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30 mars 2011 3 30 /03 /mars /2011 04:07

J. +18 Bangkok le 27 mars 2011

La journée d’hier ayant été un tantinet éprouvante, je décide de passer ce dimanche de manière très tranquille.

L’hôtel étant très sympa et pas trop mal placé, je prolonge ma réservation jusqu’à la fin de la semaine. Une navette gratuite fait toutes les heures à l’heure le chemin vers l’aéroport. De là, on peut prendre le sky-train qui s’arrête dans Bangkok, ce pour la modique somme de 45 Baths soit à peine un euro.

Je prends la navette pour l’aéroport à 12 :00, ayant fait toutes les photocopies des documents nécessaires pour régler les problèmes de passeport et transport. Étant donné qu’il est encore tôt, je décide finalement de m’arrêter à l’aéroport afin de régulariser mon billet d’avion de retour pour Paris et de filer ensuite vers le centre de Bangkok, histoire de flairer un peu la ville…

Le comptoir de la compagnie aérienne est fermé. Je vais donc directement au sky-train. Comme son nom l’indique, le train navigue en plein air. Il est visiblement très récent et ne montre aucun signe de dégradation si vous voyez ce que je sous-entends…

Pratiquement tout le monde a son téléphone portable en main mais étonnamment, il est assez rare de voir des gens équipés d’oreillettes afin d’écouter de la musique.

La station Phaya Thai est le terminus. Je descends, l’endroit  est gigantesque, très bétonné et planté très haut au-dessus de la chaussée.

Je descends sur le trottoir, et à peine y ai-je mis les pieds, que deux  taxis s’ arrêtent déjà.

Le premier est un touk touk, le deuxième est traditionnel.

À ce stade, je vous dois une petite explication sur les différents moyens de transport à Bangkok. Ils ne manquent pas. Il y a le sky train, le métro, le bus, puis les taxis : collectifs comme à Koh Samiu,  des voitures traditionnelles quoi que (je vous expliquerai plus tard), des taxis motos, et enfin les touk touk, en anglais dans le texte tuk tuk, qui sont en fait des sortes de triporteurs à moteur, typiquement thaïlandais, qui se faufilent entre voitures et motos.

Évidemment, vous vous en doutez, je prends le touk touk. Et à partir de ce moment-là, jusqu’au soir tard, un sourire niais et ébahi ne m’a plus quitté. Je suis tombée littéralement amoureuse de ce moyen de transport. On se retrouve le nez à l’air, l’air conditionné étant le vent.

Le touk touk est infernal, il roule à vive allure, prend les virages à droite, double des files entières de voitures, ne respecte rien ou presque, se plante devant tout le monde à chaque feu rouge afin de démarrer le premier. Immédiatement, j’ai adoré … Je serais bien incapable de vous dire pourquoi, sans doute l’attrait de la nouveauté en grande partie, mais aussi, une façon typique certes et locale de découvrir la ville.

Étant plongeuse, il m’est rarement arrivé de rester dans une grande métropole plusieurs jours, seule.

Les villes asiatiques ont une certaine tendance à la démesure. Bangkok semble ne pas y échapper.

 

Je ne discute pas le prix à l’avance de la course de mon premier touk touk, fort heureusement il est honnête. Il me conduit à ma première étape, le Grand palais. C’est sans doute le monument ou les monuments les plus emblématiques de Bangkok.

Le lieu est religieux et avant même d’y entrer, l’architecture que l’on devine semble emplie de magnificence.

J’avais lu sur le net qu’il fallait impérativement avoir une tenue correcte afin d’entrer dans le lieu. Je portais donc une chemise à manches suffisamment longues, des chaussures correctes (non des Tongs) et un pantalon de type caleçon long.

Un charmant monsieur me montre mon pantalon tout en m’interdisant l’entrée. Il m’envoie vers un bâtiment où une longue queue se forme afin que l’on me prête un sarong. L’affaire est très organisée. Dans un premier temps, on laisse 200 bahts de caution. Ensuite, on rejoint une autre file afin de recevoir les vêtements estampillés corrects. Il semble qu’il y ait plus de femmes que d’hommes dans les lieux, car les hommes passent immédiatement, pour les femmes, il y a un délai d’attente d’environ 10 minutes. Je passe un sarong bleu et pars enfin vers l’entrée du palais.

 

Il est donné à chaque visiteur un petit dépliant expliquant le lieu. Le mien est évidemment en français.

Toute la première partie de la visite est en fait une succession de temples tous  plus grands et plus chargés les uns que les autres. L’or prédomine, mais des tas de petites parcelles de couleur étincelantes donnent à l’ensemble cette incroyable magnificence pressentie.

