle cassou 06/12/2008 20:05


se résigner, je ne crois pas, non, je suis trop "vive" pour çà
tu n'as d'autre choix que de l'accepter et d'apprendre à vivre avec , et c'est sans doute affreusement dificille, je ne peux que t'offrir une tendre pensée et une oreille si un jour tu veux en
parler.
je comprends ta résignation, elle t'aide à vivre cette situation de manière plus sereine.


Quichottine :0010: 05/12/2008 17:14

Je crois que parfois l'on parle sans réfléchir à la portée de ses paroles.L'infirmière ne voulait certainement pas que tu te sentes agressée.... Pour le reste, c'est bizarre, tu vois, je me dis qu'à force de vouloir tout "normaliser", on crée de plus en plus d'exceptions...Pourtant, chaque individu est digne de respect, de ce qu'il est de ce qu'il vit. Je ne comprends pas qu'il n'y ait pas de reconnaissance de l'être humain, même lorsqu'on veut soigner, et guérir.... c'étaient mes pensées du soir...J'espère que tu vas bien, Isabelle.

isabelle cassou 05/12/2008 17:43



je vais bien ma si chère et fidèle quichottine, j'apprends et j'aime apprendre, même si parfois je râle, je m'insurge.
plus l'on va vers une pensée unique, celle que la "collectivité" pense être bonne, plus on marginalise. on croit lutter pour la reconnaissance des minorités pourtant on a en jamais
autant créées.

quant à l'infirmière, juste, une p'tite histoire en passant, qui me rappelait les bidochon, j'ai exercé ce métier 10 ans et j'ai toujours veillé à respecter strictement le fait qu'un malade est
coupé du monde et mis de ce fait dans une situation d'infériorité passagère.
cela fait partie des bases de ce métier.

et puis, voilà, je parle parfois à tort et à travers mais j'essaie de choisir mes mots sachant qu'ils ont une portée, qu'ils ont des conséquences. il arrive qu'ils dépassent ma pensée, j'essaie
alors de m'en excuser
alors oui, je m'attache AU mot, à celui qui a été choisi jamais totalement par hasard, peut être est ce que je fréquente trop les psy !!!! lol

merci à toi, pour tous tes mots gentils qui émaillent mes articles, ils me vont droit au coeur.
ils sont des  grosses bouffées d'air du dehors qui entre dans ma chambre du fond du couloir.
oops je me suis fourvoyée des minces et sveltes bouffées ! sourire tendre






Viviane 05/12/2008 15:52

Je fais comme toi, quand rien ne va plus, je vais dormirBisousViviane

isabelle cassou 05/12/2008 17:50


vu les journées sportives ici, je dors plutot bien, enfin le soir, faut pas me bercer et j'avoue que ça c'est absolument génial


cristina 05/12/2008 15:51

je te souhaite bon courage, suis de tout coeur auprès de toi!

isabelle cassou 05/12/2008 17:51


et ça réchauffe le mien, merci à toi cristina


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  • une depressive idéaliste qui veut croire en l'humain, qui n'acceptera jamais la communication à travers la violence, la guerre. j'ai la chance de vivre dans un pays où je suis libre de dire , d'écrire, le faire est un droit mais surtout un devoir
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