mouillez vous !!! - les 3 sont encore tout humides ...
J. +16 Tao le 25 mars 2011
Départ matinal pour ma dernière journée de plongée, lors de ce voyage, je pars de l’hôtel sous une pluie battante.
J’ai acheté il y a quelques jours, pour quelques euros, un sac marin d’une contenance de 10 l qui permet de garder quelques affaires au sec.
Bien m’en a pris, il m’est aujourd’hui de grande utilité.
Nous plongeons aujourd’hui à 6 : la jeune Suisse allemande, deux allemands vivant en Angleterre, Coco, une élève dive master.
La plongée va se faire à nouveau sur Green Rock, à un maximum de 20 m de profondeur, pendant un peu plus d’une heure.
Nous allons faire de très belles rencontres. Alors que j’avance tranquillement, je sens quelque chose sur mon mollet, en fait, sans m’en rendre compte, j’ai pris en stop un joli petit rémora, poisson suiveur, qui se love sur un beaucoup plus grand que lui afin d’avancer. Ils sont toujours très amusant à suivre car ils changent de taxi assez souvent ils sont délicieusement habiles.
Un beau baliste titan, peu farouche, se balade au-dessus d’une patate de corail, le corps penché, nous laissons approcher sans montrer signe quelconque d’agressivité. Sa livrée est splendide, j’ai toujours pensé que la richesse de couleur de certains poissons étaient ni plus ni moins que des chefs-d’œuvre de la nature.
Tout au long de la promenade, nous pouvons apercevoir des « feather stars » (je vous donnerai le nom en français dès que j’aurais pu faire quelques recherches ainsi bien sûr qu’une photo). Elles sont délicatement gracieuses, enroulant ou déroulant leurs bras. On n’en croise de différentes couleurs et c’est toujours un plaisir de les regarder se mouvoir avec élégance, avec lenteur.
En levant le nez, nous apercevons entre deux eaux, près de la surface, un joli banc de barracudas à queues jaunes, composé d’individus de taille moyenne. Il manque sans doute d’un joli rayon de soleil pour qu’il transcende cette vision agréable.
Nous croisons çà et là des mérous dont un ou deux, de très grande taille. Hélas, Coco filant encore un peu vite, il n’est pas toujours simple de pouvoir prendre le temps de les observer tranquillement. Dieu sait pourtant qu’ils le mériteraient !
La plongée se termine par une délicieuse trouvaille, cachée dans une faille de la roche, un joli petit poisson coffre jaune à petits pois qui gentiment et timidement du bout de ses petites nageoires nous a laissé l’admirer d’assez près alors qu’ils nous regardaient avec curiosité de ses petits yeux tout ronds surmontant sa ravissante bouche en cœur. Nous restons quelques minutes quasi subjuguées par cette jolie trouvaille.
La deuxième plongée se fera sur Twins, pendant là encore une bonne heure, sur une profondeur maximum de 18 m, et là je sais que je vais en faire hurler plus d’un, dans une eau à 28 ou 29°.
Un de mes rêves de plongeuse serait de croiser dans l’océan un hippocampe. Je sais qu’il y en a quelques-uns par ici et je fais savoir que j’adorerais avoir un. Une jeune femme qui fait la promotion du club de plongée à l’hôtel m’a dit que sur ce site, il est assez facile d’en voir un.
Nous partons donc dans l’idée d’essayer de le trouver. Il loge, semble-t-il, sur le banc de sable.
Alors que nous le cherchons, mon attention est attirée vers un petit couple très amusant et surtout très malin qui montra, encore une fois, que la nature crée des alliances pleines d’intelligence, afin de rendre la vie plus facile aux uns et aux autres.
Un poisson gobie et une jolie crevette aveugle en sont la preuve. Le gobie surveille l’horizon alors que la crevette expulse le sable de leur trou.
Les regarder faire est vraiment passionnant et je ne peux m’empêcher de penser que nous serions bien avisés parfois de prendre exemple sur ce genre d’entraide pleine de ressource et d’intelligence dans la reconnaissance des compétences de chacun.
