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2 mars 2012 5 02 /03 /mars /2012 02:43

 

 

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Le  bonheur
 
Définition : état durable de plénitude et de satisfaction, état agréable et équilibré de l’esprit et du corps, d’où la souffrance, le stress, l’inquiétude, et le trouble sont absents.
 
J’ai essayé de retenir, afin d’étayer mon propos, une définition plutôt complète de ce mot fort dévoyé et si mainte fois décrit ou décrié.
 
En piochant par ci par là, il existe au delà des très nombreuses divergences sur le sujet, quelques axiomes reconnus par les philosophes, psy en tous genres et autre sommités définissant le bonheur comme étant relatif et subjectif.
Les sociologues ne prennent pas la peine d’étudier le phénomène puisqu’il l’estime bien trop changeant d’un individu ou d’une société à l’autre.
 
Le bonheur est donc une notion abstraite qui consisterait à ce  que chacun imagine ce qui pourrait le rendre heureux.
Il semble que la plupart des philosophes l’estime, dés lors, illusoire voire inatteignable car placé bien plus dans l’imaginaire de chacun que dans une réalité tangible.
 
Alain écrit : « Espérer, c’est être heureux. »
Selon Epicure : « il est impossible d’être heureux sans être sage »
Spinoza oppose le bonheur à la passion
Malraux pense : « le bonheur est pour les imbéciles. »
Kant estime : « « Le bonheur est la satisfaction de toutes nos inclinations (tant extensive, quant à leur variété, qu’intensive, quant au degré, et aussi protensive, quant à la durée) » il l’estime donc impossible.
Nietzsche nous dit : «Celui qui ne sait pas se reposer sur le seuil du moment pour oublier tout le passé, celui qui ne se dresse point, comme un génie de victoire, sans vertige et sans crainte, ne saura jamais ce que c'est que le bonheur»
Le bonheur, qu’on le considère simplement comme étant un état  de béatitude, ou qu’on l’inscrive dans la durée, ne serait qu’une quête interminable, une sorte de but inatteignable.
 
Je n’ai pas pour habitude et vous le savez de tenir des discours trop didactiques.
J’ai toujours essayé autant que possible de parler en mon propre nom.
La philosophie est pour moi une notion d’importance. Lire ou s’imprégner de ce que d’autres ont écrit, de la pensée hautement réfléchie des uns et des autres est, j’en conviens, la possibilité par la connaissance d’avancer dans ses réflexions plus personnelles et intimes. Pourtant, il me semble réducteur de s’y enfermer. J’ai lu, comme tout un chacun, certains écrits philosophiques. Je n’éprouve, cependant, pas le besoin de systématiquement les lire. J’aime, ainsi que je le fais, là maintenant, aller piocher les pensées des uns et des autres sur un  sujet non pas nécessairement pour les faire miennes mais plutôt dans le but d’étayer mon propre jugement.
Certains hausseront les épaules en pensant qu’effectivement ce que je peux dire par la suite aura été bien mieux défini et décrit par des philosophes reconnus et célèbres, d’autres me trouveront bien prétentieuse en ne considérant pas comme parole d’évangile tous ses écrits illustres.
 
Je me rends compte que le bonheur alors qu’il serait une sorte d’idéal, se retrouvent bien souvent opposé aux sentiments passionnels, au désir, au plaisir, comme si ces notions de par leur caractère s’opposant à la « morale », les rendaient incompatibles avec ce « graal » qu’il ne convient pas d’entacher.
Freud considère que le bonheur est inaccessible de par l’impossibilité d’accepter ou avouer ses désirs.
Lacan estime que le «manque» rend le bonheur improbable.
Jung et autres confrères l’estime « basé sur l’amour et l’être plutôt que sur la peur et l’avoir»
Chamfort syphilitique au dernier degré écrit : «Le plaisir peut s'appuyer sur l'illusion, mais le bonheur repose sur la réalité.»
Le philosophe actuel approche cette notion de bonheur de manière beaucoup moins « morale ». Il serait une sorte de « satisfaction globale » mélange d’une quête spirituelle, quotidienne, psychologique. Il s’inquiète, cependant, du risque d’une quête bien plus matérielle dans nos sociétés de consommation.
 
