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24 mars 2011 4 24 /03 /mars /2011 12:07

J + 13 Koh Tao le 21 mars 2011

Ayant eu quelques déboires de taxi hier, aujourd’hui je suis plus prudente et prends les devants, du style l’heure c’est l’heure, mais visiblement ce ne sera pas nécessaire, étant donné que je suis repérée près de la piscine dans la matinée par la personne qui doit me conduire au club un peu plus tard. Il semble que les consignes aient été données afin que le raté d’hier ne se renouvelle pas.

Je pars donc vers un après-midi de plongée. Comme à chaque fois le premier jour, il faut s’adapter aux « coutumes » du club. Je plonge avec une jeune Suissesse, dive master PADI, ce qui signifie qu’elle est habilitée à nous accompagner lors de nos plongées, un guide sous marin, en quelque sorte.

 

Petite mise au point sur les différentes fédérations de plongée dans le monde :

Grosso modo, il y a des fédérations de plongée dans la plupart des pays européens, des fédérations qui se veulent plus européennes, et dans le reste du monde, il y a PADI.

Alors vous me direz quel intérêt de vous raconter çà ? Ce petit intermède est nécessaire car l’Europe et en particulier la France reste réfractaire (en grande partie) à l’enseignement PADI, jugé comme un enseignement « léger » de bord de mer où les choses sont un peu trop survolées. Visiblement, le peu que j’ai pu voir ici sur l’enseignement PADI semble contredire ce jugement un peu péremptoire, mais  je dois admettre qu’il fut plutôt le reflet de la réalité il y a quelques années.

 Pour avoir suivi, certes il y a un moment, les deux enseignements, le Français ou européen fut nettement plus approfondi.

Toujours est-il qu’il reste conseillé d’avoir une carte de niveau PADI en plus de l’Européenne afin de ne pas avoir à subir un interrogatoire poussé sur ses compétences.

 

Une autre différence notoire entre la France et le système PADI, c’est qu’ici, pas besoin de montrer un certificat médical de moins d’un an de non contre-indication à la plongée, il suffit simplement de signer un papier de décharge certifiant ne pas avoir de problèmes et certifiant ne pas pouvoir se retourner d’un point de vue juridique contre le club de plongée. Sachant qu’en France un moniteur de plongée reste civilement responsable de ses plongeurs et peut être condamné au civil en cas de pépin, selon les circonstances bien entendu.

 

Dernière différence notoire, la France reste un pays très ancré sur la plongée associative ce qui fait que les clubs commerciaux ont une notion de service qui est clairement à revoir.

Je passe sur les dinosaures bretons, qui il y a encore peu, pensait que la plongée était réservée aux hommes et si possible militaires, genre : « on est là pour en chier … » ou le sempiternel « C’était pas une plongée de pédé », ne voyez là aucun propos homophobe de ma part, mais je ne compte plus le nombre de fois où j’ai entendu cette phrase sur les bateaux.

PADI a  très vite compris que la plongée allait devenir une activité touristique florissante et comme tout bon commerçant américain, ils ont axé leurs clubs certes sur la sécurité mais surtout sur la notion de service.

Ce qui dans la pratique se traduit par : on ne porte qu’assez peu les blocs, café, thé sur le bateau, confort relatif, matériel en bon état, blocs avec du « bon air » (j’y reviendrai par la suite), amabilité et disponibilité des moniteurs etc., auquel cas quand vous voyez une boîte marquée pourboire, il semble tout à fait naturel de le donner.

Bref avec PADI, les femmes sont aussi nombreuses que les hommes sur les bateaux et on ne s’estime pas nageur de combat parce que plongeur.

 

Chaque personne a un grand sac contenant tout son matériel qu’elle dépose dans une voiture et redescend vers la plage.

Là, un petit bateau de type barge plate embarque le matériel et les plongeurs vers le bateau de plongée.

Le bateau s’avère être à peu près le même qu’à Koh Samui, nous sommes une petite vingtaine de plongeurs, les palanquées ont été définies à terre.

Briefing sur le bateau, mise en place du matériel, briefing sur la plongée et nous voilà partis…

Nous sommes une palanquée de six personnes : la dive master Suisse, un Français, deux Belges flamands, un élève dive master et moi.

Je fais équipe avec le français.

 

Dès mon arrivée dans l’eau, je constate clairement une visibilité très très correcte par rapport à ce que j’ai connu la semaine précédente.

Il va sans dire que j’en suis tout à fait réjouie.

Mon petit camarade de palanquée est un peu en vrac, mais ça devrait aller …

Quant à moi, je retrouve avec le plus grand plaisir des sensations oubliées ou plutôt non, pas oubliées, mais plus vécues depuis un bon moment.

 

Étant la reine des bévues, en voilà encore une, je me suis rendue compte que le caisson de mon appareil photo est ancien et qu’il ne correspond pas à mon appareil actuel.

Clairement, je n’en rate pas une ! bin oui, Quichottine et Yvon, c'est ma faute, c'est ma très grandse faute !!!!! lol

 

Pourtant, quelque part, même si c’est un peu égoïste, je ne regrette pas parce que plonger avec un appareil photo est une autre manière de plonger.

On ne voit alors qu’à travers l’appareil, il devient une sorte d’écran entre ses yeux et le paysage ou les poissons. Il devient également très vite indispensable car ne pas l’avoir sur soi signifie qu’on peut rater LA photo du siècle.  Il devient un outil indispensable à la plongée qui modifie totalement le regard que l’on peut avoir et par là-même les sensations que l’on peut ressentir.