Alors que nous cherchions désespérément l’arlésienne hippocampe, nous allons rencontrer un cousin germain : le syngnathe qui possède cette tête de cheval caractéristique mais sur un corps totalement allongé. On le croisse très souvent un peu partout, entre autre en Bretagne.
Quelques jolies raies tachetées se laissent apercevoir alors qu’elles se reposent posées sur la roche. Les mérous sont un peu partout.
Quelques petits groupes de poissons à gros yeux nagent au-dessus du corail en tournant en rond sans véritable hâte.
Les eaux sont très riches en différentes sortes de crevettes qui déploient leurs pattes graciles avec une belle énergie. Elles sont souvent cachées elle aussi dans les failles.
Au gré des plongées, je rencontre ce que j’aimerais, hélas, ne jamais croiser : des déchets, plastiques, canettes et autres déjections humaines.
J’ai toujours détesté faire ce genre de trouvailles et me fait un devoir de ramasser systématiquement tout déchet qui n’a pas sa place en ce monde.
Ce jour là je trouverai une canne et ce qui a sans doute été un fond de bloc en plastique.
Dans les îles, où qu’elles soient, le plastique sous quelque forme que ce soit est un véritable poison. Il n’existe aucune infrastructure afin de le recycler ou détruire. Et c’est une véritable catastrophe écologique que d’amener et de laisser du plastique dans certains endroits sur cette planète.
Hélas, le besoin éminent de consommation fait qu’ici le plastique est partout, sans aucune restriction.
Le voir en dessous, alors que ses sites sont fréquentés par des plongeurs quasi exclusivement, est sans doute la plus grosse faillite du cursus éducatif de PADI !!!! Vous me direz que ne pas jeter de plastique ou de canettes par-dessus bord semble relever du bon sens. Mais dès lors que l’on sait en trouver, on sait aussi que parfois même si les choses semblent aller sans dire, il est toujours préférable de continuer à les dire et à les redire.
Nous sommes dans une société où le respect qu’il soit de l’humain ou de la nature, ne semble plus aller de soi, alors pourquoi ne pas revenir dans le cadre de l’éducation à des notions toutes simples de civisme et de civilité à apprendre à réapprendre, voire à découvrir !
Nous rendons visite, pour ma part pour la dernière fois, au petit poisson arlequin juvénile, continue inlassablement à remuer en tous sens semblant ainsi dire : « mangez-moi mangez-moi… ! ». Pourtant il est toujours là et personne ne semble vouloir le manger, sur ce, il est si petit qu’il aurait beaucoup de difficultés, en tout état de cause à nourrir son hom …, heu non pardon son poisson !
Alors que nous sommes à la fin de cette dernière plongée, je vais vous parler d’une autre sensation très particulière à cette activité.
La remontée doit se faire à une vitesse relativement lente. De ce fait, alors que l’on remonte vers la surface, le fond s’éloigne lentement et petit à petit, le regard s’élargit. Alors que l’œil s’était habitué à regarder les détails, il est maintenant de plus en plus confronté au fil de la remontée, à une vision d’ensemble. Alors que la visibilité est relativement moyenne, cette impression est un peu trouble, troublée par une vision difficile, comme si l’on voyait les choses à travers un léger brouillard. L’imaginaire a tôt fait de voir à travers cette brume des formes fantomatiques, peut-être celles de tous les merveilleux poissons que l’on sait, laisser là, alors que doucement on les survole afin de revenir dans notre monde.
À chaque plongée, et a fortiori à la dernière, j’ai toujours un petit pincement au cœur alors que je vois s’éloigner ce spectacle grandiose qui m’a invité l’espace d’un petit moment.
Toutes ces sensations, ces impressions, ces ressentis, je sais les laisser là pour sans doute plus d’un an et je mentirais en prétendant que ce n’est pas un crève-cœur.
J’espère que ces quelques promenades, dans le monde du dessous, à travers quelques mots vous aura donné l’envie d’aller, à l’occasion, y faire un petit tour. On est si bien…
J. +15 Koh Tao le 24 mars 2011
Encore une fois départ aux aurores, à vrai dire même avant l’Aurore.
