Pensée du jour

 

Si les points de suspension pouvaient parler, ils pourraient en dire des choses et des choses !

 

Pierre Dac

Y’a du mou dans la corde à nœuds !

 

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ce n'est que moi

je grandis

  

Voici au travers des images et des mots un peu de mon univers.

 Toute petite, je baignais déjà .....

 

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Chantal

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Isabelle

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à v'tre bon coeur

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jolie pagaille ..

Nudité corps et âme

      

Elles ont de tout temps inspiré les peintres.

 En recherchant leurs portraits, un détail m’apparaît. Si elles ont parfois des visages minces et osseux, dès qu’il s’agit de reproduire leurs hanches, elles sont toujours rondes et voluptueuses, la cuisse pleine, bien que le taille soit fine.

 

 

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Le dimanche tant attendu arriva enfin. Je revêtis un des ces chemisiers blouse aux manches larges de couleur beige et rouge,  une jupe droite et longue assortie au chemisier.  Mes chaussures à petits talons en cuir bicolore furent frottées durant des heures afin de rendre hommage aux trottoirs londoniens. J’aurais aimé quelques plumes ça et là pour rivaliser avec les belles londoniennes mais cela n’aurait pas sié à mon âge.

Kathleen m’avait en secret prêté un petit chapeau cloche, bel héritage des années vingt, un sac  rouge lie de vin complétait ma tenue et j’étais fin prête à enfin découvrir cette ville que je survolai au pas de course depuis des mois.

 

Le soleil devait avoir écouté mes prières car il brillait de mille feux, ajoutant encore au caractère exceptionnel de cette journée.

Kathleen vint me chercher avec sa jaguar décapotable qui étincelait, les roues blanches et noires était munies de dizaines de rayons rutilants au soleil.

Kathleen était une de ces jeunes filles émancipées de l’aristocratie anglaise qui s’arrogeait une liberté que  la bourgeoisie française n’autorisait encore guère aux jeunes femmes.

 

Nous partîmes chapeaux au vent et dès ma premier inspiration, je goutais pour la première fois de ma vie à ce mets qui m’était jusqu’alors interdit : la liberté.

Je respirais telle une goulue ce vent frais qui frappais mon visage, rosissant mes joues si  pales.

 

Arrivées à Londres, Kathleen nous fit mener  cette journée tambour battant. Elle décida qu’il serait  toujours temps de découvrir les corbeaux de la tour de Londres, mais qu’aujourd’hui, le temps lui inspirait une promenade bien moins protocolaire.

Nous déjeunâmes dans un de ces endroits huppée de la capitale, nous fumes installées sur une terrasse d’où nous pouvions jouir du spectacle des passants. Je regardais  le moindre détail avec des yeux émerveillés

Cette foule bigarrée, du dimanche, à laquelle jusqu’alors je ne fus jamais mêlée, me faisais vivre  un rêve éveillé.

Les mets portaient des noms étranges et leurs saveurs étaient bien étonnantes à mon palais de française élevée dans la plus pure tradition gastronomique de mon pays.

Lundi 5 novembre 2007
par isabelle publié dans : il était une fois communauté : Rêvons si tu le veux bien ...
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En attendant, ma conversation rituelle avec sir Tennant, dans le train de 17h34, s’étoffait au fil des jours.

Il me faut avouer qu’il était bien plus bavard que moi. Sa seule vue me paralysait. Mon cœur battait la chamade et quand d’aventure il me posait une question j’arrivais tout juste à balbutier quelques mots souvent inaudibles, auxquels il me répondait d’un sourire indulgent et sans doute un rien amusé.

Les jours passant, j’appris qu’il travaillait à la city, j’avoue que si je buvais littéralement ses paroles, parfois leur teneur m’échappait. Il me parla d’affaires, de transactions. Tout cela était bien loin de mon monde encore enfantin. Je me jurai d’apprendre et de lui offrir à l’avenir une attentive écoute.

