Thèse et anti thèse
Est-ce ma déprime ou mon âge grandissant ?
En mon jeune temps, on m’a appris à écrire des dissertations me précisant que le canevas de l’exercice se résumait à : thèse, antithèse, synthèse.
Je me souviens avoir creusé mes méninges de jeune fille et avoir calé plus d’une fois puisque l’on me demandait à moi esprit jeune et sur de ses vérités, de défendre le blanc (thèse) avec autant de véhémence que j’exposais le noir (antithèse).
Essayez de vous rappeler !
A l’époque et à vrai dire, je ne suis pas sure de devoir employer le passé, il me semblait qu’une vérité se voulait pleine et entière et qu’y opposer son contraire était pure hérésie.
Mes idées avaient un coté terriblement tranchées qui faisaient de moi l’esclave d’une vérité, hautement affirmée et non contestable puisque apparemment évidente à mon esprit.
Avec le temps et à 47 ans passés, l’exercice me parait plus évident, est ce de la tolérance, plus de réflexion ? De la maturité ?
Et si la synthèse n’est pas simple, je conçois enfin l’existence possible d’une thèse et antithèse communicant sans conflit.
Puisqu’enfin, je prends conscience de la notion de doute.
Certes, le doute est parfois insidieux et si je ne peux nier son coté anxiogène, il m’apparait comme une composante essentielle à la réflexion.
Ce qui peut être une vérité pour moi, ne le sera pas pour un autre.
Une vérité n’est pas universelle, l’admettre c’est certes introduire le doute mais surtout s’ouvrir, s’ouvrir à tout, même à l’improbable, à l’impossible.
Pas question d’abandonner ses convictions, mais essayer de comprendre en n’érigeant pas sa vérité tel un jugement.
Exemples :
Faut-il être nécessairement pro israélien ou pro palestinien ? Pourquoi pas disciple de la paix ?
Faut-il attendre les jeux olympiques pour juger un pays à qui on les a confiés alors que les droits de l’homme y étaient déjà absents ? En quoi le peuple chinois est fautif ?
Comment appréhender la guerre au Liban ? Pourquoi cette guerre ?
Pourquoi un coréen du nord hait l’américain ? Alors que le japonais a pardonné faute d’oublier ?
Que faut il faire pour les sans papiers ? Les expulser manu militari est il conforme à l’idée que l’on se fait d’une démocratie respectueuse des droits de l’homme ?
Pourquoi « mein kampf » est interdit de publication en Allemagne ? Faut-il briser le tabou ?
Le seuil de pauvreté est parfois à 650 euros, parfois à 800, dans les journaux télévisés, pourquoi en existe-t-il deux ??
Dans ce monde de sur médiatisation, de sur communication, qu’est ce qui est encore et surement « paroles d’évangile » ? Qui peut on croire y compris dans l’exposition à priori simple des faits ?
J’ai volontairement pris des exemples très concrets, usuels, l’abstraction du sujet exposerait aux mêmes questions.
Êtes-vous capable de répondre à ces questions par une thèse qui vous semble juste ?
Personnellement, je ne peux pas avoir une idée arrêtée sur ces questions, les réponses sont bien plus complexes qu’un simple pour ou contre, que de simples « habitudes » politiques.
Nous sommes empêtrés dans le politiquement correct. Il est de bon ton d’exposer avec clarté de belles idées toute faites qui feront pencher la balance à droite ou à gauche.
Et nous, bon peuple d’Europe, nantis fermant les yeux sur ses plus démunis, nous donnerons des leçons au monde (voir un beau discours de Sarkozy en l’Afrique).
Pour revenir au cœur du sujet, il est bien plus confortable et simple de ne concevoir que la thèse.
Pourtant, dés que je prends le temps d’y réfléchir un peu, l’antithèse prend vie d’elle-même.
Et si j’ai grandi en ne voyant que le blanc et le noir, je vieillis en discernant avec de plus en plus de clarté les milliers de nuances de gris.
Voilà, je vous ai livré, en vrac, mes pérégrinations du soir, je n’ai pas la prétention de faire un discours philosophique, mais j’avais envie de partager un ressenti, une réflexion venue d’elle-même sur les choses de la vie.
Merci d’avoir pris la peine de les lire …..
Et tiens si tout était inscrit dans cette simple fleur : thèse, anti thèse et synthèse.
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