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28 mars 2011 1 28 /03 /mars /2011 20:08

J. +17 Le 26 mars 2011

Il y a des journées  où tout est, a priori, contingenté, prévu, minuté. Mais, parfois, le beau programme bien huilé déraille lamentablement.

Aujourd’hui, journée transit entre Koh Tao et Bangkok via Koh Samui.

 

Je me  lève vers 7 :00 afin de remplir mon sac de plongée. Premier obstacle, mais celui-là je l’avais prévu, étant donné que depuis trois jours nous avons un temps de mousson, ma stab (c’est-à-dire mon gilet stabilisateur) est encore très mouillée ainsi que mes chaussons et diverses bricoles.

Tout cela a deux conséquences :

La première est qu’il me faut isoler, dans le même sac, tout ce qui est mouillé, des vêtements qui, s’ils restaient secs, seraient nettement plus agréable à porter.

La seconde, Contrairement à l’usage, en l’occurrence l’eau fait grossir et les articles mouillés prennent du poids.

Pour une fois, je vais vous impressionner, il y a deux jours, j’ai acheté ces stop pluies en plastique léger afin d’envelopper tout ce qui pouvait être humide : là, reconnaissez que j’ai fait très fort !

 

Je vais prendre mon petit déjeuner dans les temps, puis me rend à la réception pour payer. Petit souci, impossible de faire passer la carte bleue, la pauvre fille à la réception s’escrime à la passer dans différentes machines. Rien n’y fait. Je n’ai pas assez de cash sur moi, je propose donc que l’on passe à une banque avant de nous rendre au port afin que je prenne le bateau. Là encore les distributeurs de cartes bleues sont en panne, il me reste heureusement quelques euros que je change en Baths.

Petit incident mineur ne direz-vous, ce en quoi vous aurez tout à fait raison, mais il devait cependant laisser présager de la suite…

 

Le taxi me laisse avec mes bagages dans une salle bondée afin de régulariser mon ticket, or renseignements pris, ce n’est pas nécessaire, je peux me rendre directement au bateau. Me voici donc partie avec mon sac de plongée (30 kilos), mon sac photo (environ cinq kilos), ma petite valise cabine (environ 10 kilos), sur un petit chemin de bois excessivement accidenté, ou bien sur rien ne veut rouler, vous pouvez imaginer que je suis un tantinet ennuyée et je croise un grand nombre d’Européens qui  préféreraient me marcher dessus plutôt que d’attendre une seconde que je me dépatouille de tout ça voire même, mais la faut pas rêver, m’aider au moins à passer l’obstacle.

Je peste en français à voix haute, contre tous ces mecs plus malotrus les uns que les autres, quant un  charmant monsieur me prend mon sac des mains alors que plusieurs Thaïlandais m’interpellent afin de savoir si j’ai besoin d’aide. L’un d’entre eux empoigne mon gros sac de plongée et me l’amène jusqu’au bateau. Une fois le sac posé, il repart en me saluant et il faut que je le retienne pour lui donner un pourboire.

 

J’ai, là, envie faire une petite parenthèse. Depuis que je suis en Thaïlande, que ce soit dans les hôtels, l’aéroport, le port, ou dans la rue, à chaque fois, que j’étais très chargée, quelqu’un est spontanément venu m’aider. Et ce faisant, jamais aucun d’entre eux, je dis bien aucun , heu si, en fait un seul, n’a réclamé d’une quelconque manière un pourboire qui pourtant était  tout à fait mérité.

Mes propos, vous le savez, n’engage que moi, et loin de moi l’idée d’en faire une généralité. Cependant, depuis que je suis en Thaïlande, j’ai vraiment eu l’impression d’avoir autour de moi des personnes souriantes le plus souvent sans aucune raison, accueillantes, attentives et très souvent  réellement prévenantes. Je n’ai jamais été sollicitée d’une quelconque manière avec agressivité et j’ai adoré et vraiment apprécié tous les merveilleux sourires, encore une fois gratuits, que j’ai reçu tout au long de mon séjour.

Et je serais tentée de dire, Messieurs et Mesdames les parisiens, prenez en de la graine ! ! !

 

Au port, je passe devant un jeune homme de type européen qu’il semble légèrement perturbé. Il est accompagné par un Thaïlandais dont la casquette est marquée police. Alors que je m’installe dans le bateau, l’homme se trouve en face de la grande fenêtre. Je remarque alors qu’il est menotté. Il passe d’un état léthargique à une excitation anormale en permanence. Il donne l’impression d’être installé dans une sorte de mal-être inconscient. Le policier près de lui, parfois lui tient la main, parfois  passe son bras autour de son épaule . Il reste sans cesse attentif et excessivement prévenant avec ce jeune drogué. Manifestement, le garçon est en plein trip et vu de l’extérieur, son voyage ne donne pas l’impression d’être agréable.

Il sera attendu à l’arrivée par toute une équipe médicale et transporté en ambulance toujours avec autant de ménagement. La Thaïlande ne plaisantant pas avec la drogue, il est très possible que toute cette prévenance ne soit plus de mise par la suite…

 

La traversée dure 2 :30 et le moins que l’on puisse dire est qu’elle est mouvementée. Les hommes de bord avec un sourire radieux encore une fois  distribuent des sachets plastiques et des pilules contre le mal de mer. Dès qu’une personne se déplace, ils viennent la soutenir et accompagner sa démarche quelque peu chaloupée et incertaine.

