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25 janvier 2010 1 25 /01 /janvier /2010 00:05

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1- Plutôt corne ou marque-page?

Je n’aime pas trop corner, pourtant malgré une collection plutôt sympa de marque pages, il m’arrive encore de glisser entre les pages un p’tit morceau de papier déchiré ici ou là …

 

2 As-tu déjà reçu un livre en cadeau?

Oui, plusieurs même et ce qui est fou, c’est qu’une seule personne m’a offert des découvertes merveilleuses, ma marraine Christiane, elle tombe juste à chaque fois, merci à toi !!

Je vous cite trois coups de cœur :

Isaac Bashevis Singer, http://fr.wikipedia.org/wiki/Isaac_Bashevis_Singer conteur yiddish merveilleux. C’était un gros livre de nouvelles souvent issues de délicieuses légendes yiddish

Balzac et la Petite Tailleuse chinoise ,premier roman de l'écrivain franco-chinois Dai Sijie, http://fr.wikipedia.org/wiki/Balzac_et_la_Petite_Tailleuse_chinoise

La joueuse de go, de Shan Sa, http://fr.wikipedia.org/wiki/Shan_Sa, petite merveille écrit par une jeune chinoise

 

3 Lis-tu dans ton bain?

A vrai dire, je n’ai pas de baignoire. Cependant, j’ai le souvenir d’un nombre d’heures passées dans une piscine au bord d’une mer de rêve au milieu de l’océan, à Lombok, un beau souvenir , mélange de plongées et de moments empreints d’une belle sérénité, une solitude reconstructrice : l’Océan, les livres et moi …

 

4 As-tu déjà pensé à écrire un livre?

Oui, un jour peut être, peur de me planter … oops

 

5 Que penses-tu des séries de plusieurs tomes?

Si on se sent bien dans le premier, c’est avec délice que l’on se tourne vers le second …

Exemple : la triologie des Dieux de Bernard Werber

 

6 As-tu un livre culte?

Un ? non, j’en ai plein, des souris et des hommes, le prophète, la nuit du sérail, les contes et romans de Voltaire, les déjà cités, et bien d’autres, je ne suis pas très douée pour les top ten .

 

7 Aimes-tu relire?

Je ne relis que très rarement pourtant, un livre m’a fait mille fois pleurer : des souris et des hommes de Steinbeck

Je feuillette bien sur très souvent les livres de citations « sages » qui ornent mon bureau.

 

8- Rencontrer ou non les auteurs des livres qu'on a aimés?

A vrai dire, non, pas nécessairement, quelque part, les romanciers restent attachés au mystère de leur imaginaire… peut être Werber, je crois que j’aurais deux trois trucs à lui dire, et certains philosophes juste pour le plaisir d’une joute d’esprit.

 

9 Aimes-tu parler de tes lectures?

Oui, bien sur, partager des émotions est toujours un vrai plaisir, j’aime surtout les donner afin qu’ils continuent à vivre.

 

10- Comment choisis tu tes livres?

Au feeling, quatrième de couv, le prendre, le regarder, le parcourir, le « sentir », parfois le reposer puis y revenir.

 

11- Une lecture inavouable?

Heu ? non, ou plutôt si, bien que je ne l’ai pas encore lu et que je me refuse catégoriquement à l’acheter, je voudrais lire mein Kampf pour savoir si on aurait du ou pu prévoir un terrible génocide systématique et d’une cruauté sans nom.

 

12- Des endroits préférés pour lire?

Au lit, ou allongée sur la plage, le corps au vent .

 

13- Lecture en musique ou en silence?

Le plus souvent en silence ou une musique très douce sans voix.

 

14- Lire un livre électronique?

Non, pour plusieurs raisons, difficile et fatiguant pour les yeux et le contact avec un livre, ses pages est et doit rester charnel.

 

15- Un livre pour toi serait?

Il est celui qui devient un univers familier, dès les premières pages,  d’où l’on ne sort qu’à regret pour mieux y revenir.

 

16- Lire par-dessus l'épaule?

De temps en temps, dans le métro, pour passer le temps, mais en général, j’ai toujours un livre  dans mon sac.

 

17- Lire et manger?

Oui, pourquoi pas, mais bon, c’est pas vraiment pratique

 

18- Quel est le titre que tu lis actuellement et quel sera le prochain?

L’élégance du maigrichon de Pascal Fioretto, délicieux pastiches.

