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21 février 2012 2 21 /02 /février /2012 00:02

 

 

 

 

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À l’aide d’une démonstration par un simple exemple, je vais essayer de vous faire comprendre et par la même comprendre moi-même, en quoi la frustration passée est capable de conditionner le comportement présent.

 

Avant d’en arriver au vif du sujet, je dois d’abord poser quelques axiomes de base.

Je suis une gourmande, mais je suis surtout une gourmet. J’aime les plaisirs de la table, et ce depuis ma plus tendre enfance.

Mes parents viennent tous les deux du sud et de par mon éducation, j’ai eu l’habitude de manger de tout.

Les légumes verts, les fruits ont toujours eu une grande place dans notre alimentation d’enfance.

Par principe, j’aime les bonnes choses…

La nourriture peut être source de plaisir, et pourtant, parfois, alors que je suis très occupée, prendre un repas peut être une véritable corvée, une perte de temps.

J’ai arrêté de fumer il y a environ huit ans, et depuis, j’ai redécouvert le goût fort et intense des aliments.

 

J’ai fait un certain nombre de régimes, toujours encadrée par un médecin, certains ayant un apport calorique de 600 calories par jour et constitué uniquement de sachets hyper protéinés au gout absolument immonde.

Je suis une experte en ce qui concerne la perte de poids. Par contre, je suis également imbattable en ce qui concerne la reprise de poids.

A ceux qui regardent les gros avec un certain dégout, pensant qu’ils sont incapables de faire un effort, je lance un défi : se priver de nourriture ou autre de manière longue et répétée, autant je l’ai fait tout au long de ma vie.

 

Je vais vous raconter, maintenant, simplement en décrivant mon repas de ce soir, la bêtise indescriptible d’un cerveau à la mémoire aiguisée.

J’ai coupé en petits morceaux deux blancs de poireaux. Je les ai mis  dans un cuit vapeur au micro-ondes pendant quelques minutes.

J’ai fait cuire une escalope de veau dans une poêle sans matière grasse. Alors que la cuisson fut terminée, j’ai déglacé la poêle avec une cuillerée à café bondée de fond de veau délayé dans 100 ml d’eau.

L’assiette de mon plat principal a été dressée avec les poireaux, 100 g de pâte, l’escalope et une petite cuillerée de la sauce obtenue dans la poêle.

Le fond de veau et la petite sauce qui en découle à une valeur énergétique de 11 kcal

J’aurais pu arroser les poireaux et les pates de cette sauce bien peu riche. Mais, et c’est là que nous entrons dans le vif du sujet, alors que je goutais les poireaux à la sortie du micro-ondes, je les ai trouvés réellement exquis.

Je vous jure ne pas mentir en vous disant que je me suis vraiment régalée à les déguster, cuit à la vapeur, sans aucun ajout  de matières grasses.

J’insiste sur cette description parce qu’elle est d’importance pour comprendre la suite.

Peut-être vous retrouvez-vous dans ce que je vous raconte ?

Les légumes ont tous un goût prononcé. J’ai tendance à rajouter beurre, huile et faute d’en avoir exaucé le gout, ces matières me l’ont fait oublier au profit d’une simple onctuosité.

Alors que je retrouve le goût pur du légume, je confirme prendre un réel plaisir à le manger.

Par extension, alors que certains aliments dans le cadre de mon régime plan alimentaire me sont actuellement déconseillés, si j’ai fait une légère dérogation en mangeant par exemple un carré de chocolat, son goût est alors d’une intensité inégalée. Ce simple carré de chocolat fondant dans la bouche, de par sa rareté, devient un véritable délice. Et si d’aventure, il me prenait la mauvaise idée d’en manger un deuxième, je sais pertinemment que jamais je ne retrouverai l’intensité du premier carré.

Et là est toute la question, pourquoi alors que je sais que ce deuxième carré sera nécessairement moins bon et inévitablement mauvais pour mon poids et mon diabète, suis-je tentée non plus de le manger, mais de le dévorer ?

Ces constatations, je les ai faites il y a bien longtemps, cette question, je me la pose depuis bien longtemps.

Et si, sur le plan intellectuel, le constat est simple et la problématique bien posée, je sais pertinemment, du fait de mon expérience passée, qu’un beau jour (pas de suite, peut-être seulement dans des mois…) La tentation de manger ce deuxième carré voire un troisième sera plus forte que ma raison.

J’ai essayé de réfléchir à tout cela. Je ne suis pas certaine d’avoir trouvé LA réponse, d’ailleurs, peut-être n’y en a-t-il pas qu’une seule ;

De manière consciente (en opposition à mon inconscient qui n’est guère bavard), j’explique ce comportement par des excès de frustration vécus dans le passé.