La mauvaise idée me prend de regarder les vagues, je sens tout doucement mon estomac se mettre à chavirer. Je finis par m’assoupir.

A l’arrivée au port, je suis pris en charge par un taxi, compris dans le prix de la traversée, qui nous amène à l’aéroport.

 

Encore une fois, aucune attente pour les billets achetés sur Internet, je pose mon gros sac sur le tapis et présente mon billet ainsi que ma déclaration de perte de passeport. La jeune femme du guichet tapote un moment sur son ordinateur puis décroche son téléphone, s’ensuit une très longue conversation. Elle raccroche. J’essaie de lui demander ce qu’il se passe, elle me répond : « un moment ». Elle retapote, retéléphone, reraccroche.

Je commence à soupçonner une éventuelle embrouille. En effet, elle se lève et m’explique que je n’ai pas pris le vol Bangkok Koh Samui le 10 mars à l’aller, le vol retour a donc été naturellement annulé. Je n’ai donc plus de place sur le vol de 13 :45.

Je tente de lui expliquer que j’ai effectivement pris le vol aller 2 :00 avant celui qui était initialement prévu.

Ce à quoi elle me répond : «vous avez demandé un autre vol, donc nous avons annulé le retour parce que vous n’avez pas pris le vol qui était prévu.»

Je lui réponds légèrement agacée : «je n’ai absolument rien demandé la personne qui était comme vous au guichet à Bangkok m’a d’office changé de vol »

Elle me dit : « pas de place sur cet avion,  vous devez attendre et êtes mise en stand-by sur le vol»

Au guichet des passagers en stand-by, s’accumulent ni vu ni connu  un bon nombre de passagers cherchant désespérément une place de retour vers Bangkok. Le monsieur qui se trouve au guichet garde un calme olympien et ne cesse de répéter : « wait, wait, please » (attendez …).

Je tente de lui expliquer mon cas, il me dit qu’on s’en est occupé et je suis la première sur la liste d’attente.

L’heure passe, mon vol est complet, et alors que je demande des nouvelles à propos du prochain, il m’est répondu : « vous devez attendre vous devez attendre ! ». Je tente de nouveau d’expliquer à cette personne que je ne suis en rien responsable du fait que cette réservation ait été annulée. Je commence tout doucement à m’agacer pour de vrai . Sentant le conflit venir, la charmante dame me dit qu’elle va en parler à son superviseur. Qu’à cela ne tienne, je la suis vers le bureau de sa responsable.

Pour la troisième fois je réexplique mon problème, encore une fois on tente de me mettre l’erreur sur le dos puisque je n’ai pas pris le vol prévu à l’aller. Là, je suis carrément très agacée. Je regarde la dame tentant toujours de lui expliquer mon cas. Elle fait preuve d’une écoute globalement assez moyenne, restant sur ses positions et me disant : «you must wait … ».

Je lui explique alors, que j’ai le soir même à Bangkok un rendez-vous très important , ce qui est totalement faux, que je ne peux sous aucun prétexte rater. Et que je ne suis encore une fois pas responsable d’une erreur commise par la compagnie aérienne Bangkok airways pour ne citer personne.

Je lui fais gentiment remarquer que mon billet a été payé il y a deux mois, et que n’ayant plus de place sur le vol, C.Q.F.D. cette place a été rebookée. Ce sont des pratiques commerciales assez peu honnêtes.

Clairement, l’argument a du poids, elle est bien obligée d’admettre qu’effectivement la compagnie est dans l’erreur.

Sur ce, dans l’immédiat ça ne change pas grand-chose, les vols sont toujours complets et je suis toujours en liste d’attente. Un charmant monsieur me dit d’aller déjeuner et de revenir en début d’après-midi. Je m’exécute,  reviens vers 14 :30, et là on me dit : « pas de place, pas de place… Revenez à 8 :00 …». Qu’à cela ne tienne, à nouveau, je retourne voir la responsable et recommence encore une fois mon bla-bla sur un ton, cette fois, un peu plus ferme.

J’attends de nouveau jusqu’à 4 :30. Les vols pour Bangkok sont toujours plus que bookés. Il m’est alors proposé de prendre un vol pour Phuket vers 18 :30 et dans la foulée un vol Phuket- Bangkok ce qui m’amènera à Bangkok vers 21 :30 le soir même. Je retrouve enfin mon sourire. Peu importe l’heure d’arrivée et le moyen d’y arriver, l’essentiel est que je sois à Bangkok ce soir.

Depuis, j’ai reçu un questionnaire de satisfaction par le prestataire où j’ai acheté mes billets, je me ferai bien sûr un plaisir d’y répondre…

Le rebooking est devenu maintenant une pratique courante et pas très honnête de beaucoup de compagnies aériennes qui peuvent de cette manière revendre deux fois le même siège.

Alors que j’attends, le même problème s’est posé quatre fois. Les passagers concernés n’ont pas nécessairement apprécié non plus.

 

Les deux vols se sont bien passés. Je suis attendue à l’arrivée par le van de l’hôtel.

Il m’aura fallu plus de 12 :00 pour faire 700 km, mais je suis là et bel et bien là …

 

 

 

 

 

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Published by isabelle Cassou - dans cahier de voyage Rodrigues
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commentaires

Quichottine 29/03/2011 23:19



ouf ! Tu imagines ? Tu aurais pu ne pas trouver d'avion pour le retour...



Armide+Pistol 29/03/2011 00:23



Le principal est bien d'arriver à destination. Mais quelle journée...



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