Le prochain est encore un mystère, rien n’est prévu et tant mieux

 

19 As-tu déjà abandonné la lecture d'un livre?

C’est très rare par respect pour l’auteur, souvenir d’un Balzac très jeune, puis des mémoires d’Adrien de Marguerite Yourcenar, blocage à la 50ème page, rien à faire.

 

20- Qui tagues-tu?

Tous les lecteurs qui aimeront se révéler …

 

 



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28 septembre 2009 1 28 /09 /septembre /2009 08:13
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14 janvier 2008 1 14 /01 /janvier /2008 19:12

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Aujourd’hui, armée de courage, j’avais envie de vous livrer quelques photos prises sur la côte sauvage au nord de Brest, en ce début d’année, un jour de tempête. Mais, voilà, over blog semble « bugué » et impossible de vous les donner.

Alors, en désespoir de cause, je vais essayer de vous décrire mon ressenti ce jour là.

En sortant de Landeda, j’ai d’abords voulu voir le nouveau port de l’Aber Wrac’h. À l’entrée de la ville, alors que la pluie commence à se mêler au vent, mon regard est attiré par un bateau de pêche à la coque bleue, posé sur le flanc, hors d’eau. Je repense à mon petit bateau rouge, un vieux poème...

Je continue ma visite, le port est en effet en eau, bien à l’abri des lourdes vagues que l’on devine au loin à leur écume.

J’ai hâte de retrouver l’océan, sans barrière, sans port, sans bateau, juste lui et sa fureur.

J’avance : Landeda, Lannilis, Trémolou, Ploudal et Portsall,  Portsall, la tristement célèbre, dont les eaux abritent la dépouille de l’Amoco Cadiz qui s’est éclaté sur les roches il y a quelques dizaines d’années, le pays des Abers, il m’a manqué.

Je rentre enfin sur la route touristique. Là, après quelques centaines de mètres, l’océan apparait sans fard, sans retenue, brutal, puissant en ce jour de tempête.

La pluie devient plus drue. Le vent souffle fort. Je croise des cyclistes qui contre vents et marées, au sens littéral du terme, roulent sur l’asphalte détrempé.

Je m’arrête et je contemple. Je suis fascinée, emportée par  ce que je vois, par cet océan fou qui déverse son écume blanche et furieuse. Les vagues roulent, envahissent, cognent, submergent les roches  qui se perdent  sous  une sorte d’éruption puissante.

Je ne saurais expliquer cela, mais à cet instant, devant un des plus beaux spectacles  que la nature sait offrir, je me sens  bien, en vie, pleine de vie, heureuse de pouvoir affronter du regard la quintessence de la beauté naturelle.

A cet instant, je ne suis qu’un être humain bien petit face à cette immensité et pourtant cette puissance déchainée semble m’envahir et couler soudain dans mes veines, une ressource inespérée de force.

La mer m’a manquée et retrouver ses cotes baignées de sa colère venteuse et pluvieuse est le plus beau des cadeaux que la nature puisse offrir. J’aime la mer, je la crains puisque je la sais d’une puissance sans limite. La plongée m’a appris l’humilité face à un élément qui n’est pas le mien, où j’ai juste  le bonheur d’être tolérée.

Les vagues sont amples, hautes, écumeuses, elles recouvrent les balises et les roches, s’engouffrent dans chaque interstice de cette côte déchiquetée.

La pluie et le vent, l’océan hurlent leur  complainte à mes oreilles. Je suis envahie par ce brouhaha intense et me complait à en déchiffrer la puissante mélodie.

 

Je n’ai passé qu’une heure auprès de la côte, ce jour là, et j’ai reçu, une force indicible qui m’emplira pour des mois, je le pressens.

 

J’arrive à Argenton en Landunvez, dans l’intention de faire un pèlerinage sur le fond de la cale.

Plusieurs hommes s’habillent sous les trombes d’eau, le zodiac est hors de son local, la SMSN s’apprête à sortir malgré les creux de plusieurs mètres ……

J’admire leur courage, la passion qui les anime, Dieu qu’ils doivent aimer la mer ... et les hommes .…

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4 décembre 2007 2 04 /12 /décembre /2007 16:39
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Il y a trois ans, pour la première fois, j’allais voir le psychiatre à Courbevoie.

Il était là dès le début.

