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31 mars 2012 6 31 /03 /mars /2012 00:01

 

 

 

 

http://img.over-blog.com/433x463/0/22/82/73/dossier4/echographie-3D.jpg

 

 

Pour vous raconter ce petit bonheur, je dois vous raconter une histoire.

L’histoire d’une jeune vie…

 

Anastasia à 16 ans. Elle vit sur un terrain avec son jeune compagnon de 21 ans, Nathaniel.

Anastasia a perdu sa mère, il y a un peu plus d’un an.

Elle a une sœur d’environ 20 ans avec laquelle elle  ne s’est jamais vraiment entendue.

 

A la mort de sa mère, elle envoie à son père un SMS lui annonçant la nouvelle.

La réponse de son père est « OK », c’est le dernier mot qu’elle reçoit de lui.

Il est loin, dans les îles…

 

Le compagnon de sa mère commence à la délaisser et ne lui donne même plus  à manger.

Elle décide alors d’aller vivre en caravane, sur le terrain, avec son petit ami Nathaniel.

 

Anastasia est ce que l’on pourrait appeler une jeune fille en fleurs. Elle est petite, fluette.

Il se dégage d’elle une certaine douceur et une grande timidité.

Son visage est mince, allongé, encadrée d’une chevelure longue, blonde et délicatement ondulée.

Mais ce qui retient l’attention chez cette jeune fille, c’est son regard, de jolis yeux

bleu-vert qui se posent avec délicatesse sur les choses.

 

Je pourrais vous dire, que tout est facile pour Anastasia et Nathaniel,

Je pourrais vous faire croire que contre vents et marées, ils vivent une belle histoire.

Seulement voilà, la vie n’est pas un conte de fées.

 

Nathaniel amène Anastasia,  tous les jours, au collège.

Et tout se passe plutôt bien jusqu’à un certain jour d’octobre.

L’école, soudain, réalise qu’une enfant de 16 ans  vit dans des conditions de grande précarité

En caravane,  sur un terrain municipal avec un jeune homme de 21 ans.

Il est décidé, subitement, de ne pas laisser cette jeune fille livrée à elle-même.

Anastasia est séquestrée dans son collège et Nathaniel s’en voit refuser l’accès.

 

Vous vous doutez bien, que l’affaire ne peut pas s’arrêter là.

Une enquête sociale est ouverte et l’État s’inquiète de savoir une mineure dans la nature.

Inutile que je vous abreuve de détails techniques…

 

Des mois plus tard, Anastasia vit toujours sur le terrain.

La vie y est rude, personne ne fait de cadeau à personne.

Anastasia  a pour l’instant trouvé ses marques, ces « belles-sœurs » l’ont prise sous leurs ailes.

L’hiver a encore été rude, le chauffage des caravanes précaire.

Pourtant, Anastasia semble sereine et heureuse.

 

Une nouvelle d’importance vient cependant compliquer une vie qui aurait pu continuer

à perdurer tranquillement jusqu’à sa majorité.

Le jeune couple attend un enfant. Ils l’ont désiré, la nouvelle les rend heureux.

Pourtant, Anastasia est très jeune et n’a aucune couverture sociale.

Les assistantes sociales qu’elle a vues depuis plusieurs mois n’ont pas trouvé de solution.

Étant mineure, elle ne peut bénéficier d’une couverture sociale sans être émancipée par son père.

La voilà perdue dans un fatras juridique auquel elle ne comprend rien.

 

Plusieurs personnes extérieures au terrain sont inquiètes pour cette grossesse sur une jeune fille très jeune.

Elle n’a évidemment pas les moyens de payer toutes les dépenses inhérentes à son état.

Elle est maintenant enceinte de plus de 12 semaines, la grossesse n’est pas déclarée et aucun examen n’a été pratiqué.

 

Par hasard, on lui dit qu’elle peut se rendre dans un hôpital public, qu’elle sera systématiquement

prise en charge sans avoir à payer.

Elle se rend aux urgences gynécologiques d’un hôpital de l’Assistance Publique.

Elle est reçue par une jeune interne qui la rassure rapidement sur une grossesse qui se présente très bien,

L’interne comprend qu’au delà de l’aspect médical, cette jeune fille, si jeune, enceinte, est totalement

à l’abandon d’un point de vue social.

Une échographie est demandée ainsi qu’un rendez-vous avec une assistante sociale de l’hôpital.

 

Mais, me direz-vous, où est donc ce petit bonheur qui nous est promis ?

Voilà que la baigneuse nous raconte une histoire à la Cosette…

 

Alors que le médecin vient chercher Anastasia dans la salle d’attente,

Elle me demande de venir avec elle.

Elle s’allonge sur la table, fait une petite grimace alors que le gel froid se pose sur son ventre.