Il est toujours difficile d’expliquer avec des mots les sentiments, les impressions, les ressentis, l’espèce d’état de grâce que l’on ressent quand l’on plonge.

Et plus on maîtrise le matériel, la technique, l’équilibrage et plus ce ressenti est quelque chose qui va bien au-delà des mots.

En bas, on est un intrus quoi qu’il arrive, nous ne sommes pas chez nous, nous sommes tolérés par un milieu qui, naturellement, n’est pas le nôtre.

Je l’ai souvent dit et je le redis encore aujourd’hui, la plongée est une merveilleuse école d’humilité.

Pourtant, alors que rien ne nous prédispose à être là, en bas, s’offre à nous un spectacle hors du commun, féerique, inimaginable, riche, plein de vie, dans un milieu aquatique favorisant l’apesanteur et bien qu’étant des milliers de fois plus maladroits que le plus maladroit des poissons, on se surprend à « voler », à flotter entre deux eaux avec un bonheur incommensurable.

 

Alors quand un non plongeur me demande ce que j’ai vu, et que je lui fais la liste des poissons rencontrés, il se demande pourquoi je suis ici excitée et je tente alors de lui expliquer que la plongée n’est pas seulement réussie parce que l’on a croisé telle ou telle chose mais elle est aussi toute cette part de bien-être émanant du milieu par lui-même.

J’ai conscience que mes explications puissent paraître un peu confuses. Je ne prétends pas qu’un autre plongeur les partagera nécessairement, ce ne sont simplement que mes élucubrations de plongeuse, un ressenti qui a prit vie, il y a une trentaine d’années et qu’aujourd’hui, mes plongées ne démentent toujours pas.

Une plongée réussie, c’est un espèce de tout où se mélangent : l’ambiance, un niveau homogène entre plongeurs, un paysage sous-marin agréable et varié, une flore et une faune qui donnent la vie à l’ensemble.

 

La première plongée commence merveilleusement bien, nous tombons sur une tortue pas du tout farouche qui s’amuse à nous montrer ses différents profils sans aucune difficulté. Elle se retrouve bientôt entourée par pas mal de plongeurs et n’en semble pas du tout affectée. Elle continue son repas qui consiste à broyer le corail.

Nous continuons notre balade entourés par une myriade de petits poissons tropicaux aux diverses couleurs. Nous croisons au gré de notre promenade de belles patates de corail habillées à peu près partout de «christmas tree » (sorte de Spiro locaux dont j’ignore le nom en français) de toutes les couleurs. Cette profusion donne à l’ensemble des couleurs ravissantes, un peu irréelles. La particularité de ces Christmas trees est qu’ils se rétractent dans le corail dès qu’on s’en approche.

Nous croisons ensuite un grand nombre de papillons, d’anges dont certains sont de très grande taille et de couleurs particulières que pour ma part je ne connaissais pas.

(Je mettrai en ligne par la suite quelques photos soit des anciennes à moi, soit prises sur Internet, afin d’illustrer mes propos)

Nous croisons un baliste titan de belle taille qui flirte à limite de visibilité, cherchant à comprendre qui ose pénétrer dans son territoire. En période de fraie, il ne fait pas bon s’en approcher et il est tout à fait capable d’attaquer si il estime qu’on est un danger.

Quelques platax viennent gentiment et timidement nous rendre visite et  repartent.

Les poissons cochets sont eux aussi de belle taille est plutôt nombreux. Je vous fais grâce de tous les mérous de toutes couleurs et de toutes tailles croisés à peu près partout.

Une petite murène lovée dans son trou nous salue au passage.

La plongée s’appelle red rock, elle dure un peu plus d’une heure sur une profondeur maximum de 22 m. Nous sortons tous absolument ravis de cette très belle plongée qui, personnellement, me ramène quelques années en arrière toujours avec le même ravissement.

Mais vous le savez, je suis dans l’ensemble plutôt bon public.

 

La deuxième plongée s’appelle Twins du nom des deux monticules formant une petite île.

Cette plongée va également durer à peu près une heure, Belle promenade le long d’un tombant parsemé de coraux multicolores où nous croiserons toujours cette délicieuse faune tropicale colorée. Nous dénichons sous un rocher Un diodon et ses grands yeux tout ronds, j’ai personnellement un grand faible pour ce poisson.

Nous finirons la plongée sur un tout petit poisson d’environ à peine 1 cm, très actif, voire hyperactif, virevoltant de ça de là sur environ 50 cm², quasi invisible pour celui qui ne sait pas qu’il se trouve là. Il est très difficile de voir ,à l’œil nu, vu sa taille, ses couleurs. Ce poisson s’appelle Arlequin juvénile, d’après sa taille, celui-là aurait environ une semaine.

Ce petit poisson étonnant, si vif, est une rencontre merveilleuse qui quasiment clôturera cette journée de plongée.

 

De retour sur le bateau, je retrouve une ambiance plus conviviale, où tout le monde échange ses impressions, compare ce qu’il a vu ou pas, une chose est sûre, au vu des regards et des sourires de chacun, ce fut un superbe après-midi de plongée.

 

 

Lecture du jour : « vies ordinaires en Corée du Nord» de Barbara Demick

 

 

 

 

 

 

 

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Published by isabelle Cassou - dans cahier de plongée Rodrigues
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