Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
28 mars 2011 1 28 /03 /mars /2011 05:20

J. +16 Tao le 25 mars 2011

 

Départ matinal pour ma dernière journée de plongée,  lors de ce voyage, je pars de l’hôtel sous une pluie battante.

J’ai acheté il y a quelques jours, pour quelques euros, un sac marin d’une contenance de 10 l qui permet de garder quelques affaires au sec.

Bien m’en a pris, il m’est aujourd’hui de grande utilité.

 

Nous plongeons aujourd’hui à 6 : la jeune Suisse allemande, deux allemands vivant en Angleterre, Coco, une élève dive master.

La plongée va se faire à nouveau sur     Green Rock, à un maximum de 20 m de profondeur, pendant un peu plus d’une heure.

Nous allons faire de très belles rencontres. Alors  que j’avance tranquillement, je sens quelque chose sur mon mollet, en fait, sans m’en rendre compte,  j’ai pris en stop un joli  petit rémora, poisson suiveur, qui se love sur un beaucoup plus grand que lui afin d’avancer. Ils sont toujours très amusant à suivre car ils changent de  taxi  assez souvent ils sont délicieusement habiles.

 

Un beau baliste titan, peu farouche, se balade au-dessus d’une patate de corail, le corps penché, nous laissons approcher sans montrer signe quelconque  d’agressivité. Sa livrée est splendide, j’ai toujours pensé que la richesse de couleur de certains poissons étaient ni plus ni moins que des chefs-d’œuvre de la nature.

Tout au long de la promenade, nous pouvons apercevoir des « feather stars » (je vous donnerai le nom en français dès que j’aurais pu faire quelques recherches ainsi bien sûr qu’une photo). Elles sont délicatement gracieuses, enroulant ou déroulant leurs bras. On n’en croise de différentes couleurs et c’est toujours un plaisir de les regarder se mouvoir avec élégance, avec lenteur.

En levant le nez, nous apercevons entre deux eaux, près de la surface, un joli banc de barracudas à queues jaunes, composé  d’individus de taille moyenne. Il manque sans doute d’un joli rayon de soleil pour qu’il transcende cette vision agréable.

Nous croisons çà et là des mérous dont un ou deux, de très grande taille. Hélas, Coco filant encore un peu vite, il n’est pas toujours simple de pouvoir prendre le temps de les observer tranquillement. Dieu sait pourtant qu’ils le mériteraient !

La plongée se termine par une délicieuse trouvaille, cachée dans une faille de la roche, un  joli petit poisson coffre jaune à petits pois qui gentiment et timidement du bout de ses petites nageoires nous a laissé l’admirer d’assez près alors qu’ils nous regardaient avec curiosité de ses petits yeux tout ronds surmontant sa ravissante bouche en cœur. Nous restons quelques minutes quasi subjuguées par cette jolie trouvaille.

 

La deuxième plongée se fera sur Twins, pendant là encore une bonne heure, sur une profondeur maximum de 18 m, et là je sais que je vais en faire hurler  plus d’un, dans une eau à 28 ou 29°.

Un de mes rêves de plongeuse serait de croiser dans l’océan un hippocampe. Je sais qu’il y en a quelques-uns par ici et je fais savoir que j’adorerais avoir un. Une jeune femme qui fait la promotion du club de plongée à l’hôtel m’a dit que sur ce site, il est assez facile d’en voir un.

Nous partons donc dans l’idée d’essayer de le trouver. Il loge, semble-t-il, sur le banc de sable.

Alors que nous le cherchons, mon attention est attirée vers un petit couple très amusant et surtout très malin qui montra, encore une fois, que la nature crée des alliances pleines d’intelligence, afin de rendre la vie plus facile aux uns et aux autres.

Un poisson gobie et une jolie crevette aveugle en sont la preuve. Le gobie surveille l’horizon alors que la crevette expulse le sable de leur trou.

Les regarder faire est vraiment passionnant et je ne peux m’empêcher de penser que nous serions bien avisés parfois de prendre exemple sur ce genre d’entraide pleine de ressource et d’intelligence dans la reconnaissance des compétences de chacun.

 

Alors que nous cherchions désespérément l’arlésienne hippocampe, nous allons rencontrer un cousin germain : le syngnathe qui possède cette tête de cheval caractéristique mais sur un corps totalement allongé. On le croisse très souvent un peu partout, entre autre en Bretagne.

 

Quelques jolies raies tachetées se laissent apercevoir alors qu’elles se reposent  posées sur la roche. Les mérous sont un peu partout.

Quelques petits groupes de poissons à gros yeux nagent au-dessus du corail en tournant en rond sans véritable hâte.

Les eaux sont très riches en différentes sortes de crevettes qui déploient leurs pattes graciles avec une belle énergie. Elles sont souvent cachées elle aussi dans les failles.