Il y a beaucoup de monde. Et l’on sent, malgré la foule, une grande ferveur et un grand respect pour le lieu.

Il y a quelques touristes européens, mais la majorité des étrangers, ici, sont chinois ou japonais.

Il est vendu à l’entrée une sorte de package comprenant : une fleur de lotus blanche ou rose, des brins d’encens, une bougie et des petites pastilles de feuilles d’or. L’encens et la bougie sont allumés et posés sur des récepteurs prévues à cet effet. L’offrande se fait toujours les mains jointes devant le visage à mi-hauteur. La fleur est posée sur un grand plat doré. Elle rejoint les autres en une sorte de bouquet couché. Les petits morceaux de feuilles d’or sont délicatement posés sur le bout du doigt et collés sur une statue de bouddha.

Ce lieu est à double titre un endroit sacré puisqu’il rend honneur à deux valeurs de très haute importance en Thaïlande : la royauté et le bouddhisme.

Les temples sont nombreux, aucun n’est semblable. Tout est  d'une propreté remarquable et les travaux en cours montrent que l’entretien reste permanent.

La population en grande partie touristique du lieu est un grand brassage de communautés, de religions, de pays, chacun se promenant, observant, photographiant (japonais obligent), et surtout respectant la grande ferveur de certains.

Dans le plus grand temple, on peut pénétrer en respectant quelques règles : un minimum de silence et de retenue, pas de photographies ou de vidéos, et alors que l’on peut s’asseoir sur le sol, ne jamais mettre ses jambes à l’avant de son corps afin de respecter bouddha.

Les contrevenants, assez rares, sont gentiment mais fermement remis sur le droit chemin.

L’intérieur du temple est entièrement décoré. Les murs sont peints de différentes scénettes. Tout l’arrière du temple est entièrement recouvert de statues en or à l’effigie de bouddha. Nombre de personnes sont assises sur le sol, les jambes repliées sous leur corps, elles prient devant cet autel d’une grande préciosité. La prière, bien sûr, reste un moment d’intimité mais qui n’est nullement gênée ni par la foule, ni par le bruit qu’elle génère.

S’il semble que nous, chrétiens et européens, ayons un besoin impératif de recueillement dans le silence, les bouddhistes ont une approche plus pragmatique et respectueuse de ce qu’est la vraie vie. Enfin, encore une fois, ce n’est que mon ressenti.

À la sortie de ce grand temple, une très grande coupe dorée, est remplie d’eau. Chacun, prend une fleur de lotus, la trempe dans l’eau et la place au-dessus de sa tête ou de celle d’un ami ou d’un membre de la famille. Ce geste est une sorte de bénédiction qui est censée porter bonheur.

Chacun accompli le geste avec une très belle félicitée puisqu’après tout il s’agit d’offrir à l’autre le bonheur. Les sourires sont radieux.

 

Vers l’arrière du lieu, se trouve le palais proprement dit, qui semble être en rénovation à l’intérieur et qui ne se visite pas. L’architecture est beaucoup plus occidentale. Quelques gardes en belle tenue blanche sont sollicités pour une traditionnelle photo.

Je continue ma visite vers l’autre extrémité du palais. Un autre temple, encore différent, abrite à l’arrière un petit jardin où des statues miniatures sont mises en valeur.

Toute cette partie depuis le palais est flanquée de statues grandeur nature représentant des guerriers au visage de pierre.

 

La visite se termine là, il est temps d’aller rendre le sarong. Le palais ferme à 4 :00.

En sortant, je suis apostrophée par un touk touk, je lui demande de me conduire à un des très grands marchés qui n'ouvre que le week-end. Cette fois, je suis un peu plus prudente et demande le prix avant de monter. Il m’annonce le double de ce que le premier n’avait fait payer.

Petite discussion pour la forme, et nous voilà partis …. Il m’explique en cours de route qu’il existe différentes sortes de  touk touk et il ne faudrait pas voir à confondre un beau touk touk comme le sien en un touk touk bas de gamme qui n’est « no, good, no good ! 10 box, 20 box, bad touk touk ».

Je vais là encore ouvrir une parenthèse, je sais très bien que, par principe, personne m’aime surpayer quelque chose, se faire quelque peu rouler dans la farine, mais bon voilà : 100 baths c’est 2,40 €. Pour 200 baths, vous faites à peu près l’équivalent d’une traversée complète Nord-Sud de Paris, voire peut-être même plus. Alors que l’on veuille à tout prix discuter les prix, je suis d’accord, mais bon, peut-être y a-t-il des limites. Vous allez sans doute me trouver un peu stupide, mais bon voilà, c’est moi, j’ai peur qu’il ne soit trop tard pour me changer, j’ai toujours beaucoup de difficultés dans des pays bien plus pauvres que les nôtres à avoir des comportements de marchande de tapis sous prétexte d’être arnaquée d'1 ou 2 euros.

