il était une fois


Chers fidèles lecteurs, vous qui venez si gentiment prendre la peine de perdre un peu de temps dans mon petit monde, vous devez penser que si l’image est bel et bien là, le mot se fait rare.
J’ai souvent écrit à propos de l’inspiration, à propos de cette frénésie qui, parfois, m’habitait au point de devoir coucher les mots sans plus attendre.
Elle ne m’a pas quittée, elle va et vient au gré de sa fantaisie, au gré de mes préoccupations, au gré, aussi, de l’actualité, des éléments extérieurs.
Au fil du temps qui passe, mon humeur n’est certes toujours pas constante, mais les amplitudes qui séparent les hauts des bas deviennent de plus en plus supportables, domptables.
 
J’ai évoqué, dans un des précédents articles, une reprise, à ma manière, d’une activité plus conforme, à ce que la société aime appeler la normalité.
Au fur et à mesure que s’installeront dans ma vie ces « nouveautés », là encore, au gré de mes émotions, je vous livrerai des rencontres étonnantes, salutaires, précieuses, enrichissantes et étonnamment variées.
Ce blog est, je crois, un assez fidèle reflet de ce que je suis, de qui je suis, et de cet éclectisme qui  me caractérise.
Il me semble vous l'avoir à maintes fois dit, si tant est que j’ai quelques habitudes, je refuse scrupuleusement à ce qu’elles s’inscrivent dans la routine.
 
Bref, tout ce baratin pour vous dire que le mot est toujours là et que rien ne saurait remplacer l’importance qu’il tient dans ma vie.
Aujourd’hui j’ai envie de remercier une amie de blog :
 
Quichottine

 
Grâce à elle, j’ai eu envie de laisser divaguer ma plume au gré d’une fantaisie que je vous livre :

tout démarre sur le fait que dans son monde, un lutin bleu et un lutin vert ont disparus ...
.




bon, je me dois de te mettre dans le secret quichottine, car je te sens très inquiète.
alors, voilà une partie de l'histoire.

je la tiens de deux droles de lutins blancs des villes, croisés dans les rues de paris.
il serait bien en l'état actuel des choses que je t'explique, dans les grandes lignes, le pourquoi et le comment de ces  lutins mutants dénués de couleur.
les lutins vivaient autrefois, il y a bien longtemps, dans la forêt, et arboraient alors de jolies couleurs toutes chaudes.
en ce temps là, il régnait dans le monde des lutins paix, harmonie et sérénité.
les couleurs se côtoyaient et se mélangeaient à loisir et il naissait chaque jour de nouvelles teintes aux parfums charmants d’un exotisme délicat et forestier.
les lutins avaient alors la faculté de changer de couleur et de tâche au gré des besoins de la communauté.
et ce bien joli camaïeu vivait à l’ombre d’arbres majestueux atteints par la grâce de cet arc en ciel « lutinesque ».

hélas, un jour, une bien étrange créature vint en ce monde idyllique, de l’extérieur les lutins crurent reconnaître une fée. ils en connaissaient quelques unes et les sachant sages et bonnes, ils ne se méfièrent pas. les lutins avaient alors la faculté unique de ne pas connaître le mal. c’était en cette foret et en cette époque, une notion sans raison d’être .

la fée, qui, tu l’as bien compris, n’en était pas une, fut diabolique; elle usa du stratagème le plus ignoble pour semer la discorde.
elle avait eu vent de le plus grande faiblesse des lutins de cette époque: la gourmandise. en effet, les lutins en ce temps là, se délectaient des champignons offerts par la mousse habillant le pied des arbres.
mais, la vilaine empoisonnât ce délicieux substrat et une terrible épidémie s’abattit sur la foret.
les lutins perdaient d’abords leur appétit, puis terrible horreur, de jour au lendemain ils devenaient fluorescents et hop tout blancs, qui, comme tout le monde le sait n’est pas une couleur au pays lutin.
les lutins comprirent assez vite, la source de ce mal décolorant et ils durent convenir que cette fée n’était guère gentille.
et afin d’éradiquer la maladie , les lutins blancs terriblement contagieux, décidèrent d’un commun accord afin que le monde ne perdit pas ses couleurs , de quitter la forêt à tout jamais et de devenir des lutins blancs des villes.
et c’est là, en cet instant, que le monde des lutins changeât à tout jamais.
eux qui depuis la nuit des temps vivaient ensemble et en harmonie durent se séparer les uns et des autres et une nouvelle règle naquit alors, chaque lutin aurait une couleur définie et chaque couleur une tâche bien précise.
il en était fini à tout jamais du lutin multicolore et multi tache, il en était fini de la belle naïveté innée qui habitait tout lutin en ces temps reculés.
les lutins avaient appris l’existence du mal et plus rien en cet univers ne fut plus tout à fait comme avant.