Ces pensées de « l’autre » sont, pour moi, un point de départ d’une réflexion plus intime.
Plutôt que de savoir ce que pourrait être le bonheur pour l’un ou pour l’autre, il me serait sans doute plus utile d’en connaître ma propre définition.
Avant toute chose, il est sans doute important de rappeler que j’ai, depuis bien longtemps, remis en cause la belle morale judéo-chrétienne qui me fut dispensée, en mon jeune âge.
Le sexe, le désir, le plaisir sont, pour moi, des notions qui ne sont en rien entachées par le mal. J’irai même jusqu’à croire, que si Dieu nous a créé tel que nous sommes, c’est-à-dire éprouvant désir et plaisir, il ne peut l’avoir fait que pour notre bien.
Pourquoi devrait-on estimer que le bien-être sexuel ou non serait nécessairement l’œuvre du diable ?
Pourquoi l’homme devraient-ils systématiquement culpabiliser alors qu’il éprouve ce bien-être ?
 
Qu’est-ce donc pour moi que le bonheur ?
Grande interrogation, me direz-vous, pour une dépressive patentée !
Depuis toujours, bien avant que cette dépression n’entre dans ma vie, j’ai cultivé avec soin tout ce qui peut être « petit bonheur », tous ces petits riens qui à un instant T rendent la vie belle, toutes ces petites choses qui n’ont l’air de rien mais qui pourtant installent dans nos cœurs, le temps d’un instant, une joie indicible.
J’ai toujours su, au moment où je les vivais, les définir comme étant du bonheur. Et de là à les considérer comme étant LE bonheur, il n’y a qu’un pas.
Étant dépressive, ayant connu la noirceur, la mélancolie, la tristesse, les ayant éprouvés avec une force qui, encore aujourd’hui, me terrifie ; ce pas, j’ai de plus en plus envie de le franchir.
Je suis loin de tout savoir, mais je sais que jamais rien n’est figé, j’ai appris que ni le malheur, ni le bonheur ne sont constants.
J’admire ces personnes qui, grâce à des philosophies diverses souvent bouddhistes, zen, empreintes d’une belle sagesse, d’une sérénité à toute épreuve s’estiment ancrées dans un bonheur sans faille.
Pourtant, comment peut-on vivre dans ce monde en y voyant que le beau, le bon ?
Est-il sain alors que ce monde est tel qu’il est, aujourd’hui, de n’y voir que ce qui nous rassure ?
Est-il de bon aloi de mettre une bonne dose de fatalisme entre une réalité rêvée ou supposée et LA réalité bien plus brutale ?
Voilà que je m’égare …
 
Je suis, pour ma part, convaincue que l’homme ne peut se définir comme n’étant qu’un mélange d’instinct et de raison, il possède tout un panel d’émotions qui, qu’il le veuille ou non, entacheront les deux autres.
Ces émotions sont, elles aussi, impalpables, indomptables, bien peu maîtrisables parfois, sujettes, elle aussi, à subjectivité et relativité. Elles varient d’un individu à l’autre, d’une culture à l’autre.
Faut-il sous prétexte qu’elles puissent être parfois encombrantes, refuser de les écouter ? Refuser de les éprouver ?
La dépression, la vie me font répondre par la négative.
Ces émotions sont, à mon avis, ce que je suis. Elles sont : moi. Les refouler serait parfois bien plus confortable,  Pourtant, dès lors, j’aurais l’impression de me mentir, d’en  quelque sorte refouler l’instinct en le maquillant d’une bonne couche de raison.
Je crois que le bonheur pourrait être une sorte de juste milieu où instinct et raison se marient pour mieux laisser vivre l’émotion.
L’émotion étant une inconnue dans cette équation, le bonheur, tout autant que le malheur d’ailleurs, serait un état aléatoire excessivement difficile à reproduire.
 
Cependant, étant d’une nature optimiste et aventureuse, ce bonheur que j’ai eu la joie de toucher du bout de l’âme, des doigts ou du cœur, ça et là, j’ai nécessairement envie de le retrouver, de le vivre.
N’étant pas, hélas, détentrice d’une belle recette conduisant au bonheur, j’essaie de, sans cesse, redéfinir ce qui m’amène au bien-être, ce peut être un plaisir charnel, intellectuel, spirituel, un état de grâce ponctuel où, moi qui ai connu les sombres horizons, je ne vois que le bleu des cieux.
 