 

Au gré des plongées, je rencontre ce que j’aimerais, hélas, ne jamais croiser : des déchets, plastiques, canettes et autres déjections humaines.

J’ai toujours détesté faire ce genre de trouvailles et me fait un devoir de ramasser systématiquement tout déchet qui n’a pas sa place en ce monde.

Ce jour là je trouverai une canne et ce qui a sans doute été un fond de bloc en plastique.

Dans les îles, où qu’elles soient, le plastique sous quelque forme que ce soit est un véritable poison. Il n’existe aucune infrastructure afin de le recycler ou détruire. Et c’est une véritable catastrophe écologique que d’amener et de laisser du plastique dans certains endroits sur cette planète.

Hélas, le besoin éminent de consommation fait qu’ici le plastique est partout, sans aucune restriction.

Le voir en dessous, alors que ses sites sont fréquentés par des plongeurs quasi exclusivement, est sans doute la plus grosse faillite du cursus éducatif de  PADI !!!!  Vous me direz que ne pas jeter de plastique ou de canettes par-dessus bord semble relever du bon sens. Mais dès lors que l’on sait en trouver, on sait aussi que parfois même si les choses semblent aller sans dire, il est toujours préférable de continuer à les dire et à les redire.

Nous sommes dans une société où le respect qu’il soit de l’humain ou de la nature, ne semble plus aller de soi, alors pourquoi ne pas revenir dans le cadre de l’éducation à des notions toutes simples de civisme et de civilité à apprendre à réapprendre, voire à découvrir !

 

Nous rendons visite, pour ma part pour la dernière fois, au petit poisson arlequin juvénile, continue inlassablement à remuer en tous sens semblant ainsi dire : « mangez-moi mangez-moi… ! ». Pourtant il est toujours là et personne ne semble vouloir le manger, sur ce, il est si petit qu’il aurait beaucoup de difficultés, en tout état de cause à nourrir son hom …, heu non pardon son poisson !

 

Alors que nous sommes à la fin de cette dernière plongée, je vais vous parler d’une autre sensation très particulière à cette activité.

La remontée doit se faire à une vitesse relativement lente. De ce fait, alors que  l’on remonte vers  la surface, le fond s’éloigne lentement et petit à petit, le regard s’élargit. Alors que l’œil s’était habitué à regarder les détails, il est maintenant de plus en plus confronté au fil de la remontée, à une vision d’ensemble. Alors que la visibilité est relativement moyenne,  cette impression est un peu trouble, troublée par une vision difficile, comme si l’on voyait les choses à travers un léger brouillard. L’imaginaire a tôt fait de voir à travers cette brume des formes fantomatiques, peut-être celles de tous les merveilleux poissons que l’on sait, laisser là, alors que doucement on les survole afin de revenir dans notre monde.

À chaque plongée, et a fortiori à la dernière, j’ai toujours un petit pincement au cœur alors que je vois s’éloigner ce spectacle grandiose qui m’a invité l’espace d’un petit moment.

Toutes ces sensations, ces impressions, ces ressentis, je sais les laisser là pour sans doute plus d’un an et je mentirais en prétendant que ce n’est pas un crève-cœur.

 

J’espère que ces quelques promenades, dans le monde du dessous, à travers quelques mots vous aura donné l’envie d’aller, à l’occasion, y faire un petit tour. On est si bien…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Partager cet article

Repost 0
Published by isabelle Cassou - dans cahier de plongée Rodrigues
commenter cet article

commentaires

Quichottine 29/03/2011 23:17



Je préfère t'écouter en parler, voir les images ici ou sur la Galère de mon amie Siratus...


 


Tu sais que j'ai une peur bleue de l'eau ?



Armide+Pistol 29/03/2011 00:56



Je n'ose me risquer à me hasarder dans ce monde sous-marin que tu décris si bien.


Merci pour ces reportages !



Un Peu De Moi

  • : dépressive utopiste: isabelle
  • dépressive utopiste: isabelle
  • : une dépressive redécouvrant le monde semaine après semaine ...Une humaniste qui revit. écrire pour vivre, vivre pour écrire .
  • Contact

Profil

  • isabelle Cassou
  • une depressive idéaliste qui veut croire en l'humain, qui n'acceptera jamais la communication à travers la violence, la guerre. j'ai la chance de vivre dans un pays où je suis libre de dire , d'écrire, le faire est un droit mais surtout un devoir
  • une depressive idéaliste qui veut croire en l'humain, qui n'acceptera jamais la communication à travers la violence, la guerre. j'ai la chance de vivre dans un pays où je suis libre de dire , d'écrire, le faire est un droit mais surtout un devoir

 

 

 

 

bricabracBLEU13.png

 

Chatouillis méningés

 

 

 

 

 

  Je ne peux pas dire

qui je serai demain.

Chaque jour est neuf

et chaque jour je renais.
Paul Auster

Les Vintages

En Musique ...

je grandis