J’avais un peu plus de vingt ans, j’adorais l’eau et un heureux hasard me mena aux Maldives.

Ne pas plonger aux Maldives relève de l’inconscience (sauf contre indication médicale).

Après quelques rudiments appris dans le lagon, nous voici bel océan !

Ce fut la plus belle féerie de lumière, de couleurs que mes yeux ont vu, j’en garde encore maintenant un souvenir ému (bon, le petit suisse moniteur y est sans doute pour quelque chose, lui aussi ! lol).

Du premier regard, du premier coup de palmes, j’ai su que ce monde allait m’offrir des moments d’éternité.

De retour à Paris, mon frais diplôme d’open water PADI (fédération internationale de plongée américaine) en poches et encore toute émoustillée (bin oui !) par le feu d’artifice, en bonne sagittaire (avant de s’en servir, bon je sais elle est nulle, mais j’avais envie, j’ai droit, d’abords…. Heuuuu), je me suis rendue à la fosse de Charenton voulant à tout prix apprendre pour mieux voir.

Mais, voilà, voilà, ô beau pays franchouillard, je suis tombée, à l’époque, bon c’est vrai c’était avant-hier, soit environ 22 ans, sur un ex militaire borné, vieux dinosaure de la fédération française de plongée, hors de France point de salut, et point de plongée, qu’on se le dise ! Il ne fallut que 20 minutes pour évaluer l’étendue de sa connerie et éteindre pour un moment mes rêves sous marins.

Mais le hasard faisant bien les choses, environ 13 ans plus tard mes pas me conduisirent à Antigua, petite île des Antilles, ex colonie britannique pour la petite histoire. Et là revint, sans doute parce que le club était là à portée de palmes, l’envie de revoir ce qui m’avait tant émerveillée. Les fonds étaient jolis, les sensations intactes, les moniteurs accueillants (un couple de Perpignan) : mon grand voyage reprenait vie.

Puis, ce fut les Bahamas, un club à l’américaine, bien sur, ma première rencontre avec le plongeur type inconscient, qui emmerde tout le monde mais qui paie (américain dans toute sa splendeur me direz vous ! hé oui et en vacances, ils sont pires…..) et surtout mon premier requin.

Me voilà promue  advanced PADI, contente d’avoir appris, mais consciente d’avoir en poche un diplôme des îles, un peu trop vite obtenu (les vieux dino de la fédé vont sourire !).

J’apprends par hasard que l’on plonge en Bretagne, ma sœur, Maryse vivant à Brest.

Je pars un mois de juin il y a 9 ans, je crois, et arrive toute tempête dehors. Pas de lagon, des marées donc pas d’horaires fixes, c’est séduisant.

Toute auréolée de mon beau diplôme, je vadrouille de club en club : PADI ? C’est où PADI ?

C’est quoi PADI ? Comme Abraracourcix dans « le bouclier Arverne » :

« ALESIA, CONNAIS PAS ALESIA ! JE NE SAIS PAS OU SE TROUVE ALESIA ! PERSONNE NE SAIT OU SE TROUVE ALESIA « 

Vous remarquerez au passage la qualité étonnante des citations littéraires sur ce site.

Bref, comme disait pépin, toute la préhistoire plongesque (y a pas de raison Ségolène, elle le fait bien, elle, non mais !) devait avoir pris racine en Bretagne, TOUTE ? Non ! Deux clubs peuplés d’irréductibles moniteurs ne résistaient  plus à l’envahisseur anglo-saxon. Et c’est là que pris racine cette passion pour les dessous de l’océan.

D’abords, j’ai appris.  De la théorie bien sur, mais surtout j’ai découvert des plongées bien moins cosy, dans le courrant, le froid, avec une visibilité bien plus réduite. Certains en éprouvent du stress, moi j’ai regardé avec délice, en gourmande que je suis, ce nouveau monde dans le monde : des forêts de laminaires (grandes algues), des crabes, des blennies, des araignées, des ormeaux, des homards, des congres, des veilles et des coquettes peu farouches (décidemment les lieux communs ont la vie dure).

J’ai passé mon niveau 2 puis 3. Et j’ai essayé la photo argentique  dans l’herbier, lieu pour les baptêmes qui porte bien son nom. Sur 36, deux devaient être vaguement convenables.

Patrick, le responsable du club me parle de numérique. Je fais avec lui  mes premières vraies photos, en Polynésie, j’ai gardé telle une précieuse relique le premier requin (sans queue, ni tête).

Je n’ai plus plongé depuis 2 ans et demi et à nouveau mes palmes me démangent et l’appel de l’océan se fait sentir.

J’aimerai remercier, ici, tous les professionnels intelligents de la plongée , tout ceux qui ont compris plus vite que d’autres, que l’on ne plongeait pas pour en chier, mais pour son seul plaisir ce qui n’exclut nullement de le faire sérieusement pour des raisons de sécurité évidente.

Une pensée spéciale pour Patrick, Jacky et la merveille Fifi en espérant qu’elle gardera toujours en plongée ce regard d’enfant émerveillé qui voit tout éternellement pour la première fois.

J’ai environ 650 plongées engrangées dans ma tête, je ne garde qu’un seul mauvais souvenir, une usine à plonger au Grau du Roi, 10 cm de visibilité, du sable, du sable et du sable.

Je pourrais passer des heures à vous décrire les 649 autres sans jamais savoir laquelle fut la plus belle, chacune fut unique et m’a offert un p’tit bout de paradis ! Les répertorier m’amuse toujours, juste parce qu’elles le valent bien !

Lundi 15 janvier 2007 1 15 /01 /Jan /2007 13:00
- Par isabelle - Publié dans : plongée sous marine - Communauté : le monde du dessous
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  • isabelle Cassou
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  • une depressive idéaliste qui veut croire en l'humain, qui n'acceptera jamais la communication à travers la violence, la guerre. j'ai la chance de vivre dans un pays où je suis libre de dire , d'écrire, le faire est un droit mais surtout un devoir

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