Partager l'article ! tristesse: Après plus de 4 ans, cette « putain » de maladie me rattrape encore. Elle m'envahit, elle ...
Après plus de 4 ans, cette « putain » de maladie me rattrape encore.
Elle m'envahit, elle me submerge … je n’arrive pas à prendre le recul nécessaire pour me rendre la vie plus sereine, plus joyeuse, plus heureuse.
Je me sens si mal, incapable de prendre sur moi … le noir revient avec force, l’angoisse arrive, raz de marée insupportable.
Je me suis tant battue AVANT et maintenant un rien me met sans dessus dessous.
Je ne me reconnais plus, qui suis-je devenue ? Une larmoyante incapable de faire face.
O mon dieu, cette maladie je ne la souhaiterais pas à mon pire ennemi si j’en avais un.
Elle me détruit de l’intérieur, me ronge.
Reviendra-t-elle un jour cette Isabelle qui savait rire ? Reviendra-t-elle cette légèreté qui dédramatise, qui permet de rendre tout bien plus supportable ?
Je ne sais plus où j’en suis.je suis si perdue.
Elle est si lourde à porter cette mélancolie envahissante. Je pars en vrille pour un oui pour un non, sans arriver à la maitrise de mes émotions, trop fortes ….
Je me sens si désarmée, si démunie, si fatiguée …. Plus envie de me batte … lasse ….
J’aimerais pouvoir fermer les yeux, trouver le repos à nouveau.
J’aimerais savoir me protéger.
Là maintenant, je me sens si seule face à ce mal être que je n’arrive pas à expliquer aux autres, ne l’appréhendant même pas moi-même.
Les larmes coulent…
Je lui ai demandé de passer un weekend par mois avec moi, il est l’homme que j’aime, il refuse, je suis too much, trop impliquante…
Qu’il est odieux ce refus, qu’il fait mal, quel terrible échec !!!! Qui suis-je donc pour qu’on ne puisse pas me supporter un weekend par mois ?
Affreux cercle vicieux dans lequel je me sens piégée, je me sens rejetée, je vais mal, je deviens incompréhensible, les gens se lassent de mes revirements, de mes jérémiades en boucle et avec un peu de recul, alors que les larmes et les sanglots se calment, j’essaie d’analyser et je ne ME comprends pas.
Je ne sais pas gérer cela et d’ailleurs dés que j’essaie de gérer c’est pire …. Moi qui aie passé ma vie entière, en m’en faisant un point d’honneur, à tout gérer du plus simple au plus compliqué.
Que je suis démunie, que je me sens sotte, faible, si peu attirante !!!
Je sais qu’il y a des morceaux de ciel bleu, mais, dans ces moments là, je n’ai même plus la force de lever la tête pour les voir et retrouver le sourire.
Qu’est ce qui m’arrive ?
J’avance sur ce chemin initiatique sur lequel je marche depuis cette dépression, des lueurs vont et viennent, des pièces se mettent en place, des prises de conscience se font et soudain alors que je reprends pied, le sol s’effondre à nouveau et je me noie dans l’obscurité qui immédiatement emplie l’horizon.
Comment expliquer que tout cela se fait à l’insu de mon plein gré ? Comment le comprendre moi-même avant même de chercher à l’expliquer aux autres ?
Ecrire, dès le premier jour, écrire a été ma planche de salut.
Poser les mots, les offrir à la page blanche, sans leur imposer aucune maitrise, de style, d’emphase, les livrer bruts de cueille, authentiquement démunis, humbles et sincères.
Ecrire mes peurs pour mieux m’en délivrer …
J’ai un crucial besoin d’espoir et il tarde tant à venir, quelqu’un m’a dit que je devais être patiente encore un peu, juste quelques mois, mais voilà j’ai usé mon stock, je n’y arrive plus ….
J’ai si peur, du diable si je sais pourquoi …. Peut être parce que je n’arrive plus à me faire vraiment confiance.
Oui, je hais cette maladie et plus que jamais aujourd’hui, je suis confrontée à sa force et à ma terrible impuissance.
La calme revient, quelques larmes coulent encore en relisant mes mots, mais le noir disparait doucement, des petits bleus reviennent, un « je t’aime », la confiance renait, l’espoir veut revivre coute que coute, sinon, ô mon Dieu, à quoi bon ? À quoi bon ?
Tu as entrepris quelque chose de bien difficile. Se retrouver. Être soi, plus que jamais, être soi malgré tout ce travail que tu dois faire pour perdre du poids, pour te sentir mieux dans ton corps.
C'est aussi au détriment de tes anciennes aides.
Lorsqu'on doit faire attention à tout, on supprime aussi un peu de plaisir, celui qu l'on cherchait en se ruant sur une plaque de chocolat, par exemple.
Alors, de deux choses l'une, soit tu as tenu bon, et tu n'as pas mangé de chocolat... et il te manque, parce que la douceur, c'est aussi une façon de se faire oublier ce qui n'a pas été... soit tu as cédé à l'envie... et tu as mal parce que tu te dis que ce sera encore quelque chose à éliminer...
Non, je plaisante... je parle pour moi, là.
Il y a des moments comme ça. Des moments où l'on se sent perdue, où l'on se demande à quoi ça sert... à ce moment-là, il faut que tu penses à tous ceux où tu étais bien. Raccroche-toi à ces moments de tendresse et de joie, à ces moments de plénitude.
Tu verras, tu te sentiras un peu mieux... écris, tout ce qui te passe par la tête... et puis regarde un film qui te plaît, écoute de la musique qui te transporte dans cet ailleurs où tu es bien...
Tiens bon. Pour ceux qui même s'ils ne comprennent pas tout, même s'ils ont peurde cette maladie qui te ronge et s'engouffre dans la moindre cicatrice pour ouvrir une blessure... t'aiment, vraiment.
Tiens bon, pour toi.
Tu es importante, ne l'oublie jamais.
Je m'efforce de trouver chaque jour une bonne nouvelle à raconter, et ça me fait beaucoup de bien depuis que j'ai commencé. J'ai même l'impression que ça fait du bien aux copines avec qui j'en discute... Je t'envoie plein d'étoiles d'amitié, Brigitte
Evidemment, s'il ne veut pas... Je comprends ta douleur et la blessure qu'il t'inflige.
Je t'envoie toute mon amitié Isabelle.