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29 mars 2009 7 29 /03 /mars /2009 23:10








Les mots reprennent leur dimension sensuelle.

 

Ce soir, j'ouvre mon cahier, celui qui ne me quitte jamais, certains d'entre vous s’en souviennent, peut-être, je l'ai acheté à l’exposition Prévert, sur la couverture sont griffonnés de sa main, des petits dessins ou des notes concernant un spectacle.

C'est un charmant cahier tout simple, un petit format de la taille de ceux dont on se servait à l'école. Les pages sont habillées de lignes et j'avoue qu'elles me sont bien utiles car je n'ai jamais su écrire droit sans elles.

Si vous regardez bien les étals, en ces temps où sévit la mode « vintage », vous les trouverez sans peine déclinés à l'infini, ils attireront votre regard par leur couverture toute mignonne qui vous ramènera directement à votre enfance.

 

Ce soir, j'ai choisi un stylo, pas n'importe lequel, non, un de ceux que mon amour m'a offerts.

Il est très tard, et je n'ai pas le courage de prendre une belle plume, de sortir l'encrier, et de remplir le stylo précautionneusement. Mais je le ferai demain, juste pour avoir ce merveilleux plaisir de voir l’encre tachée la page au rythme lent et fluide que ma main lui impose ou parfois au contraire dans l'impatience d'une main trop nerveuse.

 

Ce soir, les mots qui noircissent la page sont fluides, calligraphiés ce qui leur redonne une dimension sensuelle, eux qui incontestablement l’avaient perdue alors que sottement je les dactylographiais  avec  maladresse.

 

Ce soir, je reprends vraiment, réellement du plaisir charnel à écrire, le stylo épouse les doigts de ma main gauche alors que la droite se vautre avec délicatesse sur le papier du cahier.

La pointe du stylo effleure la feuille, je penche maladroitement ma tête pour ne pas la perdre du regard alors qu'avec magie les mots se dessinent.

 

Ce soir, je redeviens l'enfant qui se tenait affreusement mal, qui penchait en bonne gauchère son cahier pour éviter l'ombre de la main sur sa page.

Aussi improbable que cela puisse paraître, c'est grâce à la technique que ce soir je peux à nouveau prendre le temps d'écrire à la plume.

Depuis quatre ans, j'ai noirci nombre de cahiers, parce qu'au moment où les mots arrivaient, le clavier était bien trop loin, le cahier était alors un lieu de passage transitoire, un lieu d'attente avant que les mots s'inscrivent au cœur d'un disque dur.

Aujourd'hui, j'ai acquis un logiciel de reconnaissance vocale et du coup puisque taper les mots n'est plus un passage obligatoire qui génère une grande perte de temps, le petit cahier qui ne me quitte jamais devient le seul lieu véritable qui accueillera  la naissance des mots.

 

Ce soir, je vous offre des mots simples qui n'ont pour seule raison d'être que d'avoir été délicatement tracés sur une feuille de cahier.

Et, c'est stupide n'est-ce pas ! Mais ça les rend tout fiers !

Encore une fois, ma sensibilité exacerbée me pousse à m'attacher à ce qui n'est pour certains que menu détail. Mais je suis ainsi faite, et j'aime savourer à leur juste valeur ces petits bonheurs qui émaillent notre vie, c'est ma manière à moi, chère Quichottine, de regarder les bleus du ciel…

 

 

Wissous, le 28 mars 2009

Sur un cahier Prévert, à mon bureau, tard…

Avec pour seule musique le tic-tac d'une horloge…

 

Je n’ai pas, hélas, dessiné l'image, j'en suis bien incapable

La voici dans son contexte original :

lencrier.xooit.fr/




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Published by isabelle cassou - dans états d'âme
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commentaires

Quichottine :0010: 30/03/2009 11:54

J'allais te demander pour l'image, mais tu as répondu... merci !Le plaisir d'écrire, sur un vrai cahier, c'est quelque chose que je devrais retrouver aussi. Je sais que le clavier me permet de mieux voir ce que j'écris, de me relire, de me corriger, moi qui fais tant de fautes d'orthographe plus que de frappe ! Mais je me suis promis de me remettre à écrire, comme je le faisais tous les jours autrefois, seule devant ma page blanche, cette page que j'aime parce qu'elle permet toutes les créations, qu'elle est une porte ouverte à tous les possibles... et même au-delà, à ce que l'on croirait impossible si les mots ne le rendaient tout à coup bien réel.J'aime écire, et j'ai aimé ce matin retrouver ce plaisir en te lisant.Merci, pour tes mots, Isabelle, merci aussi pour ce clin d'oeil que tu me fais. Les bleus du ciel, aujourd'hui, je les ai regardés avec toi.Je t'embrasse fort...

isabelle cassou 30/03/2009 17:43


À vrai dire le fait d'écrire sur un cahier n'empêche pas de me corriger, y faire quelques ratures ne me pose pas de problème,l'écrit est vivant. et puis au moment de dicter le texte je corrige à
nouveau et contrairement à ce que j'avais pu croire au début le gain de temps n'est pas nécessairement flagrant mais ce temps je l'occupe maintenant plus à l'écoute de mes mots puisque je ne dois
pas subir ma maladresse, mes fautes de frappe,la dyslexie de mes doigts empotés.. Sourire... encore une autre manière d'aborder les mots, et j'ai plaisir à la découvrir.
merci à toi d'être là si fidèle et de goûter à mes mots, les bleus sont encore plus beaux lorsqu'on les regarde à deux...


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  • une depressive idéaliste qui veut croire en l'humain, qui n'acceptera jamais la communication à travers la violence, la guerre. j'ai la chance de vivre dans un pays où je suis libre de dire , d'écrire, le faire est un droit mais surtout un devoir
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Chatouillis méningés

 

 

 

 

 

  Je ne peux pas dire

qui je serai demain.

Chaque jour est neuf

et chaque jour je renais.
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