Bref discuter le prix : OK, mais dans la limite du raisonnable…et surtout, toujours de manière respectueuse.

  d'

Me voici donc arrivée au marché de Chatuchak, ce marché est  énorme, gigantesque capharnaüm mélangeant petites ruelles à la façon d’un souk aux grandes allées longées par des dizaines de vendeurs de nourriture en tout genre : grillades, brochettes, fruits, soupes, plats à base de riz, fritures diverses aux légumes, à la viande, au poisson, aux crevettes et autres bestioles parfois plus exotiques…

Une spécialité thaïlandaise est le café au lait, il est préparé dans des brocs, sucré, la boisson une fois  accommodée est vidée d’un broc à l’autre.

Des « restaurants » sont installés et on y sert à toute heure des mets divers et variés.

Je vous laisse imaginer les odeurs étonnantes que l’on croise sans cesse sur ce marché merveilleusement asiatique. Les épices se mêlent aux poissons séchés, les odeurs de poulet au barbecue s’entremêlent à celles des différentes fritures. Le tout devient incroyablement chamarré.

Les couleurs ne sont pas en reste, tant celles des myriades d’objets en tous styles et en tous genres, parfait déballage d’Orient et d’Occident, où tradition et modernité ne font plus qu’un.

Je me balade dans les allées et  étant, vous le savez, plutôt bon public, je n’ai pas les yeux assez grands pour tout voir… ce qui est fantastique et totalement improbable dans nos contrées ou même aux puces, le beau et cher à beaucoup de mal à fréquenter le plus ordinaire, ce sont ces stands accueillants, les uns à côté des autres, des babioles à deux balles en plastique ou des magnifiques meubles en teck.

 

Les marchés ont presque toujours ce mélange de couleurs, d’odeurs, de saveurs. En Orient, tout cela est décuplé. L’endroit grouille de monde.

Le petit vendeur handicapé de billets de loterie côtoie le jeune homme habillé d’un costume en forme de cornet à frites se dandinant sur un podium répandant une musique techno haut et fort.

Je reste sur le marché plus de 3 :00 et je suis loin d’en avoir fait le tour. N’ayant ni d’heures pour rentrer, ni de parcmètre ou de parking à gérer, j’éprouve un réel plaisir à me perdre dans tout ce dédale de ruelles bordées de chaque côté par des dizaines et des dizaines d’échoppes.

Je n’y achète quasiment rien, le but n’était d’ailleurs pas d’acheter, je déambule juste pour le plaisir de m’imprégner de cette ambiance si particulière.

Je continue à avancer, les vendeurs de nourriture hèlent les passants, chacun vantant les mérites de sa gastronomie. La concurrence est rude.

Des sièges à certains endroits sont posés sur le trottoir et des masseuses vous proposent leurs services : « massages, massage, 180 baths for one hour, foot, neck, shoulders… ».  Je ne résiste pas et me voilà installée pour 1 :00. La masseuse ne parle pas un mot d’anglais. Elle s’inquiète parfois de me voir légèrement grimacer alors que ses mains sont d’une grande fermeté et me regarde en disant : « OK, OK ? ».

Ne croyez certainement pas, encore une fois, qu’il y ait une quelconque connotation sensuelle à ses massages, je peux vous dire que celui-là n’a rien d’une papouille, les mains de la dame sont sûres d’elles, expertes non pas en sexe mais en muscles ! Bien que parfois une petite douleur se fasse sentir, je peux vous dire que quand on en a plein les tongs (ben oui, franchement porter des bottes à Bangkok … ), on ressort de cette heure de repos le pied léger et tout cela, pour la modique somme de 4,50 €. Quel beau pays !

 

Il est plus de 8 :00, je dois songer à rejoindre l’hôtel et je prends pour cela mon dernier touk touk de la journée. Il me vante, mine de rien, les qualités extraordinaires du meilleur restaurant de Seafood de Bangkok. Sur le moment, je n’y prête pas plus attention que ça et ne comprendrait l’allusion que le lendemain.

 

Mais c’est une autre histoire…

 

Ma première journée à Bangkok s’achève, les premières impressions sont délicieuses. D’entrée de jeu, sans même trop savoir pourquoi, j’aime cette ville.

 

 

 

 

 

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Published by isabelle Cassou - dans cahier de voyage Rodrigues
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commentaires

Armide+Pistol 30/03/2011 13:34



J'ai bien apprécié t'accompagner dans ta balade ; touk touk, sky train, Grand Palais, marché odorant et maintenant...



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