Ses mots me berçait et parfois faisant mine de m’y intéresser je me permettais de le dévisager sans pudeur. Dieu qu’il était beau. Son teint un peu mat faisait ressortir les fines aigues marines de ses yeux. Il se tenait bien droit, dans cette attitude, savant mélange de fierté et digne suffisance propre aux sujets britanniques.

À mes yeux, il était prince, noble d’allure faute de l’être de sang.

Ces rendez vous informels se renouvelaient chaque jour.

J’adorais quand il me racontait Paris, ce Paris qui le temps de ses récits n’appartenait qu’à nous, lui qui redonnait vie à ses souvenirs, moi qui me laissait dériver, les faisant miens, le temps d’une histoire.

J’en apprenais beaucoup sur cette ville qu’il qualifiait de plus belle entre toutes. Qu’ils étaient loin mes souvenirs de Samaritaine, bien loin, là bas, dans mon enfance !

Je découvrais un nouveau Paris, un Paris étincelant dans le regard d’un homme me racontant quelques jours de sa vie.

Là, dans ce train des faubourgs londoniens, j’ai fait, mes plus belles promenades parisiennes.

Le cliquetis lancinants des rails berçait ses récits et je m’envolai vers un ailleurs qui, pourtant, habillait, il y a encore peu, mon quotidien.

Il connaissait si bien, décrivait si joliment ce Paris frivole et en fête qui m’étais étranger vu mon âge et mon éducation.

Au fil des jours, ses talents de conteur me promenèrent sur tous les faubourgs.

Parfois, je fermais un peu les yeux m’imaginais belle coquette déambulant à son bras dans un Paris ensoleillé. Les passants nous  admiraient. J’avais une ce ces robes à la mode, un chapeau londonien, des gants noirs, des souliers vernis, mélange de petite fille sage et de femme distinguée.

Chaque soir en rentrant au couvent, j’avais hâte d’être enfin couchée, hâte de partir dans les rêves les plus fous. J’ai rêvé de longues  ballades au bord de seine, de soirées dans d’élégants restaurants, de baise mains délicats et parfois mon enthousiasme me conduisait vers un baiser fougueux, un de ces baisers romantiques au bord de l’eau.

Je me réveillais heureuse, prête à voler toute la journée vers le  train de 17h34.


Lundi 29 octobre 2007
par isabelle publié dans : il était une fois communauté : Rêvons si tu le veux bien ...
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Mon anglais commençait à s’étoffer. Je m’étais liée d’amitié au cours avec notre professeur qui n’était guère plus âgée que nous.

Elle se dénommait miss Kathleen Macleod.

C’était une petite brune  à la peau très blanche, un teint de porcelaine  servait d’écrin à un regard gris perle. Ses yeux étaient vifs comme l’éclair.

Je crois que nous sommes devenues proches dès son premier cours

J’ai immédiatement aimé sa vivacité, l’énergie pleine de belles promesses qu’elle donnait à sa vie.

Sans doute ai-je reconnu cet attachement quasi viscéral aux sentiments, aux ressentis, à l’affect, nous l’avions en commun, cela ne faisait nul doute.

J’avais parlé aux sœurs de cette amitié naissante.

Je conviai, donc, miss Macleod au couvent afin de la leur présenter.

Le courant passa assez facilement avec mère Thérèse, pourtant méfiante.

Kathleen affichait un mélange subtil de joie de vivre et de sérieux qui lui valut d’entrée de jeu la confiance des sœurs.

La mère m’autorisa, exceptionnellement à passer un dimanche après midi à Londres sous l’expresse réserve que miss Macleod m’y accompagne.

Rendez vous était pris pour le dimanche suivant.

J’étais très excitée. Jusqu’alors je n’avais presque rien vu de cette ville si vaste, si mystérieuse à mes yeux encore enfants.

J’allais enfin découvrir les merveilles que mon esprit fantasque avait imaginées. Je voulais tout voir, tout découvrir, me nourrir de cette ville. Je pourrais enfin vagabonder libre (ou presque) dans cet univers qui allait s’offrir à moi, un beau dimanche de septembre 1938.

Mercredi 24 octobre 2007
par isabelle publié dans : il était une fois communauté : Rêvons si tu le veux bien ...
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