Aujourd’hui, armée de courage, j’avais envie de vous livrer quelques photos prises sur la côte sauvage au nord de Brest, en ce début d’année, un jour de tempête. Mais, voilà, over blog semble
« bugué » et impossible de vous les donner.
Alors, en désespoir de cause, je vais essayer de vous décrire mon ressenti ce jour là.
En sortant de Landeda, j’ai d’abords voulu voir le nouveau port de l’Aber Wrac’h. À l’entrée de la ville, alors que la pluie commence à se mêler au vent, mon regard est attiré par un bateau de pêche à la coque bleue, posé sur le flanc, hors d’eau. Je repense à mon petit bateau rouge, un vieux poème...
Je continue ma visite, le port est en effet en eau, bien à l’abri des lourdes vagues que l’on devine au loin à leur écume.
J’ai hâte de retrouver l’océan, sans barrière, sans port, sans bateau, juste lui et sa fureur.
J’avance : Landeda, Lannilis, Trémolou, Ploudal et Portsall, Portsall, la tristement célèbre, dont les eaux abritent la dépouille de l’Amoco Cadiz qui s’est éclaté sur les roches il y a quelques dizaines d’années, le pays des Abers, il m’a manqué.
Je rentre enfin sur la route touristique. Là, après quelques centaines de mètres, l’océan apparait sans fard, sans retenue, brutal, puissant en ce jour de tempête.
La pluie devient plus drue. Le vent souffle fort. Je croise des cyclistes qui contre vents et marées, au sens littéral du terme, roulent sur l’asphalte détrempé.
Je m’arrête et je contemple. Je suis fascinée, emportée par ce que je vois, par cet océan fou qui déverse son écume blanche et furieuse. Les vagues roulent, envahissent, cognent, submergent les roches qui se perdent sous une sorte d’éruption puissante.
Je ne saurais expliquer cela, mais à cet instant, devant un des plus beaux spectacles que la nature sait offrir, je me sens bien, en vie, pleine de vie, heureuse de pouvoir affronter du regard la quintessence de la beauté naturelle.
A cet instant, je ne suis qu’un être humain bien petit face à cette immensité et pourtant cette puissance déchainée semble m’envahir et couler soudain dans mes veines, une ressource inespérée de force.
La mer m’a manquée et retrouver ses cotes baignées de sa colère venteuse et pluvieuse est le plus beau des cadeaux que la nature puisse offrir. J’aime la mer, je la crains puisque je la sais d’une puissance sans limite. La plongée m’a appris l’humilité face à un élément qui n’est pas le mien, où j’ai juste le bonheur d’être tolérée.
Les vagues sont amples, hautes, écumeuses, elles recouvrent les balises et les roches, s’engouffrent dans chaque interstice de cette côte déchiquetée.
La pluie et le vent, l’océan hurlent leur complainte à mes oreilles. Je suis envahie par ce brouhaha intense et me complait à en déchiffrer la puissante mélodie.
Je n’ai passé qu’une heure auprès de la côte, ce jour là, et j’ai reçu, une force indicible qui m’emplira pour des mois, je le pressens.
J’arrive à Argenton en Landunvez, dans l’intention de faire un pèlerinage sur le fond de la cale.
Plusieurs hommes s’habillent sous les trombes d’eau, le zodiac est hors de son local, la SMSN s’apprête à sortir malgré les creux de plusieurs mètres ……
J’admire leur courage, la passion qui les anime, Dieu qu’ils doivent aimer la mer ... et les hommes .…
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