J’ai perdu plusieurs fois dans ma vie plus de 30 kilos, vous vous imaginez bien que cela se fait sur de très longues périodes. J’ai donc passé des années entières à me priver systématiquement de certaines choses.

Vous me direz, que je n’ai plus fumé depuis plus de huit ans et que je n’en éprouve pas plus que ça de la frustration, ce quoi vous aurez sans doute raison…

Seulement voilà, aussi étonnant que cela puisse être, alors qu’on a donné l’ordre à son cerveau de par une bonne volonté d’oublier une substance, si possible à tout jamais, alors que ce cerveau n’est plus confronté à cette substance, changer ses habitudes se fait de manière plutôt simple.

Cependant, la nourriture est incontournable. Hors de question de ne plus manger du tout, dès lors, la tentation est quasi permanente.

Je vous en parlerai sans doute par la suite. J’ai vu à la clinique ce film tourné par un Américain ayant mangé pendant un mois exclusivement chez McDo.

Dans l’immédiat, j’aimerais en retenir une information incroyable : tout Américain regardant moyennement la télévision ingurgite environ 10 000 publicités par an concernant l’alimentation.

Loin de moi l’idée de faire un parallèle entre les États-Unis et l’Europe, pourtant, amusez-vous à compter le nombre de publicités, à toute heure, concernant l’alimentation. Je l’ai fait de manière aléatoire depuis mon séjour à la clinique. Environ la moitié de toutes les publicités sont des publicités concernant l’alimentaire. Il semblerait que notre gouvernement absolve de toute faute les industriels du moment qu’ils signalent clairement un certain nombre de conseils diététiques qui sont à l’encontre totalement des produits qu’ils confectionnent.

Cherchez l’erreur…

 

En écrivant ces quelques pensées, j’ai conscience de tout ce qu’elles peuvent avoir de paradoxales. J’espère sincèrement que je réussirai à savoir, un jour, le vrai pourquoi du réconfort cherché, soupçonné du deuxième carré de chocolat…

 

 


 

 

 

 

 

 

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commentaires

Koulou 02/03/2012 12:01


Eh bien je suis content que mon expérience te parle. Je ne crois pas qu'on puisse tourner une page "d'un seul coup". Il faut du temps pour changer. Mais nous en avons, et puis... nous n'avons
rien de plus urgent à faire...

isabelle Cassou 02/03/2012 15:12



c'est vrai, rien ne devrait être plus urgent que de se laisser la chance d'avancer, après presque 8 ans d'analyse, je crois que j'ai compris que la patience en la matière est un bien précieux,
hélas ! ce n'est pas mon fort, mais là encore, j'apprends ....merci pour ton éclairage, il m'aide, on a tant à apprendre de l'autre ....



Koulou 23/02/2012 11:10


La questione t intéressante, et on ne peut plus subtile. Ma réposne, selon mon vécu et mon expérience à savoir, "pourquoi dévore-t-on le second carré de chocolat, sanchant pourtant très bien
qu'il sera moins bon ?" est la suivante, puisse-t-elle t'éclirer ou au moins t'être utile:


 


- Pour ma part, il y a au fond de moi une aspiration plus forte que toutes les autres qui ne désire qu'une chose: me rendre libre, totalement. Aussi si je m'emprisonne dans des interdits (les
régimes par exemple) cette voix criera plus fort encore son désir de les transgreser. Si au contraire je me sais totalement libre de le faire, le désir de le faire n'a plus de raison d'être et
disparait, n'en subsiste que l'envie passagère selon les besoins réels du corps. Je pense que c'est là la raison prncipale, au delà de ta démarche saine de fonctionner "plaisir", ces nombreuses
privations que tu t'es infligées jadis on galvanisé pour longtemps ton désir de liberté totale. Le tout est d'apprendre à n'abuser de rien ni tomber dans aucune addiction tout en s'offrant une
liberté totale. Contrainermeent à ce que notre logique semble croire, ce n'est pas du tout incompatible.  L'envie du deuxième carré ne vient que parce que tu sais au fond de toi que tu te
l'interdirais bien, ça serait "raisonnable" de te l'interdire. En vérité, la liberté réclame d'être libre , sans raison, sans se soumettre à la raison, comme l'amour. Ce sont des "choses" vitales
qui ne font aucune concession avec rien. On n'est libre ou on ne l'est pas, on ne peutpas l'être "un peu". 