Nous plongeons encore avec Coco, la jeune Suisse dive master, le Belge flamand d’il y a deux jours, la Suisse allemande d’hier et moi.
Ce sera donc plongée en assez petit comité. Mais le bateau, lui, est plein à craquer, il y a en effet 18 jeunes plongeurs passant leur premier niveau de plongée (open water PADI)
Sur le bateau, l’organisation étant bien rodée, on ne se bouscule pas trop, c’est gérable.
La première plongée s’appelle white rock, va durer presque 1 :00, à une profondeur maximale de 18 m et sera excessivement agréable. La topographie du lieu est un peu différente et on retrouve plus facilement cette notion de jardins de corail : plus grande variété de coraux, plus abondants, plus colorés, qui donne cette impression de jardins et qui du coup donne à la plongée une certaine ambiance.
Il y a des plongées que j’appelle des plongées d’ambiance. Ce qui signifie, qu’en dehors du fait de voir des animaux ou une flore particulière, la plongée se fait globalement dans un paysage qui occupe l’œil comme le ferait, par exemple, un joli point de vue.
Certains moniteurs de plongée, ou guides, recherchent souvent l’extraordinaire, par ce que « l’ordinaire » étant leur quotidien, ne présente pour eux plus aucun intérêt.
Le problème est qu’il ne plonge pas pour eux, ils plongent pour guider leurs clients. Coco à des goûts prononcés pour certains poissons bien particuliers et s’attarde alors sur eux. Par contre, elle ne semble pas comprendre que nous puissions avoir des goûts et des intérêts différents. Elle est très jeune et manque encore assez clairement de métier.
Il semble que ces plongées soient celles qui sont les plus pratiquées par le club et, je vais caricaturer un brin quoi que, on revoit depuis deux ou trois jours exactement la même murène posée exactement au même endroit, les deux mêmes clowns, identifiés par un cercle de pierres, un peu comme des animaux mis en cage.il semblerait qu’elle nous mène systématiquement sur des animaux entre guillemets fixés. L’illusion peut se faire sur une plongée, mais le stratagème dès la deuxième est reconnaissable à 1000 miles !!!
Bref, peu importe, nous croisons de très jolies raies tachetées dont l’une volant gracieusement en dessous de nous.
Dans les coraux, une murène semble s’être perdue et chercher désespérément son trou. On la voit donc en pleine eau s’entortiller durant un moment avant de retrouver sa place. C’est toujours un petit bonheur de voir ces animaux si fluides hors de leur tanière.
Nous croisons au-dessus d’une jolie patate de corail, un petit couple de diodons que nous regardons discrètement afin de ne pas troubler leurs jeux amoureux.
Un tout petit poisson flute se cache dans une anfractuosité et nous dévoile ses minuscules charmes.
La deuxième plongée va se faire en deux temps, car au bout d’une dizaine de minutes notre guide ne nous a pas attendus alors que mon binôme faisait une photo d’une petite anémone étonnante. Elle ne semble par vouloir comprendre que le rythme de la plongée dépend des plongeurs qu’elle accompagne, d’autant plus quand la visibilité est assez moyenne. Nous faisons une remontée tranquillou, rejoignons le bateau et repartons. Le deuxième morceau est assez agréable, le corail est survolé par des milliers de petits poissons colorés qui donnent à l’ensemble un paysage délicieusement charmant et que, pour ma part, je ne me lasse pas de regarder, d’admirer, de contempler.
Tranquillement lové contre un rocher, nous dénichons un petit scorpion, attendant très discrètement la proie à gober.
Nous rencontrons à nouveau le petit arlequin juvénile qui continue à s’ébattre sans cesse autour de son « nid », je confirme qu’il est toujours aussi adorable.
Nous nous sommes faits attaquer par une demoiselle présomptueuse qui, voyant nos reflets dans nos masques, est venu en démordre contre ce poisson qui lui ressemble étrangement.
Le retour se fait au port, nous sommes à marée basse, je rentre donc à mon hôtel directement, pleine de belles images sous-marines et, je dois l’avouer, un peu fatiguée , cet après-midi, ce sera activité sieste…