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7 février 2012 2 07 /02 /février /2012 23:01

 

 

 

 

gaie

 

Il est de 22 heures et je rentre de ma partie de belote.

 J’ai reçu plusieurs coups de fil aujourd’hui, mais je suis injoignable pour cause de causette ou de parties endiablées.

 

J’ai envie de vous raconter l’amour à la clinique pour gros …

Mon ami le beloteux  (allias le raciste au grand cœur)  a un compagnon de chambre d’environ 55 ans.

Ce Monsieur nommé José était, il y a quelques années, sous dialyse. Il a bénéficié d’une greffe et a été mis sous cortisone.

De là, il a beaucoup grossi et a développé un diabète insulinodépendant.

Et le voilà dans notre clinique pour gros à apprendre la diététique alors que rien ne le prédisposait à devoir le faire.

José est un homme de taille moyenne, brun, aux yeux très vifs. Il affiche, le plus souvent, un beau sourire.

Et, dès qu’on le rencontre, on sait qu’il n’est pas homme à se prendre la tête. José est ce qu’on appelle un homme facile à vivre, plutôt bon-vivant, blagueur, causant.

Avant-hier matin, pendant le cours de diététique, une petite dame espagnole s’est mise à piquer du nez. Je n’ai pas compris tout de suite, mais José simplement en la regardant s’est trouvé atteint d’un fou rire. Il riait si fort que je voyais couler des larmes le nom de ses joues.

Ce genre de rire est nécessairement contagieux. Le seul fait de regarder José ou le beloteuxce ravivait le rire naissant.

Bref, vous l’aurez compris, José est un homme simple et sympathique.

 

Hier, alors que le cours de diététique se terminait, une charmante quinquagénaire à la longue chevelure blonde éthérée a décidé de faire quelques travaux d’approche envers le José.

Moi qui ai travaillé des années, soit à l’hôpital, soit à Rungis, c’est-à-dire dans des lieux où la gaudriole et  la drague sont monnaies courantes, j’étais toujours la dernière prévenue, au risque d’ailleurs de faire quelques gaffes, car je ne voyais ou percevais jamais rien.

Mais là, dans ce lieu bien moins réputé pour ces choses-là, je me suis amusée à regarder cette femme d’âge mûr draguer sans vergogne. Notre blonde semblait retrouver ses 20 ans et la voilà bondissante jouant aux chatouillis chatouillas, minaudant telle une jeune fille en fleurs.

La photo que j’ai choisie pour cet article ne l’a pas été par hasard. Elle représente en tout point cette femme criant son émoi.

 

La belle blonde et José mangent  à la même table. Alors que les premiers jours, elle attachait systématiquement ses cheveux en grandes nattes, elle arrive maintenant toute chevelure dehors exposant sa longue crinière blonde.

Elle affiche un sourire ravageur qui n’échappe pas à pas grand monde.

Le beloteux a bien vu son manège.

Et José, s’il n’en laisse rien paraître, n’en est pas moins aveugle.

Ce midi, puis ce soir, à la sortie de table, alors que José rentrait tranquillement vers sa chambre. La belle blonde lui emboîta le pas ne laissant aucun doute sur ses d’éventuelles intentions.

Mais voilà, l’amour est bien fantasque. Alors que la belle se languit déjà, José ne le voit pas du même œil.

La belle est un brin collante, un peu trop fantasque à son goût.

 

L’amour frappera-t-il à la clinique pour gros ? Rien n’est moins sûr…

Mais une chose est sûre, la petite société d’un groupe de gros dans une clinique perdue dans une banlieue lointaine fonctionne comme tout autre société.

Il est toujours intéressant, en l’instance agréable, de voir les affinités se créer, se faire, se défaire.

Alors que quelques-uns partent rejoindre leur chambre de bonne heure,  une table est occupée par des joueurs de rami, l ‘autre par des joueurs de belote, une autre par quelques bavards, et enfin, une autre par un petit groupe où se mélangent diverses générations et où l‘on joue tantôt au trivial poursuit, tantôt au Monopoly, tantôt au Scrabble…

Une société se crée basée sur le hasard, quelques affinités, elle est nécessairement éphémère, mais n’en est pas  moins globalement sincère.

 

 

 

 

 

 

 

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Published by isabelle Cassou - dans il était une fois
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commentaires

Nina 10/02/2012 23:48


J'aime bien, très poétique !

isabelle Cassou 12/02/2012 18:14



un vécu amusant dans une clinique pour gros, merci de tes visites et de tes petits mots qui me vont droit au coeur



Didier - 365 Photos 10/02/2012 11:51


Tu m'as bien fait rire avec tes histoires !


Bonne journée Isabelle

isabelle Cassou 12/02/2012 18:12



être hospitalisée n'empêche pas d'en rire... Bonne soirée à toi Didier



siratus 09/02/2012 23:09


J'aime bien ces portraits des gens qui partagent ce lieu avec toi, Isabelle : humour, gaîté et tendresse dans tes billets.


Douce nuit. Gros bisous

isabelle Cassou 12/02/2012 18:10



tendresse pour des compagnons d'infortune avec lesquels je passe effectivement de bons moments. Ma vie mon chez moi, mes amis, mon ami me manquent ... encore deux jours a passer ici


bisou à toi



chantal11 09/02/2012 15:36


Kikou Isabelle, dommage que je ne peux jouer à la belot avec toi et d'autres, je n'ai pas joué depuis si longtemps que je ne sais pas si je n'ai pas oublié!


Tu parles de cortisone, j'ai connu et j'ai pris 10kgs..


Bonne journée et à tout bientôt pour la suite de ces aventures.


chatou

isabelle Cassou 12/02/2012 18:07



je n'avais plus joué depuis des lustres, mais c'est comme le vélo ça ne s'oublie pas...


Bonne soirée en ce dimanche frileux et à bientôt



Opium 09/02/2012 10:29


Un instant, à la lecture du titre de ton article, j'ai vu l'oeil de Teddy se mouiller...
Puis, poursivant la lecture, je pense qu'il aura retrouvé son beau sourire...


Oui, chaque groupe est une société en soi...
C'est vrai ici, mais c'est aussi vrai dans l'entreprise, ou dans une Association...


Un groupe de personnes, partageant quelque chose (ici le besoin de comprendre son corps, là la nécessité de faire au mieux son travail, ailleurs, l'idée qui domine l'adhésion au groupe) va
toujours "au delà" de la simple limite des relations impersonnelles.


Oui, tu nous plonges à la fois dans ton quotidien, mais tu nous renvoies au notre...


Bravo !

isabelle Cassou 12/02/2012 18:07



à vrai dire, teddy me manque ...


merci de tous tes petits mots gentils, qui me font sourire à chaque fois, et pas que moi d'ailleurs...


Je t'embrasse très fort et à très bientôt


 



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  • une depressive idéaliste qui veut croire en l'humain, qui n'acceptera jamais la communication à travers la violence, la guerre. j'ai la chance de vivre dans un pays où je suis libre de dire , d'écrire, le faire est un droit mais surtout un devoir
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Chatouillis méningés

 

 

 

 

 

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Chaque jour est neuf

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