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24 mars 2011 4 24 /03 /mars /2011 15:48

J. +14 Koh Tao le 23 mars 2011

Alors là je vais commencer par une phrase qui, j’en suis sûr, va en  faire  sourire plus d’un. En effet, alors que pendant 12 ans voire plus je me suis levée aux aurores parfois six jours sur sept, depuis mon problème dépressif, tout mon entourage sait que je suis injoignable avant 12 :00 pour cause de sommeil possible.

Il est pourtant 5 :00 quand ce matin la mélodieuse voix d’Élodie Gardot  me réveille délicatement. Certes aucun de mes proches ne revendiquera une si belle voix, mais il n’empêche que s’ils avaient l’outrecuidance de m’appeler même 3 :00 après ces 5 :00 fatidiques,  ils  se feraient renvoyer dans leurs 20 m illico presto.

 

Pourtant aujourd’hui il faut, départ de l’hôtel à 5 :45 pour être d’attaque au club de plongée  à 6 :00. L’embarquement du matériel et des personnes se font de la même manière qu’hier.

Je quitte l’hôtel alors qu’il fait encore nuit, le jour vient de se lever quand nous quittons la plage.

Alors, me direz-vous, mais quelle drôle d’idée d’aller plonger de si bonne heure, question  que, je vous rassure, je me suis également posée.

Eh bien c’est très simple, les faits parlent d’eux-mêmes : hier après-midi sur le  deuxième site de plongée, il y avait 10 bateaux ; ce matin, nous étions seules.

En effet ces mathématiques, pour se lever sitôt pour aller plonger, ne restent que les enragés… !

Je plonge avec la même dive master qu’hier, Coco, suisse de son état, deux autres Suisses allemandes et un japonais d’origine tout au moins.

Je suis en binôme avec le jeune japonais, selon les bonnes habitudes  PADI , l’un doit «checker » l’autre, c’est-à-dire faire un tour d’horizon du matériel, et de son bon fonctionnement.

 

Et nous voilà partis pour la première plongée, la visibilité est un peu moins bonne que celle d’hier, mais reste encore tout à fait acceptable, environ 5 à 6 m.

Le nom du site est « green rock », le principe de la plongé reste le même c’est-à-dire  longer la roche.

Histoire de mettre un peu de fun sur le bateau, nous assistons à une sorte de bizutage soit PADI soit local qui consiste à ce que le dive master qui fait  sa centième plongée, la réalise : tout nu et alors qu’il se met discrètement à l’eau nu comme un ver, quelqu’un hurle sur le bateau et tout le monde se précipite afin de voir deux belles fesses bien blanches descendre vers le fond. Il passera, paraît-il, toute la plongée la main sur son sexe afin de le cacher, enfin, c’est ce que de mauvaises langues ont dit …. Sourire

Que c’est beau d’être jeune !

 

Depuis le matin de bonne heure, nous sommes filmés, enfin notre palanquée, en effet un jeune homme a décidé de faire un film sur toute la plongée, soit dès le départ de la plage jusqu’au retour. Nous lui faisons tout un petit coucou alors que nous préparons notre matériel.

Le film sera visible ce soir au club, je ne le verrai pas, c’est un peu trop loin pour moi.

 

Nous descendons donc pour cette première plongée, toujours dans les environs de 17, 18 m , la plongée dure une  petite heure durant laquelle nous allons survoler de belles formations coralliennes. Nous apercevrons quelques anémones et leurs habitants locaux.

La topographie du site nous permet de passer dans des cavités et d’y rencontrer des bans de tout petits poissons, qui m’ont fait penser à ceux que j’avais déjà croisé à Rodrigues quelques années, ils sont argentés et provoquent une réflexion de la lumière alors on les éclaire, l’effet à l’œil est très saisissant.

Un baliste titan vient nous rendre visite, toujours un peu  à limite de visibilité comme s’il venait vérifier si nous représentions une réelle menace, ce qui ne semble pas être le cas car il s’éloigne aussi vite.

La plongée est très agréable, les fonds marins sont toujours aussi colorés et par les coraux  qui recouvrent les parois, et par les « christmas trees » qui n’ont jamais aussi bien porté leur nom.

 

La deuxième plongée se fait à red rock comme hier, ce qui ne me pose aucun problème particulier, car, quoi qu’il arrive, une plongée n’est jamais la même, même si elle se fait en un même lieu.

Lors d’une de nos avancées dans une cavité, nous rencontrons une tortue, peut-être la même qu’hier, qui encore une fois se laisse approcher sans souci ni frayeur.