voilà, à peu prés, l’histoire.
hier, alors que je croisais innocemment le regard de ces deux lutins blancs des villes avec mon troisième oeil (sachant qu’avec les deux autres yeux, il est quasiment impossible de retenir l’attention d’un lutin, quelque soit sa couleur, d’ailleurs ...), j’y lus une lueur bien étrange, et la belle rangée de dents qu’ils arboraient fièrement l’un et l’autre me mit la puce à l’oreille.
en effet, le lutin blanc des villes est d’ordinaire assez méfiant et bien peu enclin à sourire aux humains qui plus est inconnus.
pour avoir, au gré de tes mots, et grâce à ton savoir unique en matière de lutins, appris beaucoup, je sus immédiatement qu’un événement majeur planait dans l’air.
les voyant ainsi goguenards, je me dis qu’il fallait à tout prix que je m’approche d’eux et qu’ils me content par le menu les nouvelles fraîches. je me fis un devoir, connaissant votre légitime inquiétude, de revêtir mon plus beau sourire du dimanche afin de ne pas les faire fuir.
à mon grand étonnement, ils ne se firent pas prier et j’avais du mal à suivre tant le flux continuel des paroles de l’un et de l’autre venait emplir mes oreilles en un joyeux brouhaha, qui, il me faut le confesser, prit un certain temps à trouver une traduction audible.
en deux mots, voilà, la nouvelle est d’importance, après une longue et pénible émigration en terra incognita pour cause de haute contagion, les lutins blancs des villes, avaient muté.
ils avaient enfin, après tant d’années d’errance trouvé leur raison d’être.
alors, me diras tu, quel rapport avec les disparitions des lutins bleus et verts ?
me voilà bien ennuyée, amie quichottine, car nous touchons là du doigt un des secrets les mieux gardés du royaume lutin.
pourras tu, dans l’immédiat, te contenter de croire en cette étrange histoire et être parfaitement rassurée si , sur les têtes des lutins blancs des villes, ils te jurent solennellement que nos petits amis vert et bleu se portent à merveille ?
je ne peux, en l’instance, pas te révéler le fond de l’histoire aujourd’hui sans rompre une promesse faites à mes amis des villes.
mais, le secret bien gardé sera bientôt rendu public et tu seras, ainsi que tous nos amis des lutins, immédiatement informée afin d’être totalement rassurée et pour étancher ta saine curiosité ...
à bientôt amie quichottine ...

Mercredi 14 octobre 2009 3 14 /10 /2009 06:32
- Par isabelle - Publié dans : il était une fois - Communauté : Rêvons si tu le veux bien ...
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Le dimanche tant attendu arriva enfin. Je revêtis un des ces chemisiers blouse aux manches larges de couleur beige et rouge,  une jupe droite et longue assortie au chemisier.  Mes chaussures à petits talons en cuir bicolore furent frottées durant des heures afin de rendre hommage aux trottoirs londoniens. J’aurais aimé quelques plumes ça et là pour rivaliser avec les belles londoniennes mais cela n’aurait pas sié à mon âge.

Kathleen m’avait en secret prêté un petit chapeau cloche, bel héritage des années vingt, un sac  rouge lie de vin complétait ma tenue et j’étais fin prête à enfin découvrir cette ville que je survolai au pas de course depuis des mois.

 

Le soleil devait avoir écouté mes prières car il brillait de mille feux, ajoutant encore au caractère exceptionnel de cette journée.

Kathleen vint me chercher avec sa jaguar décapotable qui étincelait, les roues blanches et noires était munies de dizaines de rayons rutilants au soleil.

Kathleen était une de ces jeunes filles émancipées de l’aristocratie anglaise qui s’arrogeait une liberté que  la bourgeoisie française n’autorisait encore guère aux jeunes femmes.

 

Nous partîmes chapeaux au vent et dès ma premier inspiration, je goutais pour la première fois de ma vie à ce mets qui m’était jusqu’alors interdit : la liberté.