L'addiction c'est autre chose en revancche, c'est l'anticipation du manque éventuel à venir. Un truc stupide en fait. Moi ce n'est pas sur l'alimentaire que mon besoin déprouver ma liberté totale
s'est joué mais sur le plan du désir. J'ai eu besoin à un moement donné de me savoir totalement libre de désirer qui je voulait, et de passer à l'acte si besoin pour que... cette envioe
"dailleurs" qui m'obsédait disparaissent totalement. Au final, ce n'était donc pas du désir dautres expérience charnelles, c'était juste un besoin inconditionnel de liberté. Et si je remets en
doute un tant soit peu cette liberté, ausstôt le désir d'ailleurs revient. La liberté, c'est elle, je pense qui nous fait prendre le second carré, pour nous prouver que nous somme libre de le
faire. Si nous en étions sur, nous n'en aurieons pass envie. Et pour en être sur, vraiement, il faut l'être vraiement, libre. Quoi qu'en pense la raison et le jugement moral. Et avec la liberté
réelle, tout rentre dans l'ordre. du moins c'est mon expérience.

isabelle Cassou 01/03/2012 16:43



j'ai lu tous tes mots avec attention il y a déjà un moment. J'ai eu besoin d'y réfléchir avant de répondre.


Je suis tout à fait d'accord avec ton analyse. d'autant plus depuis que j'ai arrêté de travailler à cause de problèmes de santé, cette liberté, j'ai d'autant plus envie de l'instaurer dans tous
les domaines de ma vie. Pourtant, il n'est pas simple d'envisager les choses de manière radicalement différente du jour au lendemain.


j'essaie depuis presque huit ans, d'éclairer ma vie et de la regarder sous un autre angle, je progresse à tous petits pas, du fait de ma dépression, il m'arrive de faire une marche arrière
impromptue, mais sur le long terme : j'avance.


Je n'ai souvent dit, aussi paradoxal que cela puisse paraître, cette dépression aura été une « chance », la chance de pouvoir changer ma vie après en avoir fait une analyse aussi  sincère
que possible.


Il m'est arrivé de penser et maintenant j'en suis sûre, il y aura un avant et un après, plus le temps passe et moins l'avant me manque, parce qu'aujourd'hui je sais que je suis sur le bon chemin.


Merci d'avoir si bien éclairé cette question, j'ai pu élargir mon horizon encore une fois c'est merveilleux...



Opium 21/02/2012 16:36


Mais, tout est dit dans le titre de ton article...


Le pouvoir de la frustration...


C'est la frustration qui redonne du goût à l'effort,
mais c'est elle qui donne du parfum à la faiblesse...


On sait qu'il ne faut pas, qu'on ne peut pas... Et, alors, on se sent "frusté"
Mais, on prend plus de plaisir a "le faire" mettant en avant ce droit qui est le notre de ne pas être frustré...


Tu as raison...
Apprenons à revenir aux fondamentaux...


Si nous pouvions "arrêter la machine à générer des désirs frelatés", nous retrouverions un certain équilibre personnel...


Goutons "simplement" un plaisir simple (comme ton poireau à la vapeur), et nous retrouverons un certain plaisir de vivre, sans avoir ce sentiment de frustration qui est accentué en permanence par
la publicité...


 


(c'était ma minute "Il est temps que j'arrête la télé, je suis en overdose de pub" )


 


 

isabelle Cassou 01/03/2012 16:29



ne t'inquiéte pas  le printemps arrive et tu pourras retourner gambader dans ta Provence adorée et ne plus regarder la télé ...


j'ai eu avec beaucoup d'attention tous les commentaires sur cet article.


Et si j'ai pensé au pouvoir de la frustration, j'avoue accepter beaucoup moins bien la faiblesse du désir qui conduit au plaisir.


y a encore du boulot...



Quichottine 21/02/2012 09:58


oups... j'ai oublié de dire que je ne suis plus en pause.

isabelle Cassou 21/02/2012 11:41



je viens de suite, alors ...


 



Quichottine en pause 21/02/2012 09:57


Lorsque j'arriverai à perdre trente kilos, je retrouverai ma taille de jeune fille... de jeune femme aussi.


 


Mais je ne le souhaite pas vraiment... vingt kilos me suffiraient.


 


Je t'admire, Isabelle... et je suis d'accord pour dire que ces pubs qui nous entourent sont indésirables.

isabelle Cassou 21/02/2012 11:41



oh rien d'admirable dans tout ça, je le fais pour mon diabète et à contre coeur, pour étre honnête, mais bon, là, j'ai plus trop l'choix !


c'est bête, mon corps a du sentir que je n'étais plus très motivée et prête à m'accepter telle quelle


alors, il m'a envoyé ce maudit diabète, histoire de me remotiver ! quel filou !


 



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  • une depressive idéaliste qui veut croire en l'humain, qui n'acceptera jamais la communication à travers la violence, la guerre. j'ai la chance de vivre dans un pays où je suis libre de dire , d'écrire, le faire est un droit mais surtout un devoir
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