Il ne venait que l’été, placé toujours au même endroit, à la sortie la défense, sur le périph. Ouest, juste à l’entrée du tunnel du coté gauche, sur le trottoir.

Au fil des mois, je le reconnus  d’une fois sur l’autre.

Je l’ai vu perdre et prendre pied sur le bitume, trois années durant.

 

Ce matin, il était assis sur une caisse en bois, une bouteille de coca entamée pour seule compagnie, une boite de thon vide placée entre les deux mains.

Il était emmitouflé dans un anorak bleu marine, recroquevillé, transit en ce début d’hiver.

Son regard était dirigé vers le sol.

Lorsque j’ai ouvert ma vitre et tendu le bras, j’ai croisé des yeux tristes, fatigués, j’ai lu sur son visage un sourire las, le sourire d’un homme qui respire depuis trois ans, les même gaz d’échappement.

Il a vieilli cet homme, prématurément vieilli.

Son visage est miné par la lassitude et le froid, ses mains usées.

 

Les autres hivers, il disparaissait, je l’imaginais à l’abri quelques mois, en un lieu plus clément. Mais, chaque printemps, je le retrouvais là, alors que j’aurais tant aimé le savoir sorti  d’affaire.

Cette année, il est encore et toujours là, et j’ai peur qu’il ne passe cet hiver blotti dans son mince anorak bleu marine, là, le long du périph.

 

Il a environ 60 ans, son accent est peut être de l’est. Chaque mois, je le vois plus usé, exténué, perdu,

Son corps  plié sur ce siège de fortune

 

A quelques mètres de là, des gens important viennent parler, parler, deviser de choses et d’autres toutes de la plus haute importance.

A quelques mètres de là, s’étale la société de consommation version VIP, avec toute l’indécence et le luxe d’un centre de congrès parisien.

Et lui, immanquablement, chaque jour, il bouffe du gaz d’échappement  sur le bitume.

Est-ce un destin ?

Est-ce inéluctable ?

Que faire ?

 

Si  vous passez par là, pensez à lui, faites cliqueter sa boite de thon vide, il vous offrira sa seule richesse, son sourire, le sourire d’un homme dans la misère au bord du périph.




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20 octobre 2007 6 20 /10 /octobre /2007 10:19
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Aujourd’hui, j’inaugure une nouvelle rubrique que j’appellerai « portrait ».

Quand  je rencontrerai  dans la vie une personne qui m’inspire quelques mots, je vous les livrerai ici, une sorte d’hommage aux autres au travers des mots.

 

 J’entre dans un de ces nouveaux RER à deux  étages, monte quelques marches, m’assois et la vois

Elle est assise,  adossée au siège avec  une parfaite droiture qui semble naturelle.

Une de ses mains est gantée. L’autre tient dans sa main une grande partition, pas une de celles que nous, simples amateurs de musique, pourrions lire, non une très grande où les notes emplissent les portées avec la même frénésie que mes mots emplissent cette page blanche en l’instant.

La femme revêt un long manteau noir. Sous un léger pull d’un rouge déjà fané, un de ces rouges qui se veut certes couleur mais sans ostentation aucune, j’aperçois un chemisier d’une blancheur immaculée.

Autour de son cou s’enroule un foulard noir en tissu léger, pas en soie, il ne miroite pas dans l’éclairage blafard du wagon.

Elle porte des bas noirs et des souliers vernis à bas talons carrés, ils brillent d’une propreté étincelante.

Elle lit la musique, ses yeux sont presque fermés, concentrés sur la lecture des notes savantes.

Elle lève soudain son visage et ferme posément sa partition, l’envoie rejoindre toutes les autres dans un cabas noir.

Elle se lève, se rajuste, enfile élégamment l’autre gant noir, regroupe tous ses sacs et en place un dans le dos.

Le sac de sport  contraste étonnamment avec le  classicisme de sa tenue.

Elle lève les yeux au ciel, enlève le gant droit, fouille dans la poche de son long manteau noir et en ressort son ticket de métro, renfile son gant.

Elle monte les quelques marches du wagon

Sous le manteau, elle porte une longue jupe noire, légèrement fendue de chaque coté à l’arrière.

Je n’ai à aucun moment croisé son regard.

Mais une chose est très surprenante. J’aurais supposé ses longs cheveux tirés en arrière en un chignon très sage, je les aurais bien vus contraints et disciplinés.

