une dépressive redécouvrant le monde semaine après semaine ...Une humaniste qui revit.
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Inventaire de deux jours de vie ...

Inventaire de deux jours de vie …
Deux jours que je suis partie, en impromptu, vers le Pays basque ;
Lundi matin; 6 heures,
Paris vers Biarritz,
Un train
Un enterrement,
Celui d’un homme encore bien trop jeune,
Qui laissera bien de la tristesse derrière lui
Une vie faite de labeur
Des amis, la belle chaleur
D’une épouse, la douceur
Des enfants, la délicate saveur
Des petits-enfants, le divin bonheur
D’un vilain crabe, l’horreur
De la souffrance, la peur
De la mort, la vilaine odeur…
Tarnos, la Grande bleue
Une petite église
Les souvenirs d’une noce lointaine
Un jour de grande chaleur
17 ans ont passé
Les petits sont grands
Les grands sont presque vieux
Les yeux par trop brillants
Un paquet de Kleenex
Tristesse d’un Adieu
Réunion d’une grande famille
Eparpillée
Cousins, cousines
Tantes et oncles
Frères et sœurs
Un cimetière étonnant
Des allées en colimaçon
Un jet d’eau
Tombeaux hors de terre
Un corps qu’on enterre
Sa maison
Joli jardin
Des pieds de tomates
Des fleurs
Une cuisine d’été
Une nappe en papier bleu
Un verre d’eau fraîche
Une petite fille aux yeux si tristes
Un sourire sur les temps passés
L’évocation des souvenirs
17 ans ont passé
Les petits sont grands
Les grands sont presque vieux
Les yeux par trop brillants
Un paquet de Kleenex
Tristesse d’un Adieu
Le rire d’un enfant
Les larmes d’un autre qui crie maman
Le vent frais venant de la côte
Un ciel aux nuages pesants
Des nouvelles des uns
Des nouvelles des autres
Retour au passé
Evocation d’aujourd’hui
Etrange mélange
Tristesse et mélancolie
Sourires et tristesse
Emotion de se revoir
Avant de repartir encore
17 ans ont passé
Les petits sont grands
Les grands sont presque vieux
Les yeux par trop brillants
Un paquet de Kleenex
Tristesse d’un Adieu
À bientôt ?
Dans 15 ans
Le prochain mariage
Le futur enterrement
Destins qui s’unissent
Et se désunissent
Destins de famille
Pas de rancœur
Sans contrecœur
Triste crève-cœur
La vie passe
Trop remplie
Trop rapide
Grands malheurs
Petits bonheurs
17 ans ont passé
Les petits sont grands
Les grands sont presque vieux
Les yeux par trop brillants
Un paquet de Kleenex
Tristesse d’un Adieu
Cousin, cousine
Plus vus depuis longtemps
On se redécouvre
On se réapprend
On parle de nos vies
Espoir, joies
Obstacles, coups durs
Maladie, mort
Amour,
Enfants, petits-enfants
Petits malheurs
Grands tourments
Grand bonheur
Pour cœurs chantants
17 ans ont passé
Les petits sont grands
Les grands sont presque vieux
Les yeux par trop brillants
Un paquet de Kleenex
Tristesse d’un Adieu
Un confit de canard
Un verre de bon vin
Un patio à la sévillane
Une douce nuit du bord de mer
La fraîcheur du soir qui monte
Une anisette espagnole
Quelques glaçons
Un verre qui tourne dans la main
Et les souvenirs
Les glaçons qui teintent
La douceur du temps jadis
Pas de nostalgie
Les glaçons fondent
Juste la mesure du temps qui passe
17 ans ont passé
Les petits sont grands
Les grands sont presque vieux
Les yeux par trop brillants
Un paquet de Kleenex
Tristesse d’un Adieu
Deux, trois rires
Des regards qui pétillent
Évocation du cousin parti
Celle des lendemains
Lendemains enchanteurs
Puis deux, trois bâillements
Sommeil
Journée lourde
Trop d’émotion
Introspection du passé
Rédaction du présent
Approximation de l’avenir
Juste dormir
17 ans ont passé
Les petits sont grands
Les grands sont presque vieux
Les yeux par trop brillants
Un paquet de Kleenex
Tristesse d’un Adieu
Le soleil s’est levé
Encore quelques nuages
Un bon café
Un gâteau à l’anis
Confiture maison aux figues du jardin
Les oiseaux chantent
Le cousin joue
Une guitare sévillane au bois précieux
Deux mains agiles
10 doigts graciles
Cinq se contorsionnent sur les cordes
Et cinq virevoltent sur le corps de bois
Une voisine cesse d’arroser ses plantes
Elle écoute
Le cousin joue
Flamenco
Jeux interdits
Concert privé dans la douceur de l’été
17 ans ont passé
Les petits sont grands
Les grands sont presque vieux
Les yeux par trop brillants
Un paquet de Kleenex
Tristesse d’un Adieu
Biarritz, la ville,
Palais- palace d’une impératrice, jadis
Plage aux parasols
Terrasse tournée vers le soleil
Les vagues roulent
L’écume habille les flots
Falaise aux grands hôtels
Rocher de la vierge
Un air de vacances
Le golfe de Gascogne
L’océan bleu
Des bleus de lagons imaginaires
Quelques baigneurs
Des mouettes
Quelques plongeurs
Rinçage du Néoprène
Un pêcheur sur une chaise
Un enfant crie
Son père le sermonne
Petit port de pêche
Maisonnettes à volets
Bleus, rouges, verts
La mer est belle
l'Océan appelle…
17 ans ont passé
Les petits sont grands
Les grands sont presque vieux
Les yeux par trop brillants
Un paquet de Kleenex
Tristesse d’un Adieu
Plus de temps
Le train dans 2 heures
Déjeuner à la plancha
Gâteau basque
Joli moulin du XVIIIe
Beauté de l’arrière-pays
Le départ
De sincères merci
Deux jours hors du quotidien
Deux jours d’émotion
Deux jours dans la démesure du temps qui passe
Cartes de visite
« Si vous venez à Paris… »
Train, Paris.
17 ans sont passés
Les petits sont grands
Les grands sont presque vieux
Les yeux par trop brillants
Un paquet de Kleenex
Tristesse d’un Adieu
dans un TGV entre Biarritz et Paris
le 28 juillet 2009

photos prises sur le net
« Les toiles de Carlos Cobian, qui symbolisent à merveille la beauté et le chic éternel de
Biarritz, sont appréciées et expédiées dans le monde entier », assure Jackie Page, directrice de la Galerie Page.
Publié le 01/08/2009 à 14h18 dans poèmes
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