Pensée du jour

 

Si les points de suspension pouvaient parler, ils pourraient en dire des choses et des choses !

 

Pierre Dac

Y’a du mou dans la corde à nœuds !

 

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ce n'est que moi

je grandis

  

Voici au travers des images et des mots un peu de mon univers.

 Toute petite, je baignais déjà .....

 

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Chantal

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à v'tre bon coeur

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jolie pagaille ..

Nudité corps et âme

      

Elles ont de tout temps inspiré les peintres.

 En recherchant leurs portraits, un détail m’apparaît. Si elles ont parfois des visages minces et osseux, dès qu’il s’agit de reproduire leurs hanches, elles sont toujours rondes et voluptueuses, la cuisse pleine, bien que le taille soit fine.

 

 

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Aujourd’hui, armée de courage, j’avais envie de vous livrer quelques photos prises sur la côte sauvage au nord de Brest, en ce début d’année, un jour de tempête. Mais, voilà, over blog semble « bugué » et impossible de vous les donner.

Alors, en désespoir de cause, je vais essayer de vous décrire mon ressenti ce jour là.

En sortant de Landeda, j’ai d’abords voulu voir le nouveau port de l’Aber Wrac’h. À l’entrée de la ville, alors que la pluie commence à se mêler au vent, mon regard est attiré par un bateau de pêche à la coque bleue, posé sur le flanc, hors d’eau. Je repense à mon petit bateau rouge, un vieux poème...

Je continue ma visite, le port est en effet en eau, bien à l’abri des lourdes vagues que l’on devine au loin à leur écume.

J’ai hâte de retrouver l’océan, sans barrière, sans port, sans bateau, juste lui et sa fureur.

J’avance : Landeda, Lannilis, Trémolou, Ploudal et Portsall,  Portsall, la tristement célèbre, dont les eaux abritent la dépouille de l’Amoco Cadiz qui s’est éclaté sur les roches il y a quelques dizaines d’années, le pays des Abers, il m’a manqué.

Je rentre enfin sur la route touristique. Là, après quelques centaines de mètres, l’océan apparait sans fard, sans retenue, brutal, puissant en ce jour de tempête.

La pluie devient plus drue. Le vent souffle fort. Je croise des cyclistes qui contre vents et marées, au sens littéral du terme, roulent sur l’asphalte détrempé.

Je m’arrête et je contemple. Je suis fascinée, emportée par  ce que je vois, par cet océan fou qui déverse son écume blanche et furieuse. Les vagues roulent, envahissent, cognent, submergent les roches  qui se perdent  sous  une sorte d’éruption puissante.

Je ne saurais expliquer cela, mais à cet instant, devant un des plus beaux spectacles  que la nature sait offrir, je me sens  bien, en vie, pleine de vie, heureuse de pouvoir affronter du regard la quintessence de la beauté naturelle.

A cet instant, je ne suis qu’un être humain bien petit face à cette immensité et pourtant cette puissance déchainée semble m’envahir et couler soudain dans mes veines, une ressource inespérée de force.

La mer m’a manquée et retrouver ses cotes baignées de sa colère venteuse et pluvieuse est le plus beau des cadeaux que la nature puisse offrir. J’aime la mer, je la crains puisque je la sais d’une puissance sans limite. La plongée m’a appris l’humilité face à un élément qui n’est pas le mien, où j’ai juste  le bonheur d’être tolérée.

Les vagues sont amples, hautes, écumeuses, elles recouvrent les balises et les roches, s’engouffrent dans chaque interstice de cette côte déchiquetée.

La pluie et le vent, l’océan hurlent leur  complainte à mes oreilles. Je suis envahie par ce brouhaha intense et me complait à en déchiffrer la puissante mélodie.

 

Je n’ai passé qu’une heure auprès de la côte, ce jour là, et j’ai reçu, une force indicible qui m’emplira pour des mois, je le pressens.

 

J’arrive à Argenton en Landunvez, dans l’intention de faire un pèlerinage sur le fond de la cale.

Plusieurs hommes s’habillent sous les trombes d’eau, le zodiac est hors de son local, la SMSN s’apprête à sortir malgré les creux de plusieurs mètres ……

J’admire leur courage, la passion qui les anime, Dieu qu’ils doivent aimer la mer ... et les hommes .…

Lundi 14 janvier 2008
par isabelle publié dans : brèves de vie communauté : Rêvons si tu le veux bien ...
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Il y a trois ans, pour la première fois, j’allais voir le psychiatre à Courbevoie.

Il était là dès le début.

Il ne venait que l’été, placé toujours au même endroit, à la sortie la défense, sur le périph. Ouest, juste à l’entrée du tunnel du coté gauche, sur le trottoir.

Au fil des mois, je le reconnus  d’une fois sur l’autre.