Mais contre toute attente, cette instrumentiste d’orchestre, ou cette choriste laisse sa tignasse folle, , grise, noire et blanche, aux cheveux très crépus et volages  jouer les sauvages autour de sa tête.

A t’elle oublié de coiffer ses cheveux ce matin ou était ce sa revanche sur le look vieillot et d’un autre âge qui lui est imposé ?

Elle seule détient la réponse ……..

 

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3 octobre 2007 3 03 /10 /octobre /2007 00:03
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Il s’en veut, le clown qui arbore ses couleurs vives et gais sur le parvis de notre dame. Oui, il s’en veut.

Ce matin, il s’est levé de triste humeur. Le pied gauche a touché le sol avant le droit.

Il  l’a à peine regardé, pourtant, elle était bien jolie dans son long tee shirt, ses cheveux faisaient de ravissants piquets autour de son visage souriant, il s’en souvient.

Seulement voilà, on a beau être clown, parfois pas envie de rire aux éclats.

Pour un motif futile, une de ces disputes ménagères éclata, il baissa obstinément les yeux alors qu’elle haussait gentiment la voix. Il devint sourd, sourd aux remontrances  qui pourtant si doucement furent  dites.  Il se ferma à elle.

Entêté, il ne la regarda pas, ne lui parla pas. Il sentait son regard posé sur lui, il percevait sa voix qui pleine de tendresse lui demandait de lui répondre, réclamant un cessez le feu sans reddition.

Au fond de lui son cœur lui hurlait de taire sa mauvaise humeur, mais son maudit pied gauche n’en démordait pas. Il campa donc sur ses positions et arbora fièrement le pire des mutismes, une indifférence muette.

Ho !  Il sentit  bien le moment où tout bascula, où furieuse, elle haussa le ton et exigea qu’il sorte de ce stupide silence. Mais il ne le fit pas, gloriole du mâle ? Allez savoir, même lui ne le sut pas.

Il s’enferma dans la salle de bain et entama une séance de maquillage. Le blanc en masque …

Elle était hors d’elle, ne pouvant admettre ce comportement qu’elle jugeait infantile.

Au moment où il allait mettre le rouge sur ses lèvres, venant du lointain, de derrière la porte, il entendit sans trop comprendre : « c’est fini cette fois ». La porte d’entrée claqua. Le rouge envahit sa joue droite débordant de ses lèvres.

 

Il est déjà quatre heures, il est assis sur un muret, son costume exulte, les couleurs se jouent du soleil.

Il tient à la main un téléphone, il tapote les touches maladroitement. Il lui a envoyé plusieurs messages, pas de réponse, le silence, le mutisme, l’indifférence.

Il est triste le clown, sous son maquillage souriant.

Un enfant s’approche, lui demande un jouet en ballons.

Il prend machinalement ses ballons longs et commence à en gonfler un. Son cœur est gros.

L’enfant le regarde avec un grand sourire, les yeux pétillant de bonheur.

Le clown croise son regard et soudain contre toute attente, enfin, en toute fin d’après midi, le clown sourit.

Est-ce le sourire de l’enfant, est ce la vibration d’un téléphone dans sa poche ? L’histoire ne le dit pas

 … …

 

 


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7 août 2007 2 07 /08 /août /2007 11:18
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Clown des rues



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Les oiseaux


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La voile de Mouffetard



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Dicton populaire



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24 juillet 2007 2 24 /07 /juillet /2007 17:20
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Aujourd’hui,  j’ai envie de vous expliquer  la naissance d’une « brève ».

Ce que je vais tenter maintenant de vous décrire, c’est cet état particulier qui m’habite quand elle prend vie. Ce récit va peut être vous paraitre un peu confus, mais j’avoue que ce n’est pas forcément très clair dans ma tête.

Par moments, j’ai l’étrange impression que mes yeux ont leur propre vie. Ils déambulent, se promènent, furètent  ici et là sans me demander mon consentement.

Ils impriment des images, des instantanés et  je n’ai pour seul moyen de vous les restituer que les mots.

Lorsque cette impression  m’habite, je scrute les gens et les choses sans juger, sans jauger, je regarde, mon cerceau regarde.

Quelques exemples :

Dans le métro, une femme aux yeux vifs et limpides regardent sans détour le livre de son voisin dans l’espoir, sans grand intérêt si ce n’est de passer le temps, d’y décrypter quelques phrases.