Les mérous encore une fois son pléthore, de toutes couleurs et de toutes tailles jusqu’à une taille tout à fait respectable.

Il y a paraît-il ici de très gros spécimens, nous en croiserons un en fin de plongée qui nous le prouve !

Nous croisons encore ces gros anges de dominante verte, lignés de bleu, qui ont à peu près la même taille qu’un ange empereur mais pas du tout la même livrée, j’ignore son nom en français, d’abord parce que c’est la première fois que je le croise, et parce que je n’ai pas pris ma bible  « poisson », mais n’ayez aucune inquiétude je trouverai en rentrant, ou peut-être est-ce qu’un ami plongeur viendra en commentaire nous donner l’information ….  (avis à tous, et merci d’avance…)

Là encore j’ai toujours eu un faible pour ces poissons qui fonctionnent souvent par deux et qui se baladent doucement d’une patate à l’autre se laissant approcher mais pas trop, prouvant ainsi qu’ils nous acceptent à leur condition.

Le plus souvent, il est préférable de se poser et d’attendre que le poisson vienne de son propre chef vers nous, ce qui peut parfaitement arriver du fait de la curiosité de certains voire d’une certaine agressivité de certains autres. Il en va de même pour les poissons que pour certains petits roquets (chiens), les plus petits sont quelquefois les plus téméraires voire les plus prétentieux… J’ai toujours adoré les toutes petites demoiselles qui viennent quasi systématiquement grignoter soit nos mains soit nos masques avec un air patibulaire disant clairement : « ici c’est chez moi, toi tu dégages… ». Et bien moi je dis que quand on voit leur taille en comparaison avec la nôtre, ces demoiselles, on peut le dire, passez-moi l’expression familière, en ont dans  la culotte !

 

À la deuxième plongée je me suis fait un petit plaisir personnel, la plupart des plongeurs descendent verticalement la tête en haut. Et j’avoue qu’un de mes plaisirs en plongée et de me retourner et partir tout schuss  la tête en bas jusqu’au fond, ça a un côté un peu grisant car d’un coup on perd tous ses repères et on se laisse descendre sans chercher à retenir sa vitesse. J’ai toujours adoré ce genre de descente, je reconnais cependant avoir la chance d’avoir des oreilles plutôt solides qui s’équilibrent tous les 3 à 4  m , ce qui facilite ce genre d’exercice. Peut-être est-ce que je retrouve là encore cette impression de «  voler ». Toujours est-il, encore une fois, que je retrouve intactes toutes ces sensations. Clairement, il est impossible de les oublier, elles reprennent vie avec une fougue et d’une intensité immédiate.

Ces sensations, ces émotions, ces impressions, ces états d’être, on ne les oublie jamais, on les garde en souvenir, on les embellit parfois quoi que…, on tente de les expliquer, on les garde enfouies en soi parce qu’on les sait précieuses et fortes et, oui, on a surtout très envie de les revivre et de les partager.

 

En vous racontant mes plongées, j’aimerais que vous ressentiez avec moi ce que ce «  monde du dessous » peut avoir de merveilleux, d’étonnant, de sublime parfois, d’exotique

(Même en Bretagne), de dépaysant, et, je vous l’assure, de déstressant.

Cet exercice d’écriture sur des moments très intimes et très particuliers, je ne l’ai fait que peu souvent et n’est pas toujours édité les textes, et pourtant, je crois pouvoir affirmer que tout plongeur n’a qu’une seule envie en sortant de l’eau, c’est mettre des mots sur ce qu’il a vu et le partager.

Ce monde de la plongée est un monde un peu à part, qui partage des valeurs communes, sauf rares exceptions, respectueuse d’un  milieu sous-marin dans lequel nous nous invitons en simples spectateurs.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Published by isabelle Cassou - dans cahier de plongée Rodrigues
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commentaires

Njord 91 25/03/2011 07:44



Quand je lis l'article, j'ai l'impression d'y être. Je veux plonger !!!


Pour le poisson ange, je pense à un ange à anneaux





Bonnes plongées,


Moi, je pars travailler


 



Armide+Pistol 25/03/2011 01:38



Tu as beaucoup de courage d'affronter les fonds sous-marins. Et tu les racontes si bien !



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  • une depressive idéaliste qui veut croire en l'humain, qui n'acceptera jamais la communication à travers la violence, la guerre. j'ai la chance de vivre dans un pays où je suis libre de dire , d'écrire, le faire est un droit mais surtout un devoir
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