Je l’ai vu perdre et prendre pied sur le bitume, trois années durant.

 

Ce matin, il était assis sur une caisse en bois, une bouteille de coca entamée pour seule compagnie, une boite de thon vide placée entre les deux mains.

Il était emmitouflé dans un anorak bleu marine, recroquevillé, transit en ce début d’hiver.

Son regard était dirigé vers le sol.

Lorsque j’ai ouvert ma vitre et tendu le bras, j’ai croisé des yeux tristes, fatigués, j’ai lu sur son visage un sourire las, le sourire d’un homme qui respire depuis trois ans, les même gaz d’échappement.

Il a vieilli cet homme, prématurément vieilli.

Son visage est miné par la lassitude et le froid, ses mains usées.

 

Les autres hivers, il disparaissait, je l’imaginais à l’abri quelques mois, en un lieu plus clément. Mais, chaque printemps, je le retrouvais là, alors que j’aurais tant aimé le savoir sorti  d’affaire.

Cette année, il est encore et toujours là, et j’ai peur qu’il ne passe cet hiver blotti dans son mince anorak bleu marine, là, le long du périph.

 

Il a environ 60 ans, son accent est peut être de l’est. Chaque mois, je le vois plus usé, exténué, perdu,

Son corps  plié sur ce siège de fortune

 

A quelques mètres de là, des gens important viennent parler, parler, deviser de choses et d’autres toutes de la plus haute importance.

A quelques mètres de là, s’étale la société de consommation version VIP, avec toute l’indécence et le luxe d’un centre de congrès parisien.

Et lui, immanquablement, chaque jour, il bouffe du gaz d’échappement  sur le bitume.

Est-ce un destin ?

Est-ce inéluctable ?

Que faire ?

 

Si  vous passez par là, pensez à lui, faites cliqueter sa boite de thon vide, il vous offrira sa seule richesse, son sourire, le sourire d’un homme dans la misère au bord du périph.




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Mardi 4 décembre 2007
par isabelle publié dans : brèves de vie communauté : Rêvons si tu le veux bien ...
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Aujourd’hui, j’inaugure une nouvelle rubrique que j’appellerai « portrait ».

Quand  je rencontrerai  dans la vie une personne qui m’inspire quelques mots, je vous les livrerai ici, une sorte d’hommage aux autres au travers des mots.

 

 J’entre dans un de ces nouveaux RER à deux  étages, monte quelques marches, m’assois et la vois

Elle est assise,  adossée au siège avec  une parfaite droiture qui semble naturelle.

Une de ses mains est gantée. L’autre tient dans sa main une grande partition, pas une de celles que nous, simples amateurs de musique, pourrions lire, non une très grande où les notes emplissent les portées avec la même frénésie que mes mots emplissent cette page blanche en l’instant.

La femme revêt un long manteau noir. Sous un léger pull d’un rouge déjà fané, un de ces rouges qui se veut certes couleur mais sans ostentation aucune, j’aperçois un chemisier d’une blancheur immaculée.

Autour de son cou s’enroule un foulard noir en tissu léger, pas en soie, il ne miroite pas dans l’éclairage blafard du wagon.

Elle porte des bas noirs et des souliers vernis à bas talons carrés, ils brillent d’une propreté étincelante.

Elle lit la musique, ses yeux sont presque fermés, concentrés sur la lecture des notes savantes.

Elle lève soudain son visage et ferme posément sa partition, l’envoie rejoindre toutes les autres dans un cabas noir.

Elle se lève, se rajuste, enfile élégamment l’autre gant noir, regroupe tous ses sacs et en place un dans le dos.

Le sac de sport  contraste étonnamment avec le  classicisme de sa tenue.

Elle lève les yeux au ciel, enlève le gant droit, fouille dans la poche de son long manteau noir et en ressort son ticket de métro, renfile son gant.

Elle monte les quelques marches du wagon

Sous le manteau, elle porte une longue jupe noire, légèrement fendue de chaque coté à l’arrière.

Je n’ai à aucun moment croisé son regard.

Mais une chose est très surprenante. J’aurais supposé ses longs cheveux tirés en arrière en un chignon très sage, je les aurais bien vus contraints et disciplinés.

Mais contre toute attente, cette instrumentiste d’orchestre, ou cette choriste laisse sa tignasse folle, , grise, noire et blanche, aux cheveux très crépus et volages  jouer les sauvages autour de sa tête.

A t’elle oublié de coiffer ses cheveux ce matin ou était ce sa revanche sur le look vieillot et d’un autre âge qui lui est imposé ?

Elle seule détient la réponse ……..

 

Samedi 20 octobre 2007
par isabelle publié dans : brèves de vie communauté : Rêvons si tu le veux bien ...
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