Un écran de télévision affiche au mur des images de l’échographie.

Alors que soudain, se dessine les contours et les pourtours du petit être qui grandit en elle,

elle regarde, émerveillée, ses petites jambes, ses petites mains, son visage, ses hanches …

Un magnifique sourire illumine son visage alors qu’elle entend pour la première fois le cœur de son enfant.

 

Et, si là, à cet instant précis, une assistante sociale, un bien-pensant de notre société,

 avait pu voir la merveilleuse fierté que j’ai lue dans son regard, le bonheur absolu qui habillait

soudain ce visage légèrement inquiet la seconde d’avant, ils  n’auraient eu aucun doute,

Sur le désir, sur l’enchantement provoqué par cette toute petite chose sur une très très jeune fille

Qui est déjà : maman.

Toute pleine de félicité, elle ose passer outre sa timidité et demander quelques photos

Pour les offrir à son compagnon.

 

Vous l’aurez compris, cette histoire ne fait que commencer.

À n’en pas douter, elle ne sera pas toujours simple.

Mais, aujourd’hui, je n’ai envie de retenir que ce regard émerveillé, ce sourire transfiguré …

 

Une assistante sociale de l’hôpital a expliqué à  Anastasia qu’il est possible, sans être assurée sociale,

D’être suivie lors d’une grossesse, par un hôpital public de son département.

En effet, des crédits sont débloqués par les PMI afin que quoi qu’il arrive la grossesse soit surveillée.

 

J’ai été infirmière pendant 10 ans, j’ai aimé ce métier, J’ai beaucoup donné, c’est vrai.

Mais j’ai reçu au-delà de toute espérance.

J’ai encore des souvenirs douloureux, traumatisants de moments d’une intensité humaine hors du commun.

Des histoires de sentiments, d’émotions, de partage hors des mots.

Ces moments se sont inscrits avec force tant dans la joie,  que dans la douleur, selon les jours,

Je croyais ne plus jamais les vivre. Et, aussi difficiles qu’ils furent parfois, ils m’ont manqués ….

On ne peut pas vivre sans ce partage humain, il est l’essence de la vie.

 

 

 


 

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Published by isabelle Cassou - dans les p'tits bonheurs
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commentaires

Voyante 30/08/2016 11:01

Très beau blog, merci pour les détails sur les prises de vue, ça va me faire progresser.

Quichottine 01/04/2012 21:24


...


J'avoue que je ne sais quoi dire.


Je suis agitée de sentiments contradictoires... Heureuse que ces jeunes gens s'aiment, qu'ils soient heureux malgré la précarité de leur logement... Heureuse de cet enfant à venir.


 


... et pourtant, inquiète pour eux. J'espère qu'ils pourront le garder, qu'on ne décidera pas de le placer en tutelle en arguant qu'ils sont trop jeunes pour assumer l'enfant...


 


Tu vois, la réalité m'a trop souvent montré que l'amour n'est pas toujours suffisant.


 


Mais je suis heureuse de savoir que tu vas peut-être veiller sur eux, comme une bonne fée... ou un ange que tu es, sans aucun doute.

isabelle Cassou 07/04/2012 16:19



oula non, je nesuis pas un ange, juste une ptite aide qui fait ce qu'elle peut pour que tout se passe le mieux possible malgré ... tout



écureuil bleu 01/04/2012 17:52


Merci isabelle de nous faire partager ce moment de vie, cette belle espérance... Bisous

isabelle Cassou 07/04/2012 14:58



alors qu'un enfant est à naitre, je préfère retenir l'espérance même si rien est a priori gagné dans cette situation très compliquée... Bisou Brigitte



Armide+Pistol 01/04/2012 15:47


Bellr journee a toi.

isabelle Cassou 07/04/2012 14:56



bisou à toi et à la petite troupe



chantal11 01/04/2012 10:03


Je n'en ai pas perdu une miette de ton récit Isabelle.. je ne sais pas s'il y a du vrai ou si c'est de la fiction mais j'aimerais bien connaître la suite.


bon dimanche et merci pour ton poisson d'Avril bien sur..


tout plein de bisous


chatou

isabelle Cassou 07/04/2012 14:56



la réalité et la fiction se mélangent un peu et surtout volontairement, je vous raconterai bien sur la suite au fur et à mesure qu'elle s'écrira, très bon week-end de Pâques à toi Chatou et gros
bisous



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  • une depressive idéaliste qui veut croire en l'humain, qui n'acceptera jamais la communication à travers la violence, la guerre. j'ai la chance de vivre dans un pays où je suis libre de dire , d'écrire, le faire est un droit mais surtout un devoir
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Chatouillis méningés

 

 

 

 

 

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Chaque jour est neuf

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