Son visage est légèrement penché et elle a délicatement posé un doigt de sa main repliée sur sa pommette. Ses yeux sont incroyablement concentrés. Son voisin ne sent pas son regard.

Une autre femme a un visage étonnant, sa bouche a la forme des petits dessins de visage  où les enfants tracent  un arc de cercle en l’envers. Soudain, elle sourit, la commissure de ses lèvres remonte un peu mais  offre  un amusant paradoxe avec le rire et la gaité de son regard.

Une femme fait des mots croisés ; elle dévisage toutes les personnes qui montent et qui descendent et je ne sais pas pourquoi, sans doute de par une insensible déformation de ses traits, il se pourrait bien qu’elle jauge, qu’elle juge, mais je ne jurerais de rien !

 

Dans ces moments d’observation, mes yeux ne me semblent pas assez grands, mon cerveau ne me parait pas assez vif pour retenir tous ces petits détails, qui mis bout à bout sont la vie.

Depuis ma déprime, je redécouvre ce plaisir de regarder, de prendre du temps pour contempler même les choses les plus simples et j’écris.

J’écris ce qui m’emplit alors, mes mots, ceux qui parfois m’envahissent des nuits entières. Mes yeux sont morts de fatigue et mon cerveau bouillonne sans jamais s’épuiser.

Il m’arrive d’écrire dans ma tête des pages et des pages. Si je suis seule, je matérialise ces mots. Sinon, ils vont et viennent me laissant sans sommeil. Est-ce là ce que l’on appelle : inspiration ?

 

Le lendemain d’une de ces nuits sans sommeil, je reprends le métro.  J’ai passé une délicieuse soirée  avec mon Amour puis je l’ai écouté dormir. Je suis crevée, je me traine les yeux en peu dans le vide, le cerveau un rien pantelant et sans même que je le veuille, voilà que mes yeux repartent.

Une femme se tient en face de moi. Elle lit un de ces magazines qu’aucune femme digne de ce nom n’achète mais lit chez le coiffeur, parce que bien sur, il n’y a rien d’autre à lire (lol…).  Son visage resplendit de son plus beau sourire. Cela attise ma curiosité. J’entrevois sous ses yeux la photo d’un de ces bels apollons qui n’ont rien d’autres à faire de leur vie qu’à se regarder non pas le nombril mais les biceps et abdos.  Sur la couverture du magazine est écrit en grosses lettres : « les jeux du sexe ».  Cette jeune femme soudain dans le fin fond d’un métro presque vide, au sixième sous sol parisien, rougit de confusion, de plaisir. Il ressort d’elle une sorte de jubilation intime. Elle est ailleurs.  A cet instant, je le trouve délicieuse. Puis, soudain, elle relève les yeux et sort du métro en courant, elle a failli rater sa station. Elle hausse les épaules comme si l’espace de quelques secondes, elle se moquait d’elle, elle a eu vingt ans, et le sable était chaud, mon légionnaire …

Deux femmes entrent. J’entends sans le comprendre un accent latin. La plus âgée est à l’affut de tout. Elle regarde et s’imprègne du moindre détail. Serait-ce une amatrice de « brève » ? Elle aussi ?

Elle regarde avec l’avidité d’un enfant, les yeux écarquillés. La plus jeune semble plus détachée. Le métro est presque vide, mais cette femme avec son visage émerveillé  dépareille avec les autres voyageurs.  Si son âge est bien inscrit sur les rides de son front, ces yeux eux, restent juvéniles. Tout est prétexte à les écarquiller, à faire naitre un sourire ébahi sur ses lèvres. Mais qui donc est cette femme qui sourit si béatement dans l’antre de l’ennui ?

Le métro s’arrête, la plus jeune me regarde et me dit avec un très fort accent : « excousez moi, j’ai ne parle pas bien français, comment prononcer le nom de la station ? ». Nous sommes à  Raspail, elle éprouve de grandes difficultés à répéter. « D’où êtes-vous ? » lui dis-je. « Du Brazil. »

Et là soudain, tout s’explique, il fallait bien que cette femme ait quelque chose de différent.  C’est son pays, ce pays où l’on danse parfois avec une terrible insouciance pour oublier, oublier la misère.

Ce pays où les gens font  la fête,  regarde  les choses encore avec des yeux d’enfants. Ce pays de tous les paradoxes.

