il y a quelques jours, j'ai appris que j'avais une maladie d'hashimoto (thyroidite chronique, maladie auto immune assez banale mais d'un diagnostic peu aisé),
j'ai appis que l'un de ses symptomes est un état dépressif et après avoir eu très peur que de vilains nodules thyroidiens ne viennent empoisonner ma vie, je suis vraiment heureuse que ces
nodules s'avère être du genre "lls resemblent à , ils ont le gout de ... mais ..."
alors pour fêter ça, quelques petites fleurs, hommage à la vie ....
je suis triste, triste de devoir laisser la raison l’emporter ...
je suis triste de devoir écrire: « je t’aime et je te quitte ».
je suis triste de n’avoir pas su lui faire comprendre que l’amour n’est pas une admiration béate de l’autre.
je suis triste de n’avoir pas su toucher son coeur.
je suis triste d’être malade de mes émotions et de n’avoir pas su, voulu les cacher pour me préserver.
je suis triste de devoir le perdre quelque soient les bonnes raisons qui me conduisent à cette extrémité.
je suis triste qu’il n’ait voulu de moi qu’à toute petite dose.
je suis triste qu’une soirée avec moi apporte plus d’émotion que dix week-end avec une autre.
je suis triste d’être « impliquante » et de ce fait, mise à distance.
je suis triste d’être une indispensable à quantité infinitésimale.
je suis triste d’y avoir cru avec tant d’élan et de naïveté .
je suis triste de quitter l’Amour de ma vie .
je suis triste qu’il me manque déjà tant .
je suis triste du silence qui nous lie désormais ....
Après plus de 4 ans, cette « putain » de maladie me rattrape encore.
Elle m'envahit, elle me submerge … je n’arrive pas à prendre le recul nécessaire pour me rendre la vie plus sereine, plus
joyeuse, plus heureuse.
Je me sens si mal, incapable de prendre sur moi … le noir revient avec force, l’angoisse arrive, raz de marée insupportable.
Je me suis tant battue AVANT et maintenant un rien me met sans dessus dessous.
Je ne me reconnais plus, qui suis-je devenue ? Une larmoyante incapable de faire face.
O mon dieu, cette maladie je ne la souhaiterais pas à mon pire ennemi si j’en avais un.
Elle me détruit de l’intérieur, me ronge.
Reviendra-t-elle un jour cette Isabelle qui savait rire ? Reviendra-t-elle cette légèreté qui dédramatise, qui permet de rendre tout bien plus
supportable ?
Je ne sais plus où j’en suis.je suis si perdue.
Elle est si lourde à porter cette mélancolie envahissante. Je pars en vrille pour un oui pour un non, sans arriver à la maitrise de mes émotions,
trop fortes ….
Je me sens si désarmée, si démunie, si fatiguée …. Plus envie de me batte … lasse ….
J’aimerais pouvoir fermer les yeux, trouver le repos à nouveau.
J’aimerais savoir me protéger.
Là maintenant, je me sens si seule face à ce mal être que je n’arrive pas à expliquer aux autres, ne l’appréhendant même pas
moi-même.
Les larmes coulent…
Je lui ai demandé de passer un weekend par mois avec moi, il est l’homme que j’aime, il refuse, je suis too much, trop impliquante…
Qu’il est odieux ce refus, qu’il fait mal, quel terrible échec !!!! Qui suis-je donc pour qu’on ne puisse pas me supporter un weekend par
mois ?
Affreux cercle vicieux dans lequel je me sens piégée, je me sens rejetée, je vais mal, je deviens incompréhensible, les gens se
lassent de mes revirements, de mes jérémiades en boucle et avec un peu de recul, alors que les larmes et les sanglots se calment, j’essaie d’analyser et je ne ME comprends pas.
Je ne sais pas gérer cela et d’ailleurs dés que j’essaie de gérer c’est pire …. Moi qui aie passé ma vie entière, en m’en faisant un point
d’honneur, à tout gérer du plus simple au plus compliqué.
Que je suis démunie, que je me sens sotte, faible, si peu attirante !!!
Je sais qu’il y a des morceaux de ciel bleu, mais, dans ces moments là, je n’ai même plus la force de lever la tête pour les voir et retrouver le
sourire.
Qu’est ce qui m’arrive ?
J’avance sur ce chemin initiatique sur lequel je marche depuis cette dépression, des lueurs vont et viennent, des pièces se mettent en place, des
prises de conscience se font et soudain alors que je reprends pied, le sol s’effondre à nouveau et je me noie dans l’obscurité qui immédiatement emplie l’horizon.
Comment expliquer que tout cela se fait à l’insu de mon plein gré ? Comment le comprendre moi-même avant même de chercher à l’expliquer aux
autres ?
Ecrire, dès le premier jour, écrire a été ma planche de salut.
Poser les mots, les offrir à la page blanche, sans leur imposer aucune maitrise, de style, d’emphase, les livrer bruts de cueille, authentiquement
démunis, humbles et sincères.
Ecrire mes peurs pour mieux m’en délivrer …
J’ai un crucial besoin d’espoir et il tarde tant à venir, quelqu’un m’a dit que je devais être patiente encore un peu, juste quelques mois, mais
voilà j’ai usé mon stock, je n’y arrive plus ….
J’ai si peur, du diable si je sais pourquoi …. Peut être parce que je n’arrive plus à me faire vraiment confiance.
Oui, je hais cette maladie et plus que jamais aujourd’hui, je suis confrontée à sa force et à ma terrible impuissance.
La calme revient, quelques larmes coulent encore en relisant mes mots, mais le noir disparait doucement, des petits bleus reviennent, un « je
t’aime », la confiance renait, l’espoir veut revivre coute que coute, sinon, ô mon Dieu, à quoi bon ? À quoi bon ?
une depressive idéaliste qui veut croire en l'humain, qui n'acceptera jamais la communication à travers la violence, la guerre. j'ai la chance de vivre dans un pays où je suis libre de dire , d'écrire, le faire est un droit mais surtout un devoir