Je respirais telle une goulue ce vent frais qui frappais mon visage, rosissant mes joues si  pales.

 

Arrivées à Londres, Kathleen nous fit mener  cette journée tambour battant. Elle décida qu’il serait  toujours temps de découvrir les corbeaux de la tour de Londres, mais qu’aujourd’hui, le temps lui inspirait une promenade bien moins protocolaire.

Nous déjeunâmes dans un de ces endroits huppée de la capitale, nous fumes installées sur une terrasse d’où nous pouvions jouir du spectacle des passants. Je regardais  le moindre détail avec des yeux émerveillés

Cette foule bigarrée, du dimanche, à laquelle jusqu’alors je ne fus jamais mêlée, me faisais vivre  un rêve éveillé.

Les mets portaient des noms étranges et leurs saveurs étaient bien étonnantes à mon palais de française élevée dans la plus pure tradition gastronomique de mon pays.

Lundi 5 novembre 2007 1 05 /11 /2007 14:32
- Par isabelle - Publié dans : il était une fois - Communauté : Rêvons si tu le veux bien ...
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En attendant, ma conversation rituelle avec sir Tennant, dans le train de 17h34, s’étoffait au fil des jours.

Il me faut avouer qu’il était bien plus bavard que moi. Sa seule vue me paralysait. Mon cœur battait la chamade et quand d’aventure il me posait une question j’arrivais tout juste à balbutier quelques mots souvent inaudibles, auxquels il me répondait d’un sourire indulgent et sans doute un rien amusé.

Les jours passant, j’appris qu’il travaillait à la city, j’avoue que si je buvais littéralement ses paroles, parfois leur teneur m’échappait. Il me parla d’affaires, de transactions. Tout cela était bien loin de mon monde encore enfantin. Je me jurai d’apprendre et de lui offrir à l’avenir une attentive écoute.

Ses mots me berçait et parfois faisant mine de m’y intéresser je me permettais de le dévisager sans pudeur. Dieu qu’il était beau. Son teint un peu mat faisait ressortir les fines aigues marines de ses yeux. Il se tenait bien droit, dans cette attitude, savant mélange de fierté et digne suffisance propre aux sujets britanniques.

À mes yeux, il était prince, noble d’allure faute de l’être de sang.

Ces rendez vous informels se renouvelaient chaque jour.

J’adorais quand il me racontait Paris, ce Paris qui le temps de ses récits n’appartenait qu’à nous, lui qui redonnait vie à ses souvenirs, moi qui me laissait dériver, les faisant miens, le temps d’une histoire.

J’en apprenais beaucoup sur cette ville qu’il qualifiait de plus belle entre toutes. Qu’ils étaient loin mes souvenirs de Samaritaine, bien loin, là bas, dans mon enfance !

Je découvrais un nouveau Paris, un Paris étincelant dans le regard d’un homme me racontant quelques jours de sa vie.

Là, dans ce train des faubourgs londoniens, j’ai fait, mes plus belles promenades parisiennes.

Le cliquetis lancinants des rails berçait ses récits et je m’envolai vers un ailleurs qui, pourtant, habillait, il y a encore peu, mon quotidien.

Il connaissait si bien, décrivait si joliment ce Paris frivole et en fête qui m’étais étranger vu mon âge et mon éducation.

Au fil des jours, ses talents de conteur me promenèrent sur tous les faubourgs.

Parfois, je fermais un peu les yeux m’imaginais belle coquette déambulant à son bras dans un Paris ensoleillé. Les passants nous  admiraient. J’avais une ce ces robes à la mode, un chapeau londonien, des gants noirs, des souliers vernis, mélange de petite fille sage et de femme distinguée.

Chaque soir en rentrant au couvent, j’avais hâte d’être enfin couchée, hâte de partir dans les rêves les plus fous. J’ai rêvé de longues  ballades au bord de seine, de soirées dans d’élégants restaurants, de baise mains délicats et parfois mon enthousiasme me conduisait vers un baiser fougueux, un de ces baisers romantiques au bord de l’eau.

Je me réveillais heureuse, prête à voler toute la journée vers le  train de 17h34.


Lundi 29 octobre 2007 1 29 /10 /2007 15:03
- Par isabelle - Publié dans : il était une fois - Communauté : Rêvons si tu le veux bien ...
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