Raspail, comment expliquer à une brésilienne, en 2 stations de métro que notre langue est si bien faite que ai se prononce « ai», sauf Raspail qui se prononce « aï ». J’ai hésité, mais j’ai souhaité à ces deux charmantes touristes un superbe voyage et je suis descendue à Denfert.

Et à cet instant précis, que j’ai aimé la vie !



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16 juillet 2007 1 16 /07 /juillet /2007 16:23

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Paris est inondé d’une foule bigarrée en ce jour de 14 juillet. En se promenant elles  entendent des langues  exotiques que parfois elles sont  bien incapables à reconnaitre : anglais, langues latines, allemand  mais aussi japonais, chinois, indien,  slave ( ?) …

Beaubourg, les halles  offrent leurs boutiques à cette population hétéroclite, pèle mêle se côtoient des gadgets amusants en forme de vaches, de coccinelles, Betty boop, Kiki, quelques uns un rien plus hardies  en forme de zizi (digne de Pierre Perret). 

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La porte d’à coté, elles se plongent dans des cartes postales  en tous genres, artistiques, peintes, humoristiques, dessinées, des formes découpées, des citations pleines d’esprit. Elles pourraient laisser flâner leurs doigts des heures sur ces présentoirs sans se lasser. Sur les murs trônent des reproductions, celles de Klimt retiennent leur attention tant les encadrements donne encore plus de « brillant » aux succédanés de toile. 


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Au premier étage, elles boivent  une boisson fraiche dans un cadre à l’ancienne. De grandes fenêtres ouvrent sur Beaubourg, jouant  au conflit d’époques avec brio. Elles admirent au passage les objets qui parent une grande véranda aux plantes vertes. 

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Elles repartent désaltérées pour un moment dans la chaleur de la capitale qui reste un brin supportable grâce à ce petit vent qui vient effleurer leurs visages.

Des magasins de chaussures fleurissent sur les bas cotés des rues piétonnes, les vendeuses sont asiatiques, les patrons siègent derrière leurs caisses, donnant des ordres et encaissant. Les chaussures se vendent entre 5 et 15 euros, beaucoup sont en toile, toutes  les échoppes vendent les mêmes. Elles sont comme des petites filles flairant le petit cadeau à s’offrir, elles regardent, essayent.

Dans les rues, des ribambelles de vélos tout neufs s’offrent au regard curieux de tous, ils seront inaugurés le lendemain. Elles saluent cette initiative écolo tout en se demandant si elles auront le courage d’affronter sur 2 roues la circulation parisienne si  démente. 

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Le temps passe, le but de cette promenade est le concert du champ de mars et bien sur, le feu d’artifice.

Une petite salade, parisienne, évidemment fera office de repas dans une brasserie impersonnelle  où le serveur joue les cerbères avec une clientèle forcée.

Elles reprennent leur voiture et entament un long périple pour se rapprocher de la tour Eiffel. Une heure et demie après, un peu colère (pour la conductrice), elle finissent par la laisser dans un endroit insolite, mais peu de chance que la police de Mr Delanoë fasse du zèle en matière de stationnement ce soir. 

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Elles marchent vers la terre promise de ce soir de fête. Un dernier barrage de flics pour une fouille plus que succincte et le champ de mars noir de peuple est enfin en vue. 


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Polnareff est sur scène. Elles tentent une approche le temps d’une photo, trop loin !

Mieux vaut aller du coté de la tour. Les écrans géant, une sono puissante permette de voir et entendre les musiciens qui d’ici, ont à peine la taille d’une mouche.  

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Elles regardent les gens autour d’elles. Des anglaises ont étendue leur couverture sur l’herbe pour un pique nique improvisé. Deux  hommes accompagnent une vieille dame toute petite, ils chantent « poupée de son », « y a qu’un cheveu… ». Un couple danse en s’embrassant, heureux. 

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Un groupe de groupies lève les bras au ciel, et danse dans la lumière des spots puissants qui accompagnent la lente tombée de la nuit. 

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La tour impose sa structure métallique au soleil couchant et joue dans le contre jour des derniers rayons avant la nuit.

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L’ambiance est bon enfant, jeunes et moins jeunes, d’horizons différents, reprennent de vieux refrains écrits parfois avant la naissance de certains, un air d’intemporalité délicieuse coule sur la pelouse du champ prestigieux. 


