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24 octobre 2011 1 24 /10 /octobre /2011 15:52

 

 

 

 

 

levieuxquilisait.jpg

 

 

 

 

Un petit livre qui se dévore ...
 

Immédiatement, on est happé par des personnages hors du commun, vivant dans un lieu improbable où la nature est exubérante, puissante, amie et ennemie de chaque jour.

le vieux est un pionnier, mais il a vécu chez les Shuars, peuple de la foret.
Antonio José Bolivar est un vieil homme , un vieil homme qui aime lire, mais pas n'importe quels livres, non juste des romans, des romans d'amour

 

 

-          Ecoute, j’avais complètement oublié, avec cette saloperie de mort : je t’ai apporté deux livres.

Les yeux du vieux allumèrent.

-          D’amour ?

Le dentiste fit signe que oui.

Antonio José Bolivar Proano lisait des romans d’amour et le dentiste le ravitaillait en livres à chacun de ses passages.

-          Ils sont tristes ? Demandait le vieux.

-          A pleurer, certifiait le dentiste.

-          Avec des gens qui s’aiment pour de bon ?

-          Comme personne ne s’est jamais aimé.

-          Et qui souffrent beaucoup ?

-          J’ai bien cru que je ne pourrais pas supporter

À vrai dire, le docteur Rubincondo Loachamin ne lisait pas les romans.

Un soir qu’il s’ébattait avec Josefina, une fille d’Esmeraldas à la peau lisse et sèche comme le cuir d’un tambour, il avait vu un lot de livres rangés sur la commode.

-          Tu lis ? Avait-il demandé.

-          Oui, mais lentement.

-          Et quels sont tes livres préférés ?

-          Les romans d’amour, avait répondu Josefina. Elle avait les mêmes goûts qu’Antonio José Bolivar.

Adapté de cette soirée, Josefina avait fait alterner ses devoirs de dame de compagnie et ses talents de critique littéraire.

 

 

 

 Il sait lire, mais pas écrire:

 

 

Antonio José Bolivar Proano savait lire, mais pas écrire.

Il parvenait tout au plus à gribouiller son nom pour signer un papier officiel, par exemple au moment des élections, mais comme de tels événements ne survenaient que fort sporadiquement, il avait le temps d’oublier.

Il lisait lentement en épelant les syllabes, les murmurant à mi-voix comme s’il les dégustait, et, quand il y avait maîtrisé le mot entier, il le répétait d’un trait. Puis il faisait la même chose avec la phrase complète, et c’est ainsi qu’il s’appropriait les sentiments et les idées que  contenaient les pages.

 

 

Il a vécu chez les Shuars peuple aborigène d'Amazonie, grâce à eux, il a appris à respecter la nature, la comprendre.
Nul besoin de romans d'amour, alors, il connaissait: "l'amour pur, sans autre finalité que l'amour pour l'amour. sans possession, sans jalousie."
Maintenant, il lit à petits pas ces romans d'amour et:

s'interroge : le baiser par exemple :

 

Le baiser – quoi déjà ? - « ardent » comment est-ce qu’on pouvait faire ça ?

Il se souvenait des rares fois où il avait donné un baiser à Dolores Encarnacion Del Santisimo Sacramento Estupinan Otavalo. Peut-être, sans qu’il s’en rende compte,

L’un de ces baisers avaient ils été ardents, comme selon lui de Paul dans le roman. En tout cas il est n’y avait pas eu beaucoup de baisers, parce que sa femme répondait par des éclats de rire, ou alors elle disait que ça devait être un péché.

Chez les Shuars, le baiser n’existe pas.

Il se souvenait aussi avoir vu, une fois, un chercheur d’or culbuter une femme Jivaro, une pauvresse qui rodait chez les colons et les  aventuriers en mendiant une gorgée

D’aguardiente. Tous les hommes qui en  avaient envie pouvaient l’emmener dans un coin et la posséder. Abrutie par l’alcool, la malheureuse ne se rendait pas compte de ce qu’on faisait d’elle. Cette fois-là, un aventurier l’avait prise sur la plage et avait cherché à coller sa bouche à la sienne.

La femme avait réagi comme un animal sauvage. Elle avait fait rouler l’homme couché sur elle, lui avait lancé une poignée de sable dans les yeux et  été allée ostensiblement vomir de dégout.

 

 

partage :

 

 

 

Le vieux s’était replongé dans son livre, sans se laisser distraire par le bruit âpre de la pierre sur l’acier, en marmottant comme s’il priait.

-          Allez, lis un peu plus fort.

-          Sérieusement ? Ça intéresse ?

-          Bien sûr que oui. J’ai eu une fois au cinéma à Loja, et j’ai vu un film mexicain, un film d’amour. Comment t’expliquer, camarade ? qu’est-ce que j’ai pu pleurer.

...

José Antonio Bolivar retourna à la première page.

« En elle lui donna un baiser ardant, pendant que le gondolier complice des aventures de son ami faisait semblant de regarder ailleurs et que la gondole, garnie de coussins moelleux glissait paisiblement sur les canaux vénitiens. »

-          Pas si vite, camarade, dit une voix.

Le vieux leva les yeux. Les trois hommes l’entouraient…

-          Il y a des mots que je ne comprends pas, expliqua celui qui venait de parler.

-          Tu les comprends tous, toi ? Demanda un autre.

Le vieux entrepris d’expliquer à sa manière les mots inconnus.

Gondoliers, gondole, puis baiser ardent parurent  un peu plus clair au bout de deux heures  d’un échange d’opinions entrecoupées d’anecdotes piquantes. Mais le mystère de la ville où les gens devaient se servir de bateaux pour se déplacer demeuraient inexplicable.

-          Peut-être qu’il pleut tout le temps.

-          Ou alors que les rivières sont en crue.

-          Ils doivent être encore plus mouillés que nous.

-          Vous vous rendez compte, on se tape son Frontera, on a besoin de sortir pour pisser, et qu’est-ce qu’on voit ? les voisins qui vous regardent avec des gueules de poissons.

Les hommes riaient, fumaient et buvaient …

 

 Sa vie ne se résume pas à des romans d'amour, des hommes sont morts, dans des conditions étranges.  Pourtant peu aimé du maire, il est le seul qui puisse résoudre ce mystère, qui les a tué ?

Sa vie, à l'écoute de la nature, va lui permettre de comprendre et d'engager une lutte bien malgré lui ....

Vous serez sous le charme de ces hommes qui défendent cette Amazonie riche, indomptable , poumon de notre planète qui ne demande rien d'autre que de continuer à respirer en toute liberté.

Et ne jamais oublier qu’un petit livre peut en cacher un grand ...

 

 

 

 

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commentaires

autobiographie 24/10/2011 22:14



Zut!  je ne l'ai pas lu


Mais je vais m'en occuper


Bises


Gigri



Quichottine 24/10/2011 19:16



J'avais adoré ce livre... mais il faudra sans doute que je le relise si je veux en parler dans la bibli...


 


Passe une douce soirée.



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  • : une dépressive redécouvrant le monde semaine après semaine ...Une humaniste qui revit. écrire pour vivre, vivre pour écrire .
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  • une depressive idéaliste qui veut croire en l'humain, qui n'acceptera jamais la communication à travers la violence, la guerre. j'ai la chance de vivre dans un pays où je suis libre de dire , d'écrire, le faire est un droit mais surtout un devoir
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