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27 janvier 2009 2 27 /01 /janvier /2009 07:50







La réalité

Il est sept heures, la journée commence et mon esprit s’éveille sur des pensées étonnantes.

 

Je réalise ce matin, que des années durant soit environ trente ans, j’ai collé à la réalité avec une telle énergie , un tel « jusqueboutisme », que je m’y suis enfermée à double tour sans quasiment en sortir.

 

Dés l’adolescence, j’ai baissé la tête dans le guidon et ne l’ai plus relevée jusqu’à ma dépression, il y a quatre ans.

Il est vrai que j’ai eu cette chance de ne pas cultiver les frustrations matérielles, celles du quotidiens, quoique … plus le temps est compté, comptabilisé à la seconde près parfois, plus les envies, les besoins se réduisent, pas le temps !

J’ai été prise dans cette vie frénétique où chaque seconde était occupée par le travail, principalement et par ma mère un certain temps.

Jeune adulte, il est des périodes où il ne me restait que quelques heures de sommeil en temps libre : soit au pire 4 heures par nuit. Le reste du temps était « overbooké », parfois sans même prendre le temps d’un repas.

 

Alors, ce matin, au sortir du sommeil, je me rappelle de ces paroles à la clinique : « vous n’acceptez pas la frustration. »

Je crois qu’en matière de frustration, j’ai été un maitre durant des années, la cultivant sans même m’en rendre compte.

Ce choix ou ce non choix d’ailleurs,  je l’ai fait volontairement.

Je partais en vacances assez souvent dés que j’ai pu, épuisée et m’épuisant encore physiquement pour pouvoir aérer un peu mon esprit et mon corps, en plongée par exemple.

 

Il y a quatre ans, alors que cette dépression me laissait à terre physiquement et épuisée mentalement, les mots sont arrivés avec un besoin profond de les écrire.

Et ce matin, je réalise qu’ils sont sans doute le reflet des grandes frustrations que j’ai accumulées toute ma vie : le rêve, le fantasme, l’imaginaire, laisser couler le temps, prendre du temps, voler du temps, penser, prendre du recul, analyser, prendre le temps de sortir de sa petite vie, regarder l’autre sans le prisme déformé du travail.

 

J’ai vécu dans une sorte de vase clos dont je ne sortais que très peu durant des années et c’est le jour où du temps libre inopinée est entré dans ma vie que tout s’est détraqué, je goutais à la liberté et au début, elle eut un gout amer, peut être celui de l’inconnu.

 

Depuis, ma vie a changé, beaucoup changé. Le temps n’est plus apprivoisé voir un esclave mais juste une unité de mesure.

Les frustrations de l’époque se sont soudain libérées, parfois avec excès comme s’il s’agissait de rattraper le temps perdu. Je ne cultive pas le regret, ce n’est pas dans mon tempérament, mais quelque part, j’espère ma revanche …

J’ai délaissé MA vie intime, personnelle durant des années , alors aujourd’hui, il me faut la vivre, la vivre pleinement, sans cette retenue qui frôlait l’interdit, oui, aujourd’hui, je veux aimer, je veux être aimer sans peur, sans complexe, sans trop connaitre les limites.

Seulement voilà, je suis confrontée à la peur de l’autre et suis obligée d’accepter, à nouveau, une grande frustration.



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Published by isabelle cassou - dans états d'âme
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commentaires

Domi 22/02/2009 11:24

Quand nous comprenons que vivre n'est pas oublier ce que l'on est, il reste à regarder à l'intérieur qui nous sommes, ce que nous voulons et là encore cette nouvelle étape risque de nous destabiliser. La compréhension a besoin souvent de beaucoup de temps, il n'en reste pas moins que chaque pas, chaque découverte est aussi exaltante que ce remue ménage du à ce que nous croyons être notre  vérité. "Le toujours plus". Plus de quoi ? pourquoi ? Ne serait-il pas plus simple de faire de son mieux et d'être ce que l'on est vraiment?@+

isabelle cassou 28/03/2009 01:11


tout peut-être en effet très simple, seulement voilà qui nous apparaît simple aujourd'hui nous semble bien compliqué demain, plus de quoi ? Va savoir...


Tsyca 19/02/2009 19:20

Ahlala...L'inconnu est à la faois le plus grand ami et ennemi de l'homme, il le motive et l'effrai en même temps voire le paralyse et c'est encore plus terrifiant lorsque l'on prend consience que le mond lui même equivaut à l'inconnu.Sans compter que nous sommes nous même notre plus grand inconnu car s'il y a bien quelquechose que l'on connait mal c'est nous même, notre propre nature...Et au final il faut apprendre à apprivoiser sa peur ou l'inconnu lui même...

isabelle cassou 28/03/2009 01:19


J'essaie chaque jour de m'apprendre, d'apprendre toujours un peu plus sur moi, et plus j'en saurai et plus je pourrais aller vers les autres


Robinson 29/01/2009 21:35

Je n'étais pas venu te voir depuis longtemps, pardonne-moi! Dure la vie, dures les frutrations...C'est une lutte de tous les instants qu'on doit parfois mener pour surnager...J'ai envie de te dire: pour ton chat, donne-lui pour nom un mot de ce que tu as écrit, un mot qui te plaît...ou un mot que tu n'as pas écrit...mais pense à lui aussi: tu l'aimes, donc si tu lui donnes un nom qui te fait mal, tu ne l'aimeras peut-être plus! A bientôt, Isabelle!... 

isabelle cassou 14/02/2009 21:56


merci de ta visite robinson


Quichottine :0010: 29/01/2009 16:56

Je t'ai lue attentivement...Je crois que malheureusement nous nous enfermons tous dans des interdits, des obligations de toute sorte.C'est une nécessité absolue de réfléchir et de trier entre ceux qui sont importants et ceux dont on peut se passer...avec bonheur !Gros bisous, Isabelle, c'est formidable que tu puisses écrire tout ça !

isabelle cassou 14/02/2009 21:57


écrire est une part vivante de ma thérapie, bisopus à toi, quichottine


mrcafe 28/01/2009 19:44

je me reconnais un peu dans tes ecrits isabelle , bise et bonne soirée   :0048:

isabelle cassou 14/02/2009 21:59


mes interrogaztions sont communes , elles résultent de notre mode de vie ...
bises à toi et merci


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  • une depressive idéaliste qui veut croire en l'humain, qui n'acceptera jamais la communication à travers la violence, la guerre. j'ai la chance de vivre dans un pays où je suis libre de dire , d'écrire, le faire est un droit mais surtout un devoir
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