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La musique stoppe et la tour se met à scintiller par-dessus sa parure presque dorée. Elle est belle, majestueuse. La foule se tourne et s’assoie, elle crie des oh et des ha, alors que déjà résonnent les premières fusées qui ne s’élèveront jamais au-delà d’un deuxième étage de la tour.
 


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Des musiques de cinéma s’élèvent. L’Amérique sonne haut et fort, dommage pour notre septième art, non ? Amélie et Piaf relèvent le défi de nos compositeurs, cependant.

Un homme prend son enfant sur ses épaules, mais la petite fille se lasse, trop long.

Le feu est à dominante blanche, le bouquet est sans couleur, un rien décevant, pas de ciel éclairé, Paris fête sa tour. 


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Les gens sont heureux, souriants, la foule s’étire sur des kilomètres dans un Paris festif qui a réussi un beau rassemblement  populaire, où la joie semble avoir été le maitre mot.

Elles mettront plus de deux heures à retrouver leur banlieue sud, calme et endormie. Elles ont passé une merveilleuse journée, sous le plus beau des signes, celui de l’amitié…

 

 
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12 juillet 2007 4 12 /07 /juillet /2007 15:18
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La défense, le bus, beau reflet du melting pot d’une société qui se cherche.

A l’arrivée du bus un jeune beurre (n’en déplaise à certains) offre aimablement à une vieille femme de descendre sa valise qui semble bien lourde. La dame le regarde un rien incrédule jusqu’à qu’un large sourire éclaire enfin son visage devant ce petit service si simplement gentil.

Un petit café sur la quai du RER, la serveuse est pale, elle reste là toute la journée dans l’éclairage blafard d’un quai souterrain. Elle sert des cafés ou autres friandises à des gens pressés qui avalent la boisson ou nourriture comme des automates debout en attendant de bouger vers un ailleurs.

La serveuse offre pourtant un sourire vrai à chacun, la plupart du temps dans le vide.

Le train arrive, je suis debout. Je vois sans vraiment les regarder les personnes moroses qui composent la population d’un wagon, un jour de juillet au temps lui aussi tristement morose.

Soudain, mon attention, au delà des bruits du train circulant sur les rails, est captée par de petits sons aigus, presque incongrument gais au vue de tous ces visages tristes, fermés, inexpressifs.

Quatre petites filles anglaises rient, parlent, gesticulent. Elles ont déjà toutes petites ce port de tête, cette préciosité  du geste si typiquement britannique.

L’une d’elles se cure le nez et tend cependant une main gracile vers le kleenex que lui donne sa mère.

Une autre  tire son tee shirt et dit « she said… » (« Elle a dit… ») Et part avec ses amies d’un grand rire cristallin et un rien moqueur.

A cet instant, rien ne différencie ces petites filles anglaises des nôtres, si ce n’est cette petite mine de dégout très chic et maitrisée que seule l’anglaise sait si bien adopter ; le nez est légèrement pincé ; les yeux un rien plissé et la commissure des lèvres remontent insensiblement en formant ce sourire si particulier.

Amusant de constater que cet art de la petite mine froissée est déjà si bien maitrisé par les plus jeunes sujets britanniques.

Chatelet, je les quitte. Au fil des mots sur mon cahier (vous savez celui qui ne me quitte jamais), j’arrive à Antony qui le temps d’un court voyage fut mon ailleurs.

Je vais courir vers le réparateur de pneu, depuis vendredi, première crevaison je roule avec une galette, j’ai crevé de nouveau hier soir parce qu’un bonheur n’arrive jamais seul et je vais apprendre que je traine un joli clou dans un troisième, juste parce que  deux bonheurs n’arrivent jamais seul.

Pourtant, je continue mon voyage de bus en bus vers le fin fond de nulle part et sur mon visage se lit un sourire béat, le  sourire de l’amour, le sourire de  la vie, tout simplement …….

 



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Published by isabelle - dans brèves de vie
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Un Peu De Moi

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  • isabelle Cassou
  • une depressive idéaliste qui veut croire en l'humain, qui n'acceptera jamais la communication à travers la violence, la guerre. j'ai la chance de vivre dans un pays où je suis libre de dire , d'écrire, le faire est un droit mais surtout un devoir
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Chatouillis méningés

 

 

 

 

 

  Je ne peux pas dire

qui je serai demain.

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et chaque jour je renais.
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