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15 avril 2012 7 15 /04 /avril /2012 13:22

 

 

 

http://images.imagehotel.net/f6mbc0eq6v.png

 

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Si je ne fais pas partie de cette élite assujettie aux impôts sur la grande fortune, je n’ai cependant jamais connu ni la misère, ni la faim.

Je fais partie de ces nombreux Français de bonnes classes moyennes qui payent des impôts, qui ont une couverture sociale.

Ce petit préambule me permet de vous conduire dans un monde que je connaissais, comme tout le monde, sans l’avoir jamais approché de très près, Celui des pauvres, des détenteurs de la CMU, des surnommés très souvent assistés, des hommes, femmes, enfants en grande précarité …

Il importe peu de savoir le pourquoi, le comment, il importe peu que les noms soient vrais ou faux, ce qui est d’importance, c’est que toutes les histoires que je vais vous raconter sont rigoureusement vraies.

 

Aujourd’hui, je vais vous raconter l’histoire de Sophie. Sophie a environ 36 ans. Elle vit en caravane sur un terrain municipal. Si elle a pu avoir des origines gitanes, elle ne fait pas partie des gens du voyage, elle n’a jamais voyagé, pas plus que son mari ou les personnes qui vivent sur ce terrain.

Sophie souffre d’épilepsie depuis l’âge de deux ans. Elle a été suivie dans un hôpital local pendant de très nombreuses années. Puis le service de neurologie a fermé et elle a cessé d’aller voir un spécialiste.

Elle est maintenant suivie par son médecin traitant qui de trimestres en semestres, de semestres en années, renouvelle son ordonnance sans jamais faire aucun dosage et sans jamais changer son traitement d’un iota.

Sophie étant dans l’incapacité de travailler, il lui est conseillé de faire une demande d’invalidité. Afin de remplir son dossier, la maison départementale des handicapés lui demande de fournir dans les trois mois, un certificat médical complet et un bilan neurologique établi par un spécialiste afin d’étudier sa demande.

Sophie est mariée, elle a trois enfants.

 Sophie, si elle possède un sens pratique dans la moyenne, et d’une intelligence assez faible. Son traitement n’améliore pas sa mémoire et ses capacités d’organisation.

La famille vit dans des conditions de grande précarité, touchant RSA et allocations familiales.

 

Alors qu’elle doit voir un neurologue, une assistante sociale puis une association d’entraide lui proposent de prendre rendez-vous. La première tentative se fait sur un hôpital public de sa région. Il faut plus de six mois pour obtenir un rendez-vous, ce qui la met hors délai pour fournir les pièces à la maison des handicapés. Un rendez-vous est donc pris chez un spécialiste dans un grand hôpital parisien. L’attente n’y est que d’un mois.

Le médecin de cet hôpital fait comprendre à Sophie, dès le début du rendez-vous, qu’il ne veut pas la suivre, invoquant le fait qu’il n’est pas dans son secteur géographique proche. Il remplira cependant les papiers nécessaires pour la demande d’invalidité.

Il fera remarquer lors de cet entretien que le traitement lui paraît totalement inapproprié, pourtant, lui non plus n’y apporte aucune correction.

Sophie, si elle peut prétendre à un dossier complet quant à sa demande d’invalidité, n’a toujours pas trouvé un neurologue qui accepte de la suivre.

 Il va s’ensuivre une sorte de marathon téléphonique où l’on va la renvoyer de neurologue privé à neurologue privé, certains refusant purement et simplement de recevoir une personne bénéficiaire de la CMU, d’autre allant jusqu’à exiger que le supplément d’honoraires soit payé ! Il n’est pas venu à l’idée de la charmante secrétaire qui lui a proposé ce supplément que si Sophie est bénéficiaire de la CMU, c’est pour la bonne  et triste raison qu’elle est pauvre. Il lui sera donc bien difficile et même impossible de payer des suppléments d’honoraires. Au bout d’un certain temps, un neurologue finit par accepter de la recevoir malgré la CMU. Le ton de la consultation est donné très rapidement, quasiment au premier coup d’œil du médecin envers Sophie. Nous voilà en face d’un neurologue qui ne prend pas en charge les épilepsies : motif officiel évoqué pour ne pas assurer le suivi de Sophie. Une amélioration est cependant à noter puisque Sophie repart avec une ordonnance pour six mois, et un dosage des produits qu’elle prend depuis des années sans aucune surveillance biologique. Cependant, son problème n’est pas résolu, toujours pas de suivi possible.

En désespoir de cause, rendez-vous est pris dans le premier hôpital public contacté, il lui faudra attendre plus de six mois.

 

Je vous raconte, aujourd’hui, cette histoire parce que je faisais partie de ces gens persuadés que dans notre pays il n’y a pas de médecine de riches. Or, si elle n’est pas censée exister d’après les textes, dans les faits, cette médecine existe. On peut reprocher aux pouvoirs publics d’avoir restreint les consultations, les urgences, les lits d’hospitalisation dans les hôpitaux publics. C’est une réalité que l’on ne peut pas nier. De ce fait, obtenir un rendez-vous en secteur public demande énormément de temps.

Pourtant, obtenir un rendez-vous en secteur privé n’est,  parfois, guère plus simple. Il faut savoir garder une certaine constance quand une secrétaire vous dit qu’il y a un supplément d’honoraires à payer puisqu’après tout il s’agit quand même d’un spécialiste !

 

Voici le premier épisode des tribulations médicales de Sophie et de sa famille !

Triste, n’est ce pas ?

Vous vous souvenez de ce fameux serment prêté par nos médecins ?

Bin, eux  visiblement l’ont oublié …. Lamentable …

 

 


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commentaires

Grand-Langue 16/04/2012 19:23


Voilà bien unphénomène qui prend de l'ampleur chez nous aussi. Une lame de fond constituée d'une pensée de droite semble déferler sur le

isabelle Cassou 01/05/2012 04:31



que les médecins qui en fait un certain nombre d'années d'études veuille parler suite être bien payé, je peux comprendre... Seulement voilà, ils ont prêté serment, il est inadmissible qu'ils se
permettent de choisir leur clientèle sous prétexte que l'une peut les payer mieux et l'autre pas.


tu as raison, cette lame de fond où le profit devient la seule préoccupation prend une ampleur qui nous dépasse totalement...



louv 16/04/2012 10:46


Je suis scandalisée. Par contre, je n'ai jamais entendu parler de cas comme ça dans ma région. Y aurait-il une différence entre la médecine parisienne et provinciale ? On finit par se
demander...

isabelle Cassou 01/05/2012 04:27



il paraît qu'effectivement à Paris ce genre de chose est plus fréquent. Cependant, il est à craindre que le phénomène se répande, et ce ne sera bon pour personne !



.................. 15/04/2012 18:16


dur dur tout cela....oui c'est lamentable....super lamentable...

isabelle Cassou 15/04/2012 20:44



ce genre de dérive est à l'antithèse de notre fameuse devise non ?



Quichottine 15/04/2012 15:32


Hélas...

isabelle Cassou 15/04/2012 20:37



triste époque ! Triste médecine !



écureuil bleu 15/04/2012 13:59


Oui, tu as raison, c'est de plus en plus difficile de se faire soigner lorqu'on est au chômage ou avec de petits revenus. Ca a bien chnagé en quelques années.

isabelle Cassou 15/04/2012 20:35



théoriquement, les médecins sont dans l'obligation de recevoir un les malades sous CMU, mais l'État ne les oblige pas à être compatissant envers leurs patients, et il semblerait hélas qu'il
faille leur rappeler



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