Faut-il croire au bonheur ?
Aspirer au bonheur rend, d’évidence, la vie bien plus belle. Cependant, alors qu’il deviendrait une quête quasi obsessionnelle, celle-ci pourrait mener à une insatiable frustration.
Ayant éprouvé ces hauts et ces bas psychiques induits par la dépression, j’en tire des leçons.
Monter trop haut conduit aux mêmes dangers que descendre trop bas.
Alors, afin de satisfaire à ma vie, j’ai compris qu’avant tout, il faut la vivre.
Aussi, dès que je peux, autant que je le peux, je cultive tous les petits morceaux de ciel bleu qui composent ma vie, tous les petits bonheurs, tous les petits riens qui me conduisent à cet état éphémère que l’on nomme :
Le bonheur.
J’ai appris que la vie se conjugue uniquement au présent.
Si le passé sert de leçon, il ne doit pas entretenir remords et regrets.
Si l’avenir paraît triste ou, au contraire,  prometteur, il est par définition incertain et, surtout, indépendant de ma volonté.
Je prends, dès lors, ce que la vie m’apporte, essayant, parfois avec difficulté, de relativiser « les malheurs ». Mais, avant tout, je me fais un devoir de me délecter, de savourer, de me rouler dans tout ce qui est bon, beau, et source de bonheur…Je n’en méprise aucun, je n’en boude aucun et  je les sais bien trop précieux pour faire la fine bouche ou établir une quelconque hiérarchie. Chaque petit bonheur devient alors : Le Bonheur, celui-là même qui porte majuscule …
Et, Allez savoir, peut-être que le jour où je traiterais le malheur avec autant d’acharnement inverse
Serai-je heureuse ?

 

 

 

 

 

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Published by isabelle Cassou - dans sujets brulants
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commentaires

voyance par mail rapide 10/03/2017 17:01

Super blog, j'adore vos articles et reportages, bonne continuation.

Yvon 29/04/2012 15:43


Ayant vu un nouvel article de toi, j'étais contant...
Et constatant qu'il allait traiter du Bonheur, j'étais heureux...


Mais, voila, j'ai lu et relu...
Et maintenant je me demande comment je fais, depuis si longtemps pour arriver à être satisfait de moi, et des autres, alors que je ne sais même pas ce qu'est le Bonheur...


J'ai en fait, un peu honte...
Je n'ai jamais cherché à savoir ce qu'était mon bonheur car je n'ai jamais eu, vraiment de maheur...


Alors, si je devais ne retenir qu'une définition, je prendrais celle de Nietsche


«Celui qui ne sait pas se reposer sur le seuil du moment pour oublier tout le passé (j'ajouterai et le futur), celui qui ne se dresse point, comme un génie de
victoire, sans vertige et sans crainte, ne saura jamais ce que c'est que le bonheur»

isabelle Cassou 01/05/2012 05:15



yo ! un génie de victoire ! Finalement, j'ai dû dire que des conneries ... oops !



écureuil bleu 03/03/2012 11:23


Comme le dit Quichottine, très belle dissertation sur le thème du bonheur. Je crois aux petits instants de bonheur, et ceux-là il faut les cultiver, les savourer, les garder précieusement en
mémoire et les ressortir quand ça va mal. Bisous

isabelle Cassou 04/03/2012 19:30



je savais que tu y tenais, tu nous les racontes au quotidien dans ton blog , bisous brigitte et merci de ta présence ici



Urban 02/03/2012 18:45


Le bonheur avec un grand B est difficile à attraper alors il faut essayer de vivre un petit bonheur par jour ;)


Bon week-end !

isabelle Cassou 02/03/2012 19:04



alors, tiens, je décide que tes gentils mots seront mon bonheur du jour , tu veux bien ?


bon weekend urban



Janou 02/03/2012 16:37


Bonjour!


Alors, je me mouille,


un peu,


l'eau est encore froide!!!


J'ai tout lu et je retiens la fin, car avec toi je suis d'accord pour dire que le vie se "respire" au présent!


Je voudrais devenir une "boulimique" de petits bonheurs, de petits riens qui font sourire et positiver!


Les "psy" ne m'ont rien apporté, sauf que je me demande maintenant lortsque je suis en difficulté "qu'est-ce qui est important?"


Cela dit, c'est dans les épreuves que l'on avance, ça j'en suis persuadée!


bien le bon soir!


 

isabelle Cassou 02/03/2012 19:02



oui, je sais que les épreuves nous aident à avancer, alors que l'on a été capable de les surmonter, ou meme simplement de s'en être un peu éloigné.


la vie a pour constance sa définitive inconstance, parfois on en rit et parfois, on en